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Juliette: «icône gay, j’adore!»

A l’opposé des nymphettes formatées, Juliette fait figure d’électron libre de la chanson française. A l’occasion de ses 20 ans de carrière, elle revient pour une énergique série de concerts, dignes de ses modèles: Fréhel, Piaf, Mistinguett. En attendant un nouvel album à l’automne, laissez vous emporter par la verve mordante de la Diva

De la chanteuse à bars de Toulouse en passant par le prix Charles Cros et une Victoire de la Musique: que de chemin parcouru depuis les premiers cours de piano de la petite Juliette Nourredine. Que vous inspire votre parcours?
Juliette: Finalement, de la fierté. Ce ne sont pas tant les honneurs du reste qui me rendent fière, mais la seule récompense valable: la fidélité du public. Faire sa route sans concession n’est pas toujours facile, même si je n’ai jamais eu le sentiment de galérer mais bien celui d’apprendre mon métier, petit à petit, chaque étape m’amenant vers la suivante, sans mauvaise surprise. C’est sans doute pour ça que je suis si cool par rapport à la notoriété. Je n’ai pas attendu après ça pour être à l’aise et heureuse dans mon métier. Depuis le début, je me fais plaisir. Maintenant, je suis un peu plus exigeante qu’au début, sans doute ne me contenterais-je plus des succès de piano-bars où les gens viennent plus pour le bar que pour le piano ! (rires).

On vous sait sensible à la cause des femmes. Certaines le vous rendent bien puisque vous faîtes partie du cercle très fermé des icônes lesbiennes. Ce statut vous convient-il?
Juliette: Je ne pense pas avoir caché particulièrement mes préférences sentimentales, mais je ne suis pas militante de la cause lesbienne. Pour moi les préférences sentimentales comme la religion sont des questions personnelles et privées. Maintenant, je défends les «droits» de l’homme et de la femme, détestant toutes les injustices et les mépris orientés. Je ne supporte pas l’idée que l’on juge une personne sur sa couleur de peau, sa religion, sa sexualité. Quant à être une icône gay, ça, j’adore! C’est la marque des vraies divas!

Votre anti-conformisme face à la très policée industrie du disque fascine. On est loin de la Star Ac’. Et pourtant vous signez une chanson sur l’album d’Olivia Ruiz, ancienne du «Château»?
Juliette: Olivia est un cas à part. Une vraie artiste qui veut dire des vraies choses. Il faut se rappeler qu’elle a fait partie de la 1ère promo de la Star Ac’. On ne savait pas encore ce que ça deviendrait, ce phénomène très discuté. Je crois qu’elle a considéré depuis le début que ce ne serait qu’une étape. Malheureusement, les médias le lui rappellent systématiquement, ce qui est forcément agaçant mais inévitable. En tout cas c’est une fille qui fait preuve de beaucoup de ténacité et de volonté et son disque le prouve: c’est tout sauf un produit de marketing. Y’a qu’à regarder les crédits: Néry, Prohom, Juliette: que du beau linge! (rires)

Votre dernier album, ‘Le festin de Juliette’ est sorti chez Universal et fut un triomphe. Le fait de signer chez une telle major a-t-il changé votre façon d’appréhender le métier ?
Juliette: Non. Je suis chez Polydor qui est une (bonne) maison de disques parmi d’autres. Encore une fois l’image des majors trimballée par les médias est complètement caricaturale: il y a des artistes heureux dans les grosses boîtes. D’autres ont peut être des histoires douloureuses mais en ce qui me concerne, j’ai trouvé avec Jean-Philippe Allard, patron de Polydor, un interlocuteur de qualité. Et mon contrat avec eux stipule à chaque ligne que je suis et reste une artiste libre de tous ses choix y compris dans la promo de mes albums. C’est encore moi qui décide si je réponds à telle ou telle interview.

Merci pour IBnews! D’où vous vient cette passion pour l’écriture et cet art de jouer avec les mots?
Juliette: J’ai aussi fait des études littéraires. Bon, pas très longues j’en conviens, mais je pense que si j’ai choisi la chanson comme mode d’expression c’est parce qu’elle marie le texte et la musique. Je prends un soin particulier à choisir mes textes -ou à les écrire- non pas tellement d’une façon «littéraire», mais de la même manière qu’un comédien choisit un rôle. Il faut que je sente qu’il y aura beaucoup de temps avant que j’épuise le plaisir de les interpréter. Ca ne serait sans doute pas le cas si je chantais des bluettes sentimentales: je préfère qu’il reste quelque chose à découvrir pour l’auditeur au-delà de la première écoute.

Chanteuse, auteur, autant comique que tragédienne sur scène, on vous devine artiste complète. La réalisation de films voire l’écriture d’une comédie musicale pourraient-elles à leur tour devenir vos violons d’Ingres?
Juliette: Pourquoi pas? Le bonheur d’être «multi-cartes» c’est qu’on vous propose de nouveaux horizons à explorer. C’est vrai que j’ai adoré faire du cinéma même si ça a été un peu confidentiel, j’ai adoré dire des contes du moyen-âge à La Conciergerie, lire la nouvelle traduction de Mélusine devant un public averti au musée de Cluny. J’ai publié il y a quelques années un recueil de nouvelles. J’aimerai écrire -non pas une comédie musicale, mais une opérette- pour renouer avec le côté lyrique des ouvres de ce genre. La vie est longue tant qu’on a des projets.

Vous vous apprêtez à investir la salle Gaveau pour une série de concerts, en attendant la sortie de votre prochain album, en fin d’année. Un peu plus de détails sur tous ses projets.
Juliette: Vous avez tout dit: le spectacle à Gaveau sera une façon de fêter pendant un mois mes 20 ans et plus de métier. Je vais reprendre quelques anciens titres d’une façon un peu décalée et déjantée, manière de continuer à assener qu’en aucun cas je ne me prends au sérieux: ce ne sera pas une commémoration funèbre! Et pour le disque tout nouveau, il devrait sortir en novembre, je suis en plein dans l’écriture de cet album qui devrait être entièrement de ma main. Et d’ailleurs je vous laisse, il faut que j’y retourne!

Propos recueillis par Cédric Chaory (Ibnews)


En concert du 17 Mars au 11 Avril à la salle Gaveau (Paris)

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