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Italie : une chanson prônant les thérapies de guérison de l’homosexualité

Alors que le festival de musique de San Remo se déroulera du 17 au 21 février prochain, l’auteur-compositeur en course Giuseppe Povia s’est attiré les foudres des militants LGBT avec sa chanson «Luca era gay» («Luca était gay»).

Aurelio Mancuso, président de la principale association LGBT italienne dénonce le thème de cette chanson qui selon l’aveu de son auteur serait tirée de sa propre expérience. Sélectionné par les organisateurs du festival 2009, Giuseppe Povia raconte l’histoire d’un garçon «guéri» de son homosexualité, reprenant la thèse de l’Eglise comme quoi l’homosexualité est réversible, théorie défendue également par des groupes évangélistes nord-américains. Pour Arcigay, il s’agit d’«une opération publicitaire minable» de Povia, accusé de vouloir «(faire) une opération dégoûtante, en se faisant de la publicité en spéculant sur les souffrances de certaines personnes et en considérant l’homosexualité comme une maladie de laquelle on peut guérir.».

A l’opposé, Giuseppe Povia affirme avoir reçu des menaces de mort et que cette chanson est le fruit de sa propre expérience, étant «retourné» à l’hétérosexualité et affirmant avoir «converti deux de (ses) amis qui pensaient être gays jusqu’alors et qui maintenant se sont mariés».

Arcigay a prévenu que si la participation sur scène d’un «porte-parole clérical réactionnaire contre la dignité des personnes homosexuelles» était maintenue, «notre réaction sera la plus dure, bruyante et organisée».

Si cette théorie d’une «homosexualité» réversible et «traitable» n’a que peu d’échos sur le continent européen, elle est avancée avec force aux Etats-Unis. En France, le député Christian Vanneste en janvier 2007 avait déclaré sur le plateau de France 3 Lille, alors qu’il réagissait à la confirmation de condamnation par la cour d’appel de Douai, que «les homosexuels n’existent pas», qu’il ne s’agit que de «comportements homosexuels», «parfaitement réversibles» et «en général de courte durée». Il avait scandaleusement avancé les thèses fantaisistes américaines selon lesquelles on «peut faire changer les 2/3 des patients (NDR : les homosexuels)», comme si l’homosexualité était une maladie que l’on peut soigner et réduisant les homosexuels à des patients malades. Le même, le mois suivant, dans un documentaire sur Arte récidivait : «L’homosexualité est une menace. (…) Il faudrait proposer aux parents des traitements quand on dépiste des tendances homosexuelles chez leur enfant.».

Christian Vannesteenvoyé par GayClic

EN SAVOIR PLUS

Le site d’Arcigay : www.arcigay.it.

Le site du Festival de San Remo : www.sanremo.rai.it.

Le site de Giuseppe Povia : www.povia.net.





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