Fin de semaine et fin de journée bien harassante, comme on les aime. Je jette un regard vide au dehors, dans un état proche de la léthargie. Le téléphone sonne et me sort de mon absence. « Oui ? » Une voix chaude, masculine, et douce me répond : « Tof, je suis en bas, tu m’ouvres ? ». Quelques minutes plus tard c’est un quasi-géant qui fait son entrée dans les locaux de CitéGay, tout sourire aux lèvres. Il s’agit d’un autre Christophe. On est donc forcément faits pour s’entendre. A dire vrai, ça fait déjà quelques semaines qu’on dialogue via myspace, formidable mine aux talents musicaux il faut bien le dire. Au premier abord, il m’avait fait penser à Shazz, le compositeur français de musique électronique, avec son crâne rasé et son bouc. Et puis j’ai écouté ses chansons, et j’ai été immédiatement troublé par la profondeur de sa voix, si expressive, et quasi murmurée. Une émotion, simple, naturelle et honnête, d’un garçon qui n’a pas voulu remplacer le « Il » par « Elle », lorsqu’il parle de l’être aimé, c’est une sincérité qui touche, forcément . Christophe Cerino se présente comme un véritable virtuose, une bête de scène, et il bénéficie d’un parrainage de choix. Celui de Michel Jonasz en personne, qui dit de lui : « Je peux vous assurer que je reçois rarement des chansons d’une telle finesse… ». Et vlan, prenez vous ça dans les dents ! Tout commence lorsque Cerino laisse une cassette avec la maquette de ses chansons au guichet de la salle où il vient d’assister à un concert de Jonasz, espérant sans trop y croire l’atteindre. Quelques mois après le téléphone sonne à sa grande surprise, et le voila invité pour assurer les premières parties. Vous avez aussi sans doute apprécié Cerino plus récemment, au moment des fêtes de fin d’année 2006, en première partie de l’Olympia d’une certaine Florence Foresti, qui ne tarit pas non plus d’éloges à son égard. Cerino s’installe donc tout sourire, dans le bureau spécialement libéré pour lui. Il y a quelque chose de charismatique et de British chez lui. Connaissant bien CitéGay puisqu’il en est membre, c’est avec simplicité et décontraction qu’il s’installe face à moi. L’interview peut enfin commencer .
Tof : Hello Cerino, content de te retrouver en pleine période de sortie de ton premier album! Dis-moi, j’imagine que ça faisait longtemps que tu attendais ce moment ?
Cerino: Ah oui tu m’étonnes ! Entre le moment où j’ai commencé à écrire des chansons, le moment où elles ont commencé à me convenir, puis à convaincre les gens qui se sont associés au projet et l’existence proprement dite du disque, il s’est écoulé une douzaine d’années. Il y a eu aussi une première période durant laquelle je trouvais mauvais tout ce que je faisais, et quand on y repense, les premières chansons qui m’ont convaincu et que j’ai décidé de conserver, datent d’il y a à peu près sept ans, donc tu vois il a vraiment fallu un temps infini ! En définitive, ça fait bien 20 ans que j’espère avoir un jour quelque chose à dire, à raconter pour en faire un disque.
Tof : Honnêtement, comment peut-on encore avoir encore envie de se lancer dans la chanson, quand entend toute cette musique hyper- formatée? Tu ne t’es jamais dit : « Si je ne fais pas du rap ou du R’n’B, ou si je ne sors pas de la Star Ac, je vais avoir du mal à me faire entendre ? »
Cerino: Je vois ce que tu veux dire. Et bien en fait tout ça ne décourage pas de chanter. En revanche ça rajoute des doutes sur les possibilités de faire une carrière viable. Moi je suis convaincu que c’est très très dur aujourd’hui de vivre décemment de son travail quand on fait des choses qui sont moins formatées, et en même temps il y a des contre exemples. Regarde les très beaux succès de ces dernières années sur la nouvelle scène française. Bon au final c’est en train de devenir un nouveau format, certes ! Mais quand ça a débuté il y a tout de même eu de vraies audaces qui ont cartonné. Ca me redonne de l’espoir. Bien sûr c’est difficile, mais il y a toujours des possibilités d’émerger ! 
