Dans un communiqué, le Centre LGBT de Paris nous rapporte le sort réservé à six jeunes hommes actuellement détenus au Cameroun en raison d’une présumée homosexualité. «Me Alice Nkom, avocate engagée par l’association Alternatives-Cameroun, s’était opposée à leur comparution devant le juge d’instruction du TGI de Douala en invoquant l’Habeas corpus, elle exigeait la libération inconditionnelle des prévenus arguant de l’illégalité des arrestations et de la détention» rappelle le CGL alors notamment que les policiers ont procédé aux arrestations en dehors de leurs limites territoriales, ce qui viole l’article 88 du code de procédure pénale Camerounais.
«Leur détention provisoire est en outre illégale et devrait être frappée de nullité car le mandat d’arrestation n’a pas été décerné dans un cas de flagrant délit» souligne toujours le centre qui s’étonne que le juge n’ait prononcé la libération immédiate et sans conséquences des six détenus. Pourtant, ce 24 septembre, la justice Camerounaise s’est prononcée contre la libération des détenus car, selon elle, les arguments de droit développés par leur avocate ne seraient pas suffisants.
Me Alice Nkom, prévenue de la décision, a décidé de faire appel, et, le cas échéant, se pourvoir en cassation devant la cour suprême. Elle a également déposé une demande de mise en liberté provisoire.
LE CGl rapporte l’indignation de l’association Alternatives-Cameroun qui appelle à la solidarité internationale face à cette situation non isolée : «Trois autres prévenus ont été appréhendés par la Brigade de recherches de la Gendarmerie Nationale de Douala le 30 août 2007, toujours pour homosexualité et placés aussitôt en garde à vue. L’audience est prévue pour le 7 novembre prochain. Deux autres hommes ont également été arrêtés à Yaoundé».
Les associations demandent l’intervention auprès des autorités camerounaises des associations comme des institutions françaises, européennes et onusiennes.
«L’homosexualité n’est pas un délit, en revanche, l’homophobie d’état devrait être fermement et systématiquement condamnée partout où elle se produit» conclut le CGL.
EN SAVOIR PLUS
Le site du CGL Paris : www.cglparis.org
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