Vendredi dernier et devant 15 millions de téléspectateurs, le chanteur milanais Giuseppe Povia qui avait créé un buzz avec l’annonce du thème de sa chanson prônant la guérison de l’homosexualité s’est incliné face au très mignon Marco Carta.
Finissant second du célèbre concours de chant italien de San Remo, Giuseppe Povia s’était attiré les foudres des militants LGBT avec sa chanson «Luca era gay» («Luca était gay»).
Aurelio Mancuso, président de la principale association LGBT italienne avait dénoncé le thème de cette chanson qui selon l’aveu de son auteur serait tirée de sa propre expérience. Sélectionné par les organisateurs du festival 2009, Giuseppe Povia raconte l’histoire d’un garçon «guéri» de son homosexualité, reprenant la thèse de l’Eglise comme quoi l’homosexualité est réversible, théorie défendue également par des groupes évangélistes nord-américains.
Alors que le chanteur avait gardé secret le texte de la chanson, les téléspectateurs ont pu écouter une succession de poncifs liés à l’homosexualité : «Luca était gay, et désormais il est avec elle, (…) je suis un autre homme». La chanson évoque donc l’histoire de Luca, homosexuel, qui serait allé voir des «psychologue, des psychiatres, des prêtres ou de scientifiques». Il faut dire qu’il en avait bien besoin avec une mère castratrice, qui «m’aimait trop, jusqu’à l’obsession» et un père évidement absent, à cause du divorce bien sûr et qui «ne prenait jamais de décisions». Aussi, le petit devait bien finir pédé, répondant à ceux qui «disait « c’est naturel », j’ai étudié Freud, et il ne pensait pas la même chose», alors «Je cherchais chez les hommes qui était mon père, j’allais avec les hommes pour ne pas trahir ma mère». Après une relation insatisfaisante, of course, Luca rencontra une fille, tomba amoureux, un bébé et enfin c’est un «autre homme». Ouf. Au son s’ajouta l’image, le chanteur finissant sa prestation avec à ses côtés un couple habillés en mariés, s’embrassant. C’est pas beau la vie !
Giuseppe Povia affirme que cette chanson est le fruit de sa propre expérience, étant «retourné» à l’hétérosexualité comme avoir «converti deux de (ses) amis qui pensaient être gays jusqu’alors et qui maintenant se sont mariés».
Si cette théorie d’une «homosexualité» réversible et «traitable» n’a que peu d’échos sur le continent européen, elle est avancée avec force aux Etats-Unis. En France, le député Christian Vanneste en janvier 2007 avait déclaré sur le plateau de France 3 Lille, alors qu’il réagissait à la confirmation de condamnation par la cour d’appel de Douai, que «les homosexuels n’existent pas», qu’il ne s’agit que de «comportements homosexuels», «parfaitement réversibles» et «en général de courte durée». Il avait scandaleusement avancé les thèses fantaisistes américaines selon lesquelles on «peut faire changer les 2/3 des patients (NDR : les homosexuels)», comme si l’homosexualité était une maladie que l’on peut soigner et réduisant les homosexuels à des patients malades. Le même, le mois suivant, dans un documentaire sur Arte récidivait : «L’homosexualité est une menace. (…) Il faudrait proposer aux parents des traitements quand on dépiste des tendances homosexuelles chez leur enfant.».
EN SAVOIR PLUS
Le site du Festival de San Remo : www.sanremo.rai.it.
Le site de Giuseppe Povia : www.povia.net.