Tof : Dans cet opus, tu te livres vraiment, en ne faisant pas mystère de ton penchant pour les garçons. Chanter sans aucun compromis, ça n’a pas dû être évident tout de suite .
Cerino: C’est ça le truc ! Je pense que ce que j’écrivais a commencé à me convenir, seulement le jour où j’ai eu l’impression de m’y retrouver. Tu vois, mes premiers textes, je les ai écrit en me demandant sans arrêt : « Que faut-il écrire pour plaire ? » et en fait le résultat correspondait à ce que j’étais dans la vie, c’est-à-dire dans une période de « séduction », continuellement inquiet à l’idée de ne pas plaire. Après il y a eu une autre phase, où je me suis dit : « Ben voila, finalement je suis ce que je suis et ça plaira à qui ça plaira ! ». Du coup ça m’a forcément aidé dans ma démarche d’écriture.
Tof : Pourquoi avoir choisi le titre 1bis . ?
Cerino: On a fait il y a deux ans un concert à Lyon avec les compos qui n’étaient pas encore très arrangées, dans une veine un peu plus jazzy et moins pop. Comme on était au bord de commencer à démarcher et tout ça on s’est dit qu’en enregistrant du live ça nous ferait un outil de démarchage. L’exécution des titres était pas mal et donc du coup la prod a fait tirer quelques disques. On en a ainsi vendu 2000 exemplaires, sans distribution, simplement du bouche à oreille. Sur le disque qui sort actuellement on retrouve les 9 titres qui avaient été enregistrés live, mais cette fois avec de vrais arrangements pensés et réfléchis. Du coup j’ai décidé de l’appeler 1Bis car ce n’est pas exactement le tout premier, et ce n’est pas encore le deuxième [Sourire]
Tof : Peut-on dire que cet album fait office de journal intime ?
Cerino: Oui c’est vrai, c’est super introspectif. Et puis bon, je ne sais pas si on peut vraiment dire que le disque a une valeur de thérapie mais en tout cas il a effectivement coïncidé avec une phase de ma vie où j’étais en thérapie. Il exprime quelque chose de confident, et confessé parfois. J’ai par ailleurs d’autres chansons en réserve, à la limite du psychanalytique ! Quelque part il correspond à une quête de sa propre vérité, et finalement la découverte de soi.
Tof : Dans Le Blues du Riche tu parles de ton rapport à l’argent .
Cerino: Oui, parce que je suis issu d’une famille communiste. Alors évidemment c’est un communisme réformé qui a beaucoup souffert de la découverte des horreurs du communisme soviétique. Mais voilà, mon grand-père paternel était un mineur de fonds, c’était un syndicaliste qui s’est battu dans les grandes grèves et tout ça . Et on est une famille d’une tradition communiste, qui aujourd’hui a rejoint progressivement le camp du socialisme un peu plus pragmatique mais l’inspiration idéale et morale est toujours communiste. J’ai aujourd’hui encore du mal avec l’idée qu’il y ait des riches qui soient si riches. Il me semble qu’on vit dans une période où le rapport à l’argent est obscène. On en arrive au point où le gagnant de 50 000 euro à un jeu télévisé, affiche presque de la déception. Aujourd’hui on ne sait plus très bien ce qui peut nous satisfaire et ça ça me fait vraiment flipper !

Tof : On s’aperçoit aussi que les personnages féminins sont très présents .
