Les opposants au Dico, le projet de loi instituant un Pacs a minima en Italie, ont manifesté en force samedi dernier dans la capitale italienne.
Alors que le projet de loi est largement compromis, des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles deux ministres du gouvernement de Romano Prodi, celui de la Justice, Clemente Mastella, et son collègue de l’Education, Giuseppe Fioroni, se sont rassemblées pour un «jour de la famille».
A distance, le Pape Benoît XVI, en voyage au Brésil répétait les fondamentaux de l’Eglise sur le sujet : non à la contraception, à l’avortement, aux unions libres et à toute sexualité avant le mariage. Il a notamment appelé à «dire non aux médias qui tournent en ridicule la sainteté du mariage et la virginité avant le mariage».
Les contre-manifestants étaient peu nombreux face à une marée conservatrice qui entend défendre la famille face au Dico qualifié de «destructeur» pour la famille. L’ancien président du Conseil et leader de l’opposition, Silvio Berlusconi, faisait parti des manifestants. Pour l’empereur des médias, «Je ne suis absolument pas opposé à la protection des droits des couples de fait (…) Mais je ne pense pas qu’il faille instituer (…) un mariage de seconde classe qui n’est pas nécessaire».
Interrogé par une radio, Romano Prodi a déclaré souhaiter que l’Italie surmonte la querelle«entre les Guelfes et les Gibelins» en référence aux guerres opposants partisans du pape et ceux de l’empereur d’Allemagne pendant le Moyen Âge. Romano Prodi avance la valeur «très importante» de la famille mais aussi celle de la «laïcité de l’Etat» s’opposant aux dérives «d’instrumentaliser la religion» alors même que l’Eglise catholique soutenait la manifestation et avait implicitement apporté son soutien à la droite italienne lors des dernières élections générales.
Pour l’occasion, 3000 autobus et une dizaine de trains avaient été affrétés par les mouvements catholiques et les paroisses de toute l’Italie.
Cette démonstration de force intervient alors même que le projet de loi instituant le Dico est au point mort et que seule une initiative parlementaire pourrait le voir remettre à l’ordre du jour. Autre mauvaise nouvelle pour les organisations LGBT italiennes, celle du report de la Pride italienne en raison de la visite de George W. Bush à cette même date, le 9 juin prochain. Elle sera organisée une semaine après, le 16 juin, avec pour thème l’égalité et la reconnaissance des couples homosexuels.
EN SAVOIR PLUS
Nos articles liés au sujet :
– Italie (Le chef de l’Eglise italienne sous protection suite à ses propos homophobes)
– Italie : plusieurs dizaines de milliers de manifestants favorables aux unions homosexuelles
– Italie : manifestation à Rome de soutien au «Dico»
– Italie : le «Dico» toujours source de discorde malgré la suspension du projet de loi
– Italie : le projet de loi sur les unions de fait abandonné
– Italie (Les Unions de fait homosexuelles en danger avec la démission du gouvernement Prodi)
– L’Eglise prône le droit d’intervenir dans les débats étrangers de politique intérieure
– L’Eglise menace encore et intervient dans le débat politique intérieur italien
– Italie: adoption du projet de loi reconnaissant les unions de fait homosexuelles
– Italie (La coalition Prodi déstabilisée par le projet de loi sur les unions civiles)
– Italie (Les italiens favorables aux unions civiles contrairement au Vatican toujours velléitaire)
– Manifestation LGBT contre les prises de position du Vatican
– Italie (Menaces de Benoît XVI aux parlementaires italiens)
– Italie : Annonce d’une manifestation nationale pour exiger la reconnaissance des Unions Civiles
– Charge de l’Eglise et des conservateurs contre le Pacs à l’italienne
– Italie : Le Sénat appelle à la création de Partenariats civils homosexuels


