Nous vous l’indiquions en exclusivité vendredi dernier. Alors que la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, recevait le soir même le comité IDAHO, coordinateur de la Journée mondiale contre l’Homophobie et GayLib, mouvement LGBT associé à l’UMP, c’est Rama Yade en charge des droits de l’Homme qui a fait une déclaration solennelle aux associations samedi.
Au-delà de la seule reconnaissance de la Journée mondiale contre l’Homophobie par la République, Rama Yade est allée plus loin comme nous l’avancions en indiquant que la France, qui prendra la présidence du Conseil européen le 1er juillet prochain, défendrait aux Nations unies tout projet d’une «dépénalisation universelle de l’homosexualité». «Le principe d’une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l’homosexualité, qui serait portée devant l’Assemblée Générale des Nations unies» est défendu par la France a-t-elle indiqué.
Rama Yade «a annoncé aux associations que le gouvernement français reconnaissait désormais officiellement cette Journée internationale contre l’homophobie», «(s’engageant) à évoquer les cas d’homophobie constatés lors de ses déplacements à l’étranger» précise encore son cabinet.
La prise en compte de la situation des LGBT dans les relations bilatérales et multilatérales de la diplomatie française était une des revendications des associations.
Pour le Comité IDAHO, cette double annonce est d’importance alors que l’association et son Président stigmatisait depuis quelques jours la position de la France : «Cette double décision permettra de mieux lutter contre l’homophobie, en France et dans le monde. Après la Belgique, le Royaume-Uni, le Mexique et le Costa-Rica, la France rejoint le club trop sélect des pays reconnaissant de jure la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, qui est célébrée de facto dans plus de 50 pays à travers le monde ; quant à l’initiative concernant l’ONU, elle constitue une avancée proprement historique qui devrait permettre de condamner les pays où l’homosexualité est un crime, et les forcer à changer leur législation en conséquence.»