Cerino: Oui j’ai été élevé dans un milieu de femmes, parce que dans ma famille, les occupations des hommes étaient plutôt le foot la pèche et la chasse, et moi j’étais déjà une petite fiotte qui jouait à la poupée, qui tricotait et qui crochetait ! [Rires] Je restais donc toujours avec les tantes. Le fait est que je me sens vraiment bien en compagnie féminine. Et puis j’ai eu longtemps des relations avec les nanas jusqu’à ce que je découvre que c’était pas mon truc. Il y a une chanson sur cet album, qui s’appelle La Berceuse à l’Etoile et que j’ai écrite à m’a meilleure amie, pour dire que c’est tout de même incroyable d’aimer tant quelqu’un sans que ne soit né un enfant ! C’est un peu une chanson sur un amour non productif . Et puis Polonaise, c’est plutôt lié à l’homme que j’ai aimé [Sourire]
Tof : Dis-moi, ton homosexualité t’a-t-elle posé problème à un moment ou à un autre ?
Cerino: Non je n’ai eu aucun problème avec ça dans le milieu des études où j’évoluais. Ensuite quand tu évolues dans la musique, ce n’est pas non plus une problématique. Du coup le seul truc qui m’était pénible c’était comment l’annoncer à mon père et à ma mère. Parce qu’il y a quand même eu un moment où j’avais l’impression que la planète entière le savait sauf eux deux. Finalement j’ai eu la chance de découvrir que j’avais un père et une mère magnifiques, donc ça s’est mieux passé encore que ce que j’espérais quand on en a parlé . Rends-toi compte : j’ai un père qui se lève et applaudit quand je chante Sentimental sur scène, précisément après que j’aie fini de beugler que je suis pédé. C’est un truc que j’aurais vraiment jamais imaginé ! [Rires]
Tof : Et parmi le public qui t’a découvert en première partie de Florence Foresti ou Michel Jonasz, y a-t-il eu des mauvaises réactions ?
Cerino: Et bien en tout cas, s’il y en a eu, elles ne me sont pas revenues aux oreilles . Personne ne s’est levé de son siège en criant « Aaaaaaaaargh ! Un pédé ! » Florence Foresti de son côté est super gay friendly, donc je ne risquais pas de me faire lyncher . Mêm en première partie de Michel Jonasz il y a deux ans, qui lui pourtant n’a pas spécialement un public gay friendly, j’ai eu de super bonnes expériences. A la fin de « Sentimental », où je répète à tout rompre : « Je suis pédé pédé pédé ! », le public, sans distinction, clamait des houras !. Non vraiment je crois que l’homosexualité n’est plus un problème public, mais ça reste en fait surtout un problème marketing. Tu vois c’est triste mais le milieu du disque est encore convaincu que l’homosexualité peut empêcher de vendre. Alors que tous les autres ont intégré le fait qu’il y a un consommateur gay et qu’il faut le séduire vraiment. Même mon label qui a accepté cette idée, m’a demandé à la toute dernière ligne droite si je ne voulais pas plutôt garder cette facette de ma personnalité pour le deuxième album.

Tof : Bon tes chansons parlent de garçons qui aiment des garçons, soit ! Mais ce n’est pas non plus l’essentiel de l’album. Et quand on y pense une fille peut aussi très bien s’approprier des chansons telles qu’ Un Jour Mon Prince où tu te languis de ne pas voir arriver l’homme de ta vie .
Cerino: [Sourire] Oui et ça c’était super joli par exemple . Un jour que je faisais la première partie de Jonasz, il y a une dame de 40 ans qui est venue me voir et qui m’a dit : « J’ai pleuré comme une madeleine, vous avez écrit la chanson qui est celle que je voudrais chanter. Voila ça fait des années que j’attends l’amoureux de ma vie . ». Et puis merde, ça fait bien des décennies qu’on est bien obligés de nous approprier les chansons des hétéros et que ça ne nous pose pas plus de problèmes que ça. L’inverse est possible aussi !
Tof : En tout cas je trouve que tu as choisi le bon angle pour parler de ce sujet, c’est-à-dire de manière naturelle, un peu à la Rufus Wainwright. Le portrait de l’homosexuel systématiquement malheureux et opprimé, c’est un peu lourd parfois !
