A l’instar d’Act Up Paris ou des autorités médicales françaises, le Syndicat National des Entreprises Gaies (SNEG), dans son axe Prévention, recommande à son tour la prudence suite à l’avis suisse de janvier dernier faisant état, dans un cadre très précis, de l’absence de transmission du VIH dans le cas de couples sérodiscordants dont le partenaire séropositif, sous traitement antiviral qui conduit à un taux de virus indétectable, ne transmettrait pas dans les fait le virus en cas de pratiques sexuelles à risques.
Le SNEG estime que «La position de Bernard Hirschel est extrêmement dangereuse en termes d’impact sur les comportements de prévention, ce d’autant plus qu’il se base sur des études de couples hétérosexuels sérodifférents stables dont la sexualité ne correspond pas à la majorité des gays, qu’ils soient en couple ou pas». Pour Antonio Alexandre, délégué national du SNEG, une généralisation des données suisses serait dangereuse et qu’un changement de paradigme en matière de prévention ne pourrait être fait qu’après la levée d’un certain nombre d’incertitudes et de questions basées sur des éléments cliniques avérés et adaptés à tous les types de sexualités, «ce qui n’est pas le cas ici».
Au-delà, le SNEG avance des cas de contaminations non publiés qui infirmeraient, au moins dans le cadre de relations homosexuelles, les conclusions de l’étude suisse : «nous pouvons ici faire cas d’un couple séro-différent homosexuel suivi par le Dr Jean Derouineau, de l’Institut Alfred Fournier et attaché à l’HEGP, qui est devenu séro-concordant en 2007, à partir du partenaire traité à charge virale indétectable vers son partenaire fixe. Ces partenaires avaient tous deux décidé de ne pas utiliser de préservatif en informant leur médecin, et ce sur la base de connaissances et de leur évaluation personnelle du risque de la transmission du VIH en fonction de la charge virale… Le génotypage du VIH infectant le partenaire récemment contaminé montre un VIH identique à celui de son partenaire d’une part, et l’analyse de leur sexualité dans les mois précédents d’autre part confirme la transmission de ce virus au sein du couple. D’autres cliniciens français connaissent des situations comparables».
Enfin, ce sont les facteurs de risque aggravants, virus VIH résistants et autres IST, qui sont avancés encore par le SNEG pour écarter les conclusions de l’avis suisse et la possibilité de changer de discours préventif.
EN SAVOIR PLUS
Le site du SNEG : www.sneg.org.
Avis suisse sur la transmission du VIH.
Notre portail Prévention : prevention.citegay.com.
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