Après les ultras polonais qui reprochaient à la Madone son concert le jour de l’assomption, c’est dans deux autres pays de l’Est que la chanteuse voit son aura sulfureuse ou ses discours engagés politiquement provoquer des remous.
Mercredi soir, devant 60000 personnes à Bucarest (Roumanie), Madonna, entourée de musiciens Tsiganes, a pris le micro pour s’opposer aux discriminations subies par la minorité Rom du pays et pour défendre les minorités sexuelles. Là où la star à l’habitude de voir son public béat, elle a essuyé les sifflets.
«Je suis très contente d’être ici» a déclaré Madonna devant ses fans réunis au Parc Izvor ajoutant que «Le fait qu’il existe encore beaucoup de discrimination envers les Tziganes en Europe orientale a attiré mon attention. Cela m’a attristée». Pour la chanteuse, «Nous sommes tous égaux», «il ne faut discriminer ni les Roms ni les minorités sexuelles». Le message de Madonna n’a pas recueilli l’adhésion de son public, à l’instar de l’opinion publique roumaine. La Pride 2009 de Bucarest qui a eu lieu avec de fortes tensions avait été condamnée par l’Eglise locale qui jugeait «inopportunes» les manifestations qui «nient la dignité de la famille chrétienne traditionnelle et sèment le trouble et la confusion au sein de la société». Selon un sondage, 68% des roumains interrogés pensent que l’homosexualité est une «mauvaise chose».
Ce samedi 29 août, Madonna poursuit son Sticky and Sweet Tour avec un concert réunissant 50000 personnes à Sofia, en Bulgarie. La puissante Eglise de Bulgarie a publié le 25 août un communiqué exprimant sa «désapprobation» et son «désaccord» concernant cette date qui coïncide avec la décapitation de Jean-Baptiste. «A presque chacun de ses concerts dans un pays chrétien, Louise Esther Ciccone affiche une attitude irrespectueuse et intolérante envers les sentiments religieux des habitants» peut-on lire dans ce communiqué qui précise que «Dans ses chorégraphies et prestations scéniques, cette chanteuse émet des messages forts mais contraires à la moralité chrétienne» constituant un «manque de respect» pour les fidèles.
La madone avait déjà fait l’objet dans le passé de menaces concernant ses concerts. Lors de sa tournée Blonde Ambition Tour, débutée en 1990 au sommet de sa carrière, le spectacle mêlait déjà religion et sexualité. Sa simulation d’orgasme et masturbation mimée dans son interprétation de Like a Virgin avait alors conduit plusieurs états américains à la mettre en garde concernant d’éventuelles poursuites judiciaires, la police de Tonronto au Canada la menaçant même de l’arrêter sur scène, épisode que l’on peut vivre dans le docu-film In Bed With Madonna, récemment rediffusé sur Arte.
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