Cerino: Mais la vérité c’est que je n’imaginais pas en parler autrement ! Tu vois, tout a commencé par l’écriture de Sentimental, une façon un peu légère et rigolote d’aborder l’homosexualité. Et puis en même temps je tenais absolument à montrer aussi un visage plus tendre avec d’autres chansons. Sinon je tombais dans le piège de l’image du pédé rigolo que les hétéros aiment bien, et ça ça me faisait chier. Un Jour Mon Prince est donc venu logiquement. Quand on regarde bien 1Bis ne comporte finalement que deux titres dans cette veine. Le reste parle d’états d’âme, qui sont parfois des états d’âmes sentimentaux, mais en tout cas tout à fait « universels ».
Tof : Et c’est quoi cette histoire de projet de duo amoureux avec Alain Chamfort ou Axel Bauer ?
Cerino: Non non c’est pas un projet c’est un rêve. En fait j’ai écrit un titre l’été dernier, comme une suite à Un jour mon prince. Déjà j’aimerais bien qu’ Un jour Mon Prince soit un jour diffusé, parce que c’est une chanson que j’aurais aimé entendre quand j’étais petit. Et après je me suis dit qu’il y a un truc qu’on n’a encore jamais entendu, c’est un duo d’amour entre deux hommes. J’ai écrit le titre et maintenant il faut trouver le partenaire ! J’adorerais le partager avec Alain Chamfort et je pense d’ailleurs qu’il aurait l’audace d’accepter. Ca pourrait en plus être très très chic. Après pour le côté sexy et rock j’ai aussi pensé à Axel. Je l’imagine bien dire « allez go on y va ! » Mais tu sais, si ça se trouve c’est un titre que je chanterai tout seul .

Tof : Quand on découvre ta page myspace, avec beaucoup de texte, on comprend que tu as un énorme besoin de te raconter .
Cerino: Ca c’est mon défaut majeur : Je suis super impudique ! Et je me demande toujours si je me raconte aussi facilement pour mieux cacher quelque chose, ou si c’est le contraire. Il faut savoir que je viens d’une famille latine, italienne et espagnole. Dans ces cultures là il n’y a pas vraiment de pudeur surtout en ce qui concerne l’affect. Je dois dire que j’ai été élevé comme ça et que même ça me gêne parfois.
Tof : Paradoxalement c’est aussi la culture latine enseigne qu’un homme ne doit pas pleurer .
Cerino:Ouais t’as raison . Alors j’ai dû être élevé comme une fille ! [Rires] Enfin voila, du coup je fais des efforts depuis quelques années pour être moins impudique, car je réalise que ça peut aussi embarrasser l’autre. Je me dis que cet album peut mettre certaines personnes mal à l’aise à cause du ton un peu trop confident qui y est employé. Certains n’ont pas toujours envie de voir quelqu’un débouler comme ça et déballer son intimité .
Tof : Venons-en à du concret, va-t-il y avoir un single et un clip ?
Cerino: Oui, on devrait faire un clip sur « Les Haricots Verts », le titre qui sera mis un peu en avant pour la promo de l’album. Mais il n’y aura pas de single proprement dit, en tant qu’objet.
Tof : Ah ! Et bizarrement c’est le seul titre pour lequel on ne trouve pas les paroles dans le livret.
Cerino: Et non ! C’est un choix délibéré de ma part . Je voulais vraiment qu’on n’ait rien d’autre à faire que l’écouter . Que ce soit un titre où on se dise : « merde on peut pas lire ! » Parce que je ne sais pas toi, mais moi quand j’écoute un album, je l’écoute juste comme ça de façon passive et après je me mets à lire le livret, et quand je lis, ben j’écoute moins ! Et puis il faut savoir qu’au départ je pensais en faire un hidden track . Je l’ai créé pendant les sessions d’enregistrement parce que j’adorais l’idée d’écrire en studio au bord de la console. Pour moi il était tellement hors format et intime que je ne l’imaginais pas autrement que caché, et puis la production et les musiciens qui l’ont entendu, ont tous trouvé que c’était dommage, donc je me suis incliné.

Tof : Je t’avoue que je ne l’ai pas comprise tout de suite. D’abord j’ai cru que tu parlais de la mort de quelqu’un, et puis finalement j’ai réalisé qu’il y était surtout question de la fin d’un amour .
