Alors que se déroule ce jour une marche silencieuse à Reims en hommage à Alexis, jeune rémois retrouvé noyé après avoir été frappé et torturé et dont l’orientation sexuelle est une des cause suspectée mais non établie pour l’heure des violences qui ont été commises à son encontre, SOS Homophobie appelle à une mobilisation des pouvoirs publics sur le sujet.
L’association rappelle la teneur des témoignages sur sa ligne d’écoute ou sur son site internet indiquant une inquiétante propension à la violence homophobe chez les jeunes, notamment les mineurs. Un collégien témoigne ainsi : «chaque jour, quand je rentre du collège, je pleure. Les autres me traitent de tapette, de PD, parce que je suis efféminé. Ils ont raison, je suis un monstre. Je veux mourir».
Les chiffres de l’Institut de Veille Sanitaire sur les états dépressifs, la conduite suicidaire et les discriminations homophobes, tirés de l’Enquête Presse Gaie le montrent : le taux de suicide chez les homosexuelLEs est cinq fois plus élevé que chez les hétérosexuelLEs. «Et ce décalage est de treize fois en ce qui concerne les adolescents, selon une étude du Professeur Shelly menée en 2005 avec l’association Aremedia et l’Inserm» rappelle encore SOS Homophobie pour qui «Ce constat n’a rien à voir avec la génétique comme d’aucuns voudraient le faire croire. C’est la triste conséquence de l’homophobie qui imprègne la société et qui se traduit par la violence psychologique et physique».
Interrogé par l’Inter-LGBT sur ses propositions pour que l’école s’engage concrètement contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, le candidat Nicolas Sarkozy répondait : «Je suis extrêmement sensible à titre personnel à la question des discriminations. A l’adolescence, quand on est fragile, on supporte très mal d’être différent. La stigmatisation de l’homosexualité perçue à l’école peut produire des effets désastreux sur la construction de la personnalité. C’est ce qui explique que le taux de suicide des jeunes homosexuels soit supérieur à celui des jeunes hétérosexuels. C’est pourquoi, il me paraît essentiel de sensibiliser les professeurs et les infirmières scolaires, souvent l’objet de confidences, à cette question dans leur formation. Il me parait également important de sensibiliser l’ensemble des adolescents sur la question des différences et de l’homophobie au cours de leur scolarité».
Lors du colloque international contre l’homophobie et pour la diversité par l’éducation qui s’est tenu le 16 mai, l’ensemble des participants s’est accordé à reconnaître la progression du phénomène homophobe chez les jeunes.
L’Inter-LGBT a eu des premiers éléments positifs sur la mise en place de mesures de prévention et de sensibilisation auprès des plus jeunes par le gouvernement. Pour autant et au-delà de ce simple effet d’annonce, les associations attendent dorénavant des mesures appliquées sur le sujet : affichage de la ligne azur dans tous les établissements, formation des personnels, agréments des associations oeuvrant contre l’homophobie pour intervenir en milieu scolaires..
«SOS homophobie estime qu’il y a urgence à stopper la fabrication création d’homophobie et de violence à l’école. Il faut impérativement mettre en oeuvre des mesures de prévention à tous les niveaux : écoles, collège, lycée, universités» conclut l’association qui attend des actes de Nicolas Sarkozy comme du Ministre de l’Education, Xavier Darcos.
EN SAVOIR PLUS
Le site de SOS Homophobie : www.sos-homophobie.org
Notre Dossier Homophobie : http://homophobie.citegay.com
Les données de l’Institut de Veille Sanitaire sur les états dépressifs, la conduite suicidaire et les discriminations homophobes (Format PDF) : Ici.
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