Le vote de confiance dont a bénéficié Romano Prodi la semaine dernière pour faire face à la crise qui agitait sa coalition n’aura eu d’effet que de courte durée. Alors que le projet de loi sur les unions de faits, homosexuels et hétérosexuels, était annoncé abandonné par le gouvernement tout en laissant un vote éventuel à la charge des seuls parlementaires, la majorité se divise toujours sur le sujet.
Ainsi, des membres de l’union de la gauche pousse Romano Prodi a reprendre le projet de loi laissé en suspend alors que d’autres, centristes, et qui forment la base de la coalition, exigent le retrait pur et simple du texte.
Pour la sénatrice Paola Binetti, membre du parti centriste de l’Olivier, principal parti de la majorité, l’«homosexualité est une déviance de la personnalité» a-t-elle déclaré sur une chaîne de télévision ce week-end, alors qu’un autre membre de l’Olivier, le député Franco Grillini, président honorifique de l’association LGBT, a exigé des excuses. Enzo Carra, autre centriste, a déclaré que le «Dico», nom donné au projet de loi sur les unions de fait était mort et que si Romano Prodi essayait à nouveau de le faire adopter il votera contre : «nous n’avons pas la majorité au Sénat, et nous travaillerons pour l’enterrer une fois pour toutes» a-t-il déclaré au quotidien La Stempa.
Le ministre de la Justice, Clemente Mastella, qui menaçait de faire tomber la coalition en cas d’adoption du projet de loi a estimé pour sa part que «tout est bien qui finit bien» rejoignant la position de la droite qui estime que «c’est un choix sain d’avoir mis la famille au centre» du programme «sans mentionner les couples de fait ou les unions homosexuelles». A l’opposé, la ministre pour l’Egalité des Chances a affirmé qu’elle «travaillerait pour trouver un consensus au Parlement».
Alors que Romano Prodi avait présenté sa démission à la Présidence, cette dernière avait demandé au chef de l’Union de la gauche de revoir les termes de sa coalition et de se soumettre à un vote de confiance au Sénat. Ce vote est intervenu mercredi dernier et, en prélude, Romano Prodi a redéfini sa coalition en la recentrant politiquement. L’abandon du «Dico», le projet de loi pro LGBT, faisait parti des gages donnés aux centristes pour soutenir la coalition renouvelée du Profesore.
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