Paris le 27 avril
2009
Communiqu de presse
Agressions caractre
homophobe : l’Inter-LGBT rclame des actions fortes des pouvoirs
publics
Aprs plusieurs
agressions caractre homophobes commises par des jeunes gens, l’Inter-LGBT
rclame des actions fortes de la part des pouvoirs publics, particulirement en
matire ducative.
L’Inter-LGBT a appris
hier qu’une agression homophobe avait eu lieu samedi Laval, o des jeunes se
rclamant du Mouvement catholique de France ont insult le patron d’un bar gay
de la ville avant de le frapper sauvagement au visage, et ont galement frapp
un client.
Le 22 mars, un groupe
prtendant dfendre l’honneur du Pape a agress physiquement et insult de faon
violemment homophobe des militant-e-s de la lutte contre le sida qui menaient
une action pacifique Paris.
La semaine dernire, ce
sont trois homosexuels qui ont t agresss dans le 3me arrondissement par une
quinzaine de jeunes, qui les ont rous de coup de poing et de
pied.
Vendredi dernier, la
police arrtait deux malfaiteurs qui avaient pris l’habitude de s’en prendre
des homosexuels reprs dans le Marais pour les suivre et leur extorquer sous
les coups et la menace leur argent, leur carte bancaire et leur
code.
Le 20 avril dernier, six
hommes t renvoys devant les assises du Val-de-Marne par un juge d’instruction
de Crteil, pour plusieurs agressions caractre homophobe, dont celle de Bruno
Wiel en 2006, retrouv nu dans le parc des Lilas de Vitry,, souffrant d’un
traumatisme crnien et thoracique grave et qui garde de trs graves squelles de
son agression.
La liste pourrait tre
graine encore longuement, qu’il s’agisse du couple homosexuel agress au dbut
du mois en Martinique ou de ces deux jeunes homosexuels rous de coups de poing
et de pied Ste en dbut d’anne.
Dans la trs grande
majorit des cas, ces agressions sont commises par des jeunes hommes, parfois
mineurs.
L’Inter-LGBT et de
nombreuses autres associations qui ralisent des intervention en milieu scolaire
ont eu l’occasion plusieurs fois de rclamer des pouvoirs publics, et plus
particulirement du ministre de l’ducation nationale, que des actions fortes
soient menes en matire ducative pour faire reculer l’homophobie. Presque un
an aprs la dernire marche des fierts parisienne et de certaines marches en
rgion qui avaient prcisment pour thme la lutte contre les discriminations
par l’ducation, le bilan est mitig. Le ministre avait pris des engagements
forts et si certes la circulaire prvoyant la rentre 2009 pointait la ncessit
de lutter contre l’homophobie, l’engagement de distribuer du matriel de
prvention (brochures destination du personnel, affiches et
« cartes-mmo »destines aux lves) dans les lyces au cours du premier trimestre
de l’anne scolaire n’a pas t tenu, et ne l’est toujours pas au dbut du
troisime.
C’est la raison pour
laquelle l’Inter-LGBT, en lien avec le Collectif Education contre les
LGBTphobies en milieu scolaire a dcid d’envoyer un courrier commun au ministre
de l’ducation pour faire avec lui le bilan des engagements pris et des actions
vritablement entreprises, et exiger leur mise en oeuvre. Compte-tenu de la
recrudescence d’actes caractre homophobes commis par des mineurs, il lui sera
demand que les mesures envisages l’an dernier pour les lyces soient galement
mis en ouvre dans les collges.
L’Inter-LGBT, qui salue
la capacit du ministre de l’ducation se saisir de ses responsabilits et
mettre en place des actions exemplaires lorsque des agressions caractre
raciste ou antismites sont commises l’cole comme l’extrieur de l’cole ne
comprendrait pas que des actions d’aussi grande porte ne soient pas menes pour
faire reculer la lesbophobie, l’homophobie et la transphobie.
Plus gnralement,
l’Inter-LGBT estime urgent que les pouvoirs publics condamnent avec la plus
grande vigueur l’ensemble des violences homophobes chaque fois qu’il en est
commis, et mettent en ouvre une politique publique visant les radiquer,
particulirement par l’information, l’ducation et la prvention. La ralisation
de l’galit des droits, toujours attendue par les lesbiennes, les homosexuels
et les transsexuel-le-s, contribuerait elle aussi faire reculer la perception
selon laquelle les personnes LGBT sont encore, dans ce pays, des citoyen-ne-s de
seconde zone, justifiant alors que des comportements ou des violences
discriminatoires leurs soient
infliges.


