Sidaction donne des «garanties excédant les exigences légales requises en matière de protection des donateurs et de transparence», estime dans un rapport l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Ce rapport était attendu alors que des militants associatifs d’autres organisations dénonçaient une opacité de la gestion du Sidaction qui avait fait l’objet d’observations lors d’un précédent audit de l’IGAS.
«Les frais de collecte de Sidaction ne sont pas d’un niveau tel qu’ils affectent la conformité globale des dépenses engagées par l’association aux objectifs poursuivis dans ses appels à la générosité du public» estiment les inspecteurs qui ont toutefois rappellé qu’en 2006, les frais de structure représentaient 36% des emplois dont 27% au titre des coûts directs d’appels, et que la part relevant des missions sociales était «affectée par les retards pris dans le versement des ressources disponibles». Toutefois, les éléments pour 2007 conduisent les inspecteurs à souligner que «les versements ont progressé et atteignent le montant des ressources réunies durant l’exercice».
L’association s’est félicitée des conclusions du rapport dans un communiqué : «Les conclusions de ce rapport sont une preuve incontestable de sérieux, de rigueur et de fiabilité (…) Les fonds collectés par Sidaction le sont de façon éthique, et sont attribués chaque année de plus en plus tôt aux chercheurs et aux associations de malade».
Alors que ce rapport était publié en ligne, Sidaction se retrouvait face à Reda Sadki, animateur de l’émission Survivre au Sida, ancien membre du Comité des familles et auteur d’articles très critiques sur le Sidaction sur le site lemegalodon.net. Le militant était poursuivi vendredi dernier devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris par Pierre Bergé et l’association. Il avait dans un faux communiqué du 1er avril 2005 publié que Pierre Bergé mettait fin à la manifestation et offrait sa fortune aux malades du Sida. Le même Reda Sadki éditeur du «site qui dénonce tous les requins du sida», parlait d’un «échec» du Sidaction 2007 dénonçant «Le choix de privilégier les paillettes au détriment des discriminations subies par les personnes malades ou séropositives en matière de travail, logement, etc». Le megalodon s’en est également pris à Têtu qui titrait sur le succès du Sidaction en l’accusant d’être «La voix de son maître», Pierre Bergé : «Têtu est financé par le milliardaire Pierre Bergé, qui est également président de l’association Sidaction depuis sa création». A un article de CitéGAY déplorant cette polémique, le même site estimait que nous avions «(signé) l’article le plus ouvertement perfide» dans un texte titré «Le web gay contre-attaque : trois sites volent au secours de Sidaction contre lemegalodon.net» comme si notre traitement de l’information avait été causé par un réflexe communautaire et délibérément orienté.
Reda Sadki estime être victime d’un «acharnement judiciaire» du «milliardaire Pierre Bergé» qui n’a pas retiré sa plainte après une lettre d’excuses. Le procureur Alexandre Aubert a estimé à l’audience que même si ces communiqués avaient été publiés «sous le masque de la farce et d’un poisson d’avril, ils montraient bien une volonté de dénoncer», estimant qu’il y avait eu une «mauvaise foi» du prévenu contre qui il a requis la condamnation par le tribunal. Le jugement a été mis en délibéré.
EN SAVOIR PLUS
Le rapport en ligne de l’IGAS (Format PDF) : Ici
Le site du Sidaction : www.sidaction.org
Le site lemegalodon.net


