HAS :
4 ans de gestation pour l’accouchement dune souris.
C’est
la premire fois qu’une autorit mdicale franaise se penche sur les questions
de la transidentit et le transsexualisme. Le fait est saluer, mme s’il
tmoigne surtout du retard considrable pris par la France dans ce domaine et si
ce travail relve avant tout d’une demande insistante de la part du tissu
associatif faite il y a cinq ans.
Jusqu’ici
en France la seule avance
concernant les questions Trans ‘
(autorisation des changements d’tats civils aprs oprations) a t lie
la condamnation de la France le 25 mars 1992 par la cour europenne des droits
de l’Homme.
S’il
est a not que le rapport de la HAS
tente d’amliorer la prise en charge actuelle (amlioration qui compare
d’autres pays comme l’Espagne ou certains Etats Amricains est loin d’incarner
le progrs), on peut tre tonn du fait que la HAS se contente de reprendre les
mmes (les quipes protocolaires restent en place) et de recommencer en
saupoudrant les protocoles d’avances qui n’arrivent pas encore respecter le
fondement mme du droit humain.
4
ans de travaux pour continuer percevoir une personne Trans’ comme un citoyen
de seconde zone et un malade mental. Alors que le rapport d’une analyse trs
juste de Marcela Iacub sur la place du transsexualisme dans notre socit, et
d’une compilation consquente de tous les travaux mdicaux faits de part le
monde, les propositions avances en conclusion restent archaques, frileuses et
conservatrices.
Reprenons
ces soi-disant avances :
-Le
diagnostic du Transsexualisme demeure sur la base d’un diagnostic diffrentiel
qui jaugent le niveau du trouble d’identit sexuelle (Les Trans’
ne sont toujours pas responsables d’eux mmes et n’ont toujours pas le droit de
parole).
–
partir du constat que de nombreuses personnes Trans’ ne veulent pas de
strilisation par rassignation sexuelle, le rapport ne prend pas de position
claire et continue ne concevoir que des parcours de transition en grande
majorit allant jusqu’ l’opration chirurgicale.
–
Aucune recommandation n’est propose quant au changement d’tat civil, (alors
que celui-ci par voie de jurisprudence suit les recommandations mdicales .), et
surtout aucune volont n’est exprime pour aller vers un changement d’tat civil
sans rassignation sexuelle obligatoire.
–
L’exprience de vie relle sans hormonothrapie rparatrice (du point de vue de
la personne Trans’) d’une dure d’un an est toujours prconise, au mpris de
tous les dgts psychologiques et de dsintgration sociale que cela engendre.
-Aucune
reconnaissance des erreurs et maltraitances passes (alors que les personnes
Trans’ ont t victimes durant des annes d’lectrochocs, de refus de prise en
charge par les structures hospitalires, de refus de suivi pour des patients
Trans’ sropositifs , etc.), Pire la HAS reprend les mmes mdecins en
place, pour certains depuis des dizaines d’annes et recommence.
Elle
ouvre la mise en place exclusive d’un rseau de mdecins autour de centres
d’expertise multidisciplinaire. Mme si cela reste encore flou dans le rapport,
il est mis en avant une agrmentation obligatoire de praticiens qui, nous le
savons de la bouche de certains d’entre eux, est susceptible de les dissuader
d’accompagner les personnes Trans’. En effet, menacs par une pure logique
comptable, ils se verraient contraints soit d’arrter soit de se spcialiser
alors que leur but est de continuer pratiquer leur spcialit sur une
population de patients qui reste diversifie.
4
ans de travail pour produire une monstrueuse mascarade au carnaval
de la blouse blanche, 4 ans de travail et toujours la
parfaite incapacit reconnatre les travaux du tissu associatif (dont l’HAS
s’est pourtant servi). Pour mmoire les premires tudes sur les interactions
HIV et hormonothrapies, les premires tudes sur le taux de srologie de la
population Trans’, les premires tudes sur le taux de suicide chez les Trans’
viennent du tissu associatif.
L’inter
Trans’ s’interroge sur cette concertation (nous n’avons qu’un mois et demi pour
argumenter un rapport qu’une quipe de professionnels a mis 4 ans produire).
Mais nous rpondrons et tablirons nos commentaires point point en esprant
qu’ils seront tous entendus.
Nous
demandons:
-La
dclassification psychiatrique immdiate par la France du transsexualisme et sa
reclassification en processus mdical de mme facture que l’avortement ou la PMA
(procration mdicalement assiste).
-Un
diagnostic diffrentiel qui, s’il demeure ne doit avoir comme seule finalit que
l’limination de prsence de psychopathologie grave et qui ne doit plus faire
aucune valuation de troubles de l’identit sexuelle
–
La pleine reconnaissance du mdecin traitant dans le suivi mdical avec leur
mise en relation avec les centres d’expertise muti-disciplinaire
-La
mise en place d’une aide l’auto diagnostic avec une responsabilisation de la
personne Trans’ l’aide d’un consentement clair qui lui ouvre le processus
d’hormonothrapie et d’oprations de modifications corporelles essentielles
(pilation, mammoplastie)
-La
prise en charge des interventions chirurgicales l’tranger tant que les
chirurgiens franais ne seront pas forms.
-Un
changement d’tat civil automatique ds que la personne en fait la demande, une
fois l’hormonothrapie mise en place sur une dure
raisonnable.
-La
reconnaissance par le milieu mdical des erreurs passes et la prise en charge
de rparations auprs des personnes Trans’ victimes de ses
erreurs.
Inter Trans’. Association
loi 1901. 5 rue Du fg Poissonnire. 75009 Paris. 06 62 78 30
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