Le 18 décembre 2008, Rama Yade, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, lançait un signal fort devant les Nations Unies en s’interrogeant : « En cette aube de XXIème siècle, comment accepter que des personnes soient pourchassées, emprisonnées, torturées et exécutées en raison de leur orientation sexuelle ? » et promouvait la dépénalisation universelle de l’homosexualité dont elle a fait une des principales missions de son mandat.
L’ARDHIS (Association pour la Reconnaissance des Droits des personnes Homosexuelles et transsexuelles à l’Immigration et au Séjour) salue dans un communiqué cet engagement mais voudrait rappeler à Rama Yade que la dépénalisation universelle de l’homosexualité doit passer par l’octroi du statut de réfugié aux personnes ayant subi des persécutions dans leur pays en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Si l’ARDHIS se réjouit que, depuis un an, ce statut a été octroyé à des demandeurs en provenance du Bangladesh, de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Sénégal, de la Mauritanie, de Russie, du Cameroun, du Kenya …, elle fait remarquer que «ce statut n’est presque jamais accordé par l’OFPRA lors de la demande initiale mais principalement après un recours devant la CNDA» (Cour Nationale du Droit d’Asile), instance d’appel.
L’ARDHIS regrette le manque de formation des agents sur les questions LGBT et que le traitement de ces demandes «est bien souvent inféodé à des préjugés tenaces» : «Ainsi, s’il n’a pas le profil attendu d’un « activiste qui assume son orientation avec assurance et ostentation », un demandeur d’asile LGBT risque de voir sa demande de protection rejetée, au motif que le récit de son histoire aura été jugé non véridique !» .
Enfin, l’association dénonce à nouveau le concept de pays dits «d’origine sûre» qui conduit au refus d’asile de ressortissants de ces pays alors même que l’homosexualité y est toujours pénalisé ou que les LGBT locaux y sont victimes d’homophobie sans protection des autorités locales : la Bosnie-Herzegovine, le Cap Vert, le Ghana, l’Île Maurice, l’Inde, le Mali, la Mongolie, le Sénégal, la Tanzanie.
Egalement, si la diplomatie française se positionne clairement en matière de lutte contre l’Homophobie, en ayant notamment soutenu la déclaration onusienne appelant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité, cette même diplomatie ne franchit pas le cap pour l’heure des sanctions et rétorsions en cas de non respect des principes qu’elle défend. Elle n’assure encore que partiellement le droit d’asile pour les personnes persécutées dans leur pays d’origine en raison de leur orientation sexuelle et identité de genre.
La Journée Mondiale de lutte contre l’Homophobie a lieu ce dimanche. La France a officiellement reconnu l’évènement il y a un an, par la voix même de Rama Yade.
EN SACOIR PLUS
Le site de l’Ardhis : : www.ardhis.org.
Le site du Comité Idaho : www.idahomophobia.org.
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