Alors que les associations sont régulièrement obligées d’intervenir pour empêcher les reconduites à la frontière et expulsions de personnes étrangères souffrants de pathologies lourdes, et dont le renvoi les priveront de soins, AIDES, le GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés), la LDH (Ligue des droits de l’Homme), MDM (Médecins du Monde) et le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ont décidé de porter leur combat sur le terrain judiciaire.
La réforme de l’Aide Médicale de l’Etat (AME) ne passe décidément pas et a pour effet de privés de soin dans les faits, dans la patrie des Droits de l’Homme, des étrangers en situation irrégulières et notamment ceux victimes du VIH ou autres maladies graves.
Les associations qui avaient déjà toutes dénoncées unanimement « la schizophrénie gouvernementale à l’égard des étrangers malades » ont déposé hier un recours devant le Conseil d’Etat concernant les décrets d’application nouveaux relatifs à l’AME.
Elles entendent que soient déclarées illégaux ces décrets au motif qu’ils « méconnaissent, tout comme la loi de finances rectificative pour 2003, la protection prévue par l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CEDH) : « Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ». Il s’agit d’imposer, au mépris de la dignité des personnes, des souffrances inutiles et particulièrement dégradantes sur le plan de la santé comme sur le plan psychologique avant de permettre leur accès aux soins ».
Elles dénoncent également une violation de « la Charte sociale européenne » et l’atteinte « aux exigences de précaution relatives à la santé publique en retardant la prise en charge des personnes et en faisant courir des risques graves de santé publique »tout en stigmatisant un « bilan coût-avantage » insatisfaisant.
Alors que les politiques ont joué les pleureuses à la suite des incendies parisiens ayant frappés des mal logés étrangers, en situation régulière ou non, la réforme de l’AME qui frappe directement les mêmes populations en situation de précarité n’est pas de nature à s’inscrire dans la Grande Cause Nationale de l’année 2005 soit la lutte contre le Sida décidée par le gouvernement Raffarin et dont la continuité est assurée par le nouveau gouvernement Villepin.
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