Au cours d’une discussion avec son ami Rolland, Gabriel se voit proposer par celui-ci de répondre à une petite annonce. Publiée dans un magazine s-m, elle propose aux lecteurs un « Maître » recherchant des « Salopes ». Gabriel, troublé, se prête au jeu et répond à l’annonce. Ses expériences s-m antérieures ne sont jamais allées bien loin, mais il brûle de rencontrer celui qui le révèlera dans son rôle d’esclave et auquel il offrira une totale soumission. Ainsi commencent les relations entre Geoffroy le Maître et Gabriel, bientôt rebaptisé en Vespasien, l’esclave. Jusqu’où ira-t-il pour satisfaire son maître ?
Ce roman ne se veut pas descriptif des séances de baise s-m, mais plutôt introspectif des états d’âme de Vespasien et de Gabriel (derrière une même personne, se cache une identité différente selon le prénom). Sous forme de lettres adressées à Geoffroy, (mais pas envoyées car le Maître ne tolère pas le nombrilisme), Gabriel exprime les sentiments qu’il s’efforce par ailleurs de cacher. Malgré l’amour fou qu’il porte à son Maître et son désir de lui plaire, il est conscient de la séduction perverse que Geoffroy exerce sur lui et de l’impossibilité de réels échanges que ce type de liens crée entre eux.
Sans être un chef d’ouvre, ce premier roman est tout à fait honorable. Il nous offre une approche différente des rapports sado-masochistes : une vue sous l’angle du protagoniste sensé être soumis, l’esclave.
Voyage à Muxandor de Christian Le Gall aux éditions H&O 99 F