Cerino: Oui en fait j’ai écrit ce titre après m’être fait largué par l’homme de ma vie. J’ai eu la chance de vivre l’histoire d’amour que j’avais rêvé vivre un jour et je me suis fait jeté. J’ai donc été initié par le même homme, d’une part au bonheur absolu, et de l’autre, à une souffrance dont je ne soupçonnais même pas l’existence. D’où une période pendant laquelle je me retrouvais pris par les larmes à peu près partout et n’importe où, dans des endroits où normalement on ne pleure pas. Evidemment une boîte de haricots verts ça ne fait pas pleurer ! Et t’es là comme un con et ça monte, sans que tu puisses arrêter les larmes.
Tof : Pourquoi avoir choisi ce titre pour un premier clip, et pas justement Un Jour mon Prince, forcément plus impliquant ?
Cerino: Le label s’est en fait posé la question de savoir quel titre était le plus à même de faire un premier single. Au départ il avait plutôt choisi Les ailes des anges, probablement plus accessible. Et puis suite aux réactions enthousiastes des personnes qui ont écouté l’album, ils se sont dit « Tiens, peut-être les Haricots verts ». A vrai dire, il s’agit de la chanson qui touche ou surprend le plus. Ensuite je suis assez d’accord avec la prod, pour ne pas être immédiatement identifié par des titres comme Un Jour Mon Prince , ou encore Sentimental parce que ok je parle du fait que je suis gay, mais ce n’est pas non plus la chose la plus intéressante que j’ai à raconter.
Tof : En écoutant l’album, j’ai eu l’impression qu’il avait été pensé par la BO d’un film, avec une naissance au début, une progression au milieu et en conclusion donc, la fin d’un amour . Bref j’ai trouvé des références cinématographiques dès le titre Ecrire, qui évoque les arrangements d’Angelo Badalamenti sur la BO de Twin Peaks .
Cerino: Bravooo tu as gagné ! Oui ça c’est très volontaire . L’homme que j’ai aimé, dont je parle aussi bien dans Ecrire que dans Les Haricots Verts, était complètement dingue de Twin Peaks et de sa BO, donc c’est génial que ça t’ait semblé perceptible. Et c’est vrai que quelque part j’aime peut-être encore plus le cinéma que la musique. J’ai donc donné des consignes en ce sens, aux deux réalisateurs qui ont écrit les arrangements. Je voulais quelque chose qui doit le plus près possible de l’ambiance du Road Movie, quelque chose de l’ordre du cinéma lent. Les guitares viennent souvent du Road Movie, par exemple .

Tof : Oui alors justement, celles qui apparaissent sur Les ailes des anges font tout de même pas mal penser au légendaire Solsbury Hill de Peter Gabriel !
Cerino: [Rires] Ah, Ah ! Mais parfait ! En tout cas on dirait que tu connais l’album par cour . En fait j’ai écrit ce titre à un moment où j’écoutais beaucoup Peter Gabriel, et aussi Zazie, qui est juste fanatique de ce mec là, donc c’est sûr qu’il y a une influence consciente. Au niveau de l’arrangement on s’est même posé la question avec un des deux réalisateurs, de savoir si ça ne faisait pas trop penser aux premiers Peter Gabriel justement . En même temps ça fait très prétentieux d’imaginer qu’on ait cherché à se rapprocher de ça parce que bien évidemment on en sera toujours loin !
Tof : Raconte-moi un peu comment se passe le processus d’écriture chez toi . Tu as des images qui t’arrivent ou c’est la mélodie qui arrive d’abord ?
Cerino: Le truc c’est que je suis super lent à écrire un titre. Quand c’est enclenché, il arrive dans la journée, mais en amont j’y pense parfois pendant six mois ! Je cherche d’abord le sujet et surtout l’angle par lequel je vais l’aborder. En gros je fonctionne plus à l’idée, autour de laquelle je tourne pendant longtemps. Ensuite quelques bribes d’images ou de petites phrases commencent à arriver et c’est seulement quand j’ai cette petite structure assez vague que je me mets à la guitare ou au piano. En général à ce stade, la mélodie appelle les mots et vice et versa. En ce moment je suis content parce que j’ai un album d’avance, mais en même temps ce rythme quasi-souchonnien, de 4 chansons par an, ça me fait flipper grave !
