Le gouvernement fédéral américain a financé deux rapports dont les résultats viennent d’être publiés par le très sérieux New England Journal of Medecine. Les rapports préconisent une généralisation des tests de dépistage au VIH dans le double but de réduire les infections, d’une part, et de permettre une prise en charge médicale précoce des personnes contaminées. Jusqu’à aujourd’hui seules les personnes vivant dans des grands centres urbains ou faisant partie de groupes considérés à haut risque se voyaient préconiser d’effectuer des dépistages réguliers.
Si l’on sait qu’il prévaut d’effectuer des dépistages, rien n’indique pour autant que la généralisation et la systématisation de ce type de contrôle ferait tomber la prévalence au VIH dans la population. La France est l’un pays où il y a le plus de tests de dépistage, et l’on peut s’en féliciter, alors que dans le même temps nous sommes l’un des plus touché par le phénomène de croissance des cas de contamination. Le dépistage ne peut être que le fruit d’une démarche individuelle et est en soi un échec de nos politiques de prévention. Une généralisation ne garantit en rien que les individus se fassent dépister tout d’abord, réduiront leurs prises de risque, ensuite, et accepterons enfin une prise en charge thérapeutique.
Si la proposition américaine a au moins le mérite de rappeler l’importance du dépistage comme élément de lutte contre le VIH, la proposition des conservateurs britanniques faite ce jour est tout simplement scandaleuse et relève à la fois d’une xénophobie et d’une sérophobie latente.
Les conservateurs britanniques ont demandé ce jour, dans la perspective des prochaines élections législatives, que les immigrants venant vivre au Royaume Uni soient soumis à des tests médicaux, en matière de sida et de tuberculose notamment. Les élections législatives doivent avoir lieu le 5 mai, et les tories dirigés par Michael Howard ont fait de l’immigration le thème central de leur campagne. « Nous devons contrôler qui vient en Grande-Bretagne et nous assurer que ces personnes ne représentent pas un risque en terme de santé publique; nous devons protéger l’accès aux hôpitaux » a déclaré Michael Howard proposant que les étrangers non européens venant en Grande-Bretagne pour plus d’un an se verraient demander un bilan de santé complet, avec tests de tuberculose, et pour les plus de 16 ans, de sida et d’hépatite.
A dessein de résider sur le sol britannique, pour un séjour plus ou moins longs, des tests seraient exigés avant l’entrée sur le territoire et selon la durée de séjour, l’activité des migrants et les zones d’origine, ils seraient refoulés en cas de diagnostic positif. Le but affiché et électoraliste est que ces migrants ne doivent pas peser sur le système de santé déjà précaire du Royaume Uni, comme si leur expatriation avait pour seul but un prise en charge médicale. Une chose est sûre, les empêcher de rentrer sur le sol britannique à ce seul motif aura un effet direct : une non prise en charge thérapeutique au risque éventuel fatal.
Toutefois, ne nous trompons pas, si ces propositions sont discutables ou totalement condamnables, elles ne doivent pas faire oublier que le dépistage est une chose essentielle.


