in

Lesbophobie et rapport annuel sur les LGBTphobies

A l’occasion du 17 mai, Journée mondiale contre l’homophobie, L’Autre Cercle a présenté les résultats d’une enquête menée depuis octobre 2007 auprès de la population lesbienne sur leur ressenti vis-à-vis de la double discrimination dont elles peuvent être victimes en tant que femme et homosexuelle au travail.

550 femmes y ont répondu, dont les 2/3 hors de la capitale. «Les résultats sont édifiants : 2/3 des répondantes ne sont pas visibles sur leur lieu de travail, et même parmi celles qui en parlent librement, 32% disent ne pas être acceptées ou juste tolérées» souligne l’association.

Les raisons de cette non-visibilité pour l’Autre Cercle : 38 % des répondantes se sentent discriminées en tant que femme et 35 % en tant qu’homosexuelle, 21 % des répondantes cumulent les deux discriminations. «Au total, plus de la moitié se sentent discriminées parce qu’elles sont femmes ou homosexuelles» estime l’association. En outre, 28 % pensent que leur homosexualité est une gêne dans leur contexte professionnel, 18 % ont été harcelées et 2% ont été physiquement agressées. Enfin, dans 82 % des cas, il ne s’est rien passé pour l’auteur des faits.

«Les chiffres de cette enquête montrent une stagnation par rapport aux études des années précédentes et confirment que plus l’environnement professionnel est respectueux de la diversité, plus les homosexuelles sont visibles» concluent l’Autre Cerlce appelant à une mobilisation des organisations professionnelles, syndicats, institutions afin que la responsabilité des employeurs soit engagée et que la promotion de la diversité et de ses bonnes pratiques soit enfin une réalité.

En prélude également à la Journée mondiale, SOS Homophobie a présenté son rapport annuel faisant apparaître que la «lutte contre l’homophobie piétine» alors que les atteintes aux LGBT se radicalisent «surtout chez les très jeunes» et que «les cas d’homophobie sur internet augmentent de façon inquiétante». Saisie par les victimes, l’association a fait part de ses craintes alors que pour le seul mois de janvier 2008, deux meurtres homophobes ont eu lieu. «La jeunesse des agresseurs, souvent des mineurs, nous effraie» a indiqué Jacques Lizé, co-président de la structure alors que si «On assiste à une meilleure acceptation globale de l’homosexualité en France» il y a «parallèlement, à une radicalisation de l’homophobie, surtout chez les très jeunes».

En 2007, l’association a reçu 1263 témoignages contre 1332 en 2006, concernent majoritairement des hommes, âgés de 25 à 50 ans avec le signalement de 132 agressions physiques. Géographiquement, Paris, le Rhône, le Nord et la Moselle constituent le peloton de tête des départements où le plus de manifestations d’hostilités envers les LGBT lui ont été signalées à l’opposé des DOM-TOM et de la Corse sans pour autant que cela marque pour ces départements une tolérance plus grande au niveau local mais d’avantage le fait que «la pression homophobe est tellement forte que les homosexuels sont transparents, invisibles».

Sociologiquement il n’y a pas de profil type d’agresseurs : «Pour ces agressions, il ne faut pas montrer du doigt les jeunes adolescents issus de l’immigration, il y a aussi des gens de l’extrême droite et des intégristes religieux».

In fine, l’association a réclamé d’avantage de prévention comme la prise en compte des spécificités de chaque type de discriminations LGBTphobes et l’égalité entre homosexuels et hétérosexuels, expression normative de l’illégitimité de toutes discriminatiuons.

EN SAVOIR PLUS

Le site de l’Autre Cercle : www.autrecercle.org.

Le site de SOS Homophobie : www.sos-homophobie.org.





Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Journe mondiale contre l’homophobie : La HALDE installe un groupe de travail avec les associations LGBT

Triste anniversaire : le Sida découvert il y a 25 ans