Tof : Revenons à Un Jour Mon Prince, qui décidément est un titre qui m’a beaucoup plu. Tu sembles l’imaginer plutôt en province on dirait .
Cerino: C’est génial que tu me fasses remarquer ça car je ne m’en étais moi-même pas rendu compte ! En fait j’ai écrit ce titre plus en pensant à l’imagerie du prince charmant médiéval, campagnard, avec un château au milieu de la cambrousse et tout et tout. Et c’est vrai qu’en gros je crois aussi que c’est plus difficile de trouver un mari à Paris, ne serait-ce que parce qu’en province tu as la possibilité de rester plus longtemps avec la même personne pour construire quelque chose. A Paris on a tendance à se zapper plus facilement, ce qui fait que construire une histoire est sûrement plus compliqué.

Tof : Tu cultives quand même une certaine ambigüité sexe/ sentiment. J’ai noté par exemple la phrase « Tu m’avais si bien travaillé, tant convaincu » dans Vanité [Rires]
Cerino: Oui oui ! Sur scène il y a un autre registre que j’adore explorer, encore une fois parce que j’ai été élevé dans ce genre de contexte, c’est la chanson presque paillarde. J’aime vraiment ça, et les chansons très drôles qui parlent de cul sans en parler vraiment, avec un minimum de savoir faire bien entendu. Le fait est que j’adore les chansons extrêmement tristes et super plombantes, puis jouer sur la rupture et passer à une chanson qui parle de cul de la manière la plus raffinée possible. Il se trouve que je suis à la fois rongé par le romantisme le plus cliché qui soit, et en même temps j’adore tout ce qui a rapport au sexe et au plaisir. Et puis sur scène qu’est-ce qu’on se marre ! Idéalement j’essaie de rendre à peu près ce qu’on retrouve par exemple dans Les Invasions Barbares. C’est-à-dire un truc à la fois tragique et en même temps tellement drôle !
Tof : Houla, j’espère qu’on va avoir vite la possibilité de juger sur pièces en concert ! Quels sont tes projets désormais ?
Cerino: Et bien l’Album est disponible sur VirginMega et chez les disquaires indépendants. Et puis je vais commencer une série de concerts à partir du 15 Mars prochain, en duo guitare-voix, puis au Sentier des Halles. Le clip des Haricots Verts, va lui débuter en Mars .
Merci Cerino, j’encourage tout le monde à venir t’applaudir avec une chaleur, une énergie et une générosité au moins proportionnelle à tout ce que tu donnes lors de tes prestations. Je suis pour ma part très heureux d’avoir découvert un artiste à l’aube d’une belle carrière, et de le faire connaître à nos internautes. Si les mots Libido, Amour, et Sensibilité vous font vibrer, c’est sur l’album de Cerino qu’il faut se ruer !
Découvrez toutes les infos sur Cerino en visitant son site officiel, myspace.com/christophecerino et myspace.com/christophecerino2
(au total 8 titres en écoute !)
L’album 1Bis de Cerino est en vente ICI, et chez les disquaires indépendants (Réseau Starter)
Découvrez aussi la Chronique de 1Bis ICI
Cerino sera en concert :
– Le 15 Mars 2007 au Casino de ¨Paris (« Babel »)
– Le 16 Mars 2007 au Casino de ¨Paris (« Babel »)
– Le 17 Mars 2007 au Casino de ¨Paris (« Babel »)
– Le 03 Avril 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 07 Avril 2007 à l’Archipel (duo Guitare Voix)
– Le 10 Avril 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 17 Avril 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 24 Avril 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 08 Mai 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 15 Mai 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 22 Mai 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)
– Le 29 Mai 2007 au Sentier des Halles (duo Guitare Voix)



