Romano Prodi va devoir assumer face aux milliers de manifestants attendus demain dans la capitale italienne sa décision de suspendre le projet de loi reconnaissants les unions de fait homosexuelles, suspension qui lu a permis de maintenir sa coalition au pouvoir.
Alors que cette reconnaissance juridique faisait partie des promesses de campagne du leader de la gauche italienne, le «Dico», nom donné au projet de loi, a été annoncé comme abandonné par le gouvernement tout en laissant un vote éventuel à la charge des seuls parlementaires. Ce point devait régler les menaces d’éclatement de la coalition par les centristes chrétiens opposés au projet mais pour autant la majorité demeure toujours divisée sur le sujet.
«L’Italie change, et l’adoption d’une loi forte sur les unions civiles serait le signe d’une avancée du pays sur un plan culturel, comme de nombreux pays de l’Union européenne l’ont déjà fait» a déclaré Sergio Lo Giudice, président d’Arcigay, principale organisation LGBT de la botte. «Le mot d’ordre c’est « parité des droits » et « parité de la dignité », car les gays, les lesbiennes mais aussi les hétéros qui vivent ensemble, et les couples mariés ne sont pas égaux devant la loi, alors qu’il ne faudrait pas que l’on ait à tenir compte de l’orientation sexuelle» estime-t-il encore.
Les militants LGBT de Droite s’associeront également à la manifestation soutenue par des mouvements de gauches et syndicats : «Nous, gays de droite, changerons Alliance nationale et Forza Italia.» pronostique de manière optimiste Enrico Oliari, président depuis 10 ans du Gay Lib italien pour qui la droite qui avec le Vatican bataillait contre le projet peut «changer ses idées vis-à-vis des homos, en reconnaissant leur droits».
Signe également que l’Eglise n’abandonnera pas la bataille contre le «Dico», le pape Benoît XVI a nommé mercredi à la tête de la conférence des évêques d’Italie l’archevêque de Gênes Angelo Bagnasco. Ce conservateur succède au cardinal Ruini à la tête de la plus puissante des Eglises d’Europe occidentale et, comme lui, est partisan d’une intervention de l’Eglise concernant les questions de politique intérieure italienne pour défendre la famille traditionnelle. Homme de réseau, Angelo Bagnasco avait bataillé contre le «Dico» et fait pression tant dans les médias italiens qu’auprès des hommes politiques.
Les organisateurs espèrent 50000 participants à la manifestation.
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