Ce samedi 7 juin 2008, une vingtaine de militantEs d’Act Up-Paris ont zappé l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris et maculé de faux-sang le siège de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) à Strasbourg. Elles et ils protestent contre l’arrêt rendu le 27 mai dernier par cette Cour selon lequel expulser une personne séropositive vers un pays où elle ne pourrait avoir accès aux traitements nécessaires à sa survie ne serait pas contraire aux droits humains : ne relèverait donc pas, selon cet arrêt d’un «traitement inhumain ou dégradant» tel que le définit l’article 3 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
En conséquence de cette décision, la Grande-Bretagne peut à tout moment expulser vers l’Ouganda Mme N., âgée de 34 ans, qui est séropositive et atteinte de deux maladies opportunistes liées au VIH, dont le syndrome de Kaposi. Pourtant selon le rapport de l’ONUSIDA paru en 2006, en Ouganda – où près de 10% de la population est infectée par le VIH – les traitements antirétroviraux sont à la charge des malades. Les médicaments coûtent à eux seuls au moins 42 dollars par mois dans un pays où le revenu moyen est de 23 dollars.
«Autant dire que seule une minorité de malades ougandais ont accès à ces traitements. Dès lors, la probabilité que Mme N. ait accès à des soins adaptés dans son pays d’origine est infime» avance Act Up dans un communiqué.
Faute de traitement, son espérance de vie ne sera, selon les expertises médicales, que d’un à deux ans estime encore l’association alors même que les magistrats européens relève que l’accès de la plaignante à ces traitements sera «aléatoire».
«Oui, elle est donc promise à une mort certaine» conclut l’association qui dénonce l’analyse de la cour européenne selon laquelle «la réduction significative de l’espérance de vie n’est pas en soi suffisante pour emporter violation de l’article 3».
Insusceptible d’appel, cette décision risque de faire jurisprudence alors que les associations sont souvent saisies de cas d’expulsions imminentes de malades et doivent alerter les médias pour faire plier les autorités.
Si en France, le droit au séjour pour raisons médicales existe depuis 10 ans, des cas sont toutefois récurrents de personnes malades menacées d’expulsion.
EN SAVOIR PLUS
Le site d’Act Up Paris : www.actupparis.org.

Soutien l’association turque Lambdaistanbul

