En 2006 déjà, le Vatican avait lancé une chasse aux sorcières dans les séminaires nord américains après avoir déclaré que l’homosexualité empêchait les séminaristes d’aspirer à la prêtrise. La conférence des évêques catholiques aux Etats-Unis avait alors conduit dans les séminaires une enquête sous l’aulne des règles en matière de sacerdoce préparées par la Congrégation pour l’Education Catholique (pour les Séminaires et les Institutions d’Enseignement), institution du Vatican qui coordonne l’ensemble des séminaires, texte ensuite validé par le Pape.
Outre l’amalgame entre pédophilie et homosexualité sous-jacent dans le texte, cette inquisition effectuée dans les séminaires américains visait également à faire taire la fronde nord-américaine suite à une série de scandales pédophiles aux Etats-Unis mêlant prêtres auteurs et ecclésiastes qui avaient couverts les faits. Alors que les dons des fidèles américains baissaient et que l’Amérique du Nord comme celle du Sud subissent la concurrence grandissante des églises évangélistes, le Vatican souhaitait faire une pierre deux coups avec cette chasse aux gays dans les séminaires américains.
Aussi, le Vatican a officialisé hier le recours éventuel à des psychologues dans les séminaires afin d’écarter entre autres les candidats homosexuels. Le document intitulé « Orientations pour l’utilisation de la psychologie dans l’admission et la formation des candidats au sacerdoce » a été formellement approuvé par le pape Benoît XVI. Le texte indique notamment que «les erreurs de discernement des vocations ne sont pas rares» et que «trop d’inaptitudes psychiques, plus ou moins pathologiques, ne se manifestent qu’après l’ordination sacerdotale. Les discerner à temps permettra d’éviter beaucoup de drames». «Le recours à des psychologues peut être utile dans certains cas» car ils «peuvent offrir un avis sur le diagnostic et la thérapie éventuelle des perturbations psychiques» indiquent encore les auteurs qui ne précisent pas si l’homosexualité est du ressort pathologique mais qui semblent le supposer en pointant les cas d’«identité sexuelle incertaine» et de «tendances homosexuelles fortement enracinées».
Si le Saint-Siège ne souhaite plus voir dans ses rangs des homosexuels, il ne souhaite pas davantage être en contact avec des homosexuels par ailleurs. Ainsi, rappelons qu’en septembre dernier, le candidat ambassadeur français avait été débouté pour cause d’homosexualité, le Vatican aurait fait obstacle à la nomination d’un nouvel ambassadeur français auprès du Saint-Siège au motif de l’homosexualité affichée du postulant.
L’Eglise catholique semble vouloir empêchée toute velléité d’affirmations homosexuelles dans ses rangs. A sa décharge, le schisme qui menace la communion anglicane du fait de l’ordination d’évêques gays semble lui donner raison avec, à l’opposé, un éloignement croissant entre la doctrine de l’Eglise de Rome et les croyants, plus ouverts sur les questions sociétales que la curie romaine.
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Le discours de Benoît XVI : www.vatican.va.


