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Questions LGBT : des Cafs Sgolne pour discuter et dbattre, Paris, Toulouse et Toulon.



Questions LGBT :
des  Cafs Sgolne  pour discuter et dbattre, Paris, Toulouse et
Toulon.



Homosexualits Et Socialisme (HES)
contribue la campagne participative de Sgolne Royal en organisant des
 Cafs Sgolne  sur les questions LGBT. Inscrits dans la phase
d’coute de la candidate socialiste, ces cafs politiques sont ouverts toutes
celles et tous ceux qui sont intress-e-s par les sujets lis l’orientation
sexuelle et l’identit de genre. Leur compte-rendu rejoindra la somme des
synthses des dbats participatifs organiss par tous les comits de
campagne.



Compte-rendu du
 Caf Sgolne  du 20 janvier dernier Paris : http://www.hes-france.org/spip.php?article176


Invitation pour
le  Caf Sgolne  Toulouse le 3 fvrier :

http://www.hes-france.org/IMG/pdf/cafe_segolene_hes_3_fevrier_2007.pdf


Invitation pour
le  Caf Sgolne  Toulon le 6 fvrier :

http://www.hes-france.org/IMG/pdf/cafe_segolene_hes_06_fevrier_2007.pdf




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Cordialement,



Gilles
BON-MAURY.


http://www.hes-france.org/


 Compte-rendu du « Caf Sgolne » d’HES du 20 janvier 2007, Paris
20me


Dernire mise jour le 29 janvier 2007



Note du rdacteur Jol Le Deroff : les
interventions des participants sont groupes par thme, pour plus de visibilit.
Il y a donc des entorses l’ordre purement chronologique. Retrouvez les photos du
« Caf Sgolne » d’HES du 20 janvier 2007, Paris 20me.


INTRODUCTION


Alexandre Carelle, prsident d’Homosexualits
Et Socialisme (HES), introduit le dbat participatif en rappelant les
tapes de l’laboration du projet socialiste, de la campagne interne, et insiste
sur les propositions dfendues dans les motions signes par la candidate, puis
sur ses prises de positions rptes au cours de l’anne 2006 et dbut 2007.


Gilles Bon-Maury, modrateur du dbat,
en indique les rgles. Chacun doit pouvoir s’exprimer. Chaque intervention sera
donc limite 3 minutes, pour engager le dbat. Il rappelle le rle de ces
dbats dans la campagne de Sgolne Royal : l’enrichissement du projet
prsidentiel. Il rappelle galement les actions et dcisions prises par Sgolne
Royal en tant que ministre, et reprsente brivement les propositions du projet
socialiste et de la candidate sur les questions LGBT.


PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE (PMA)


Maria : Je suis totalement
d’accord avec les points du projet socialiste. Mais il y a des questions
importantes sur lequel il ne prcise pas tout. On n’a pas intgr un sujet cher
aux femmes, la PMA. Je voudrais qu’on en reparle. Il y a une hypocrisie norme
et relle aujourd’hui. Il y a des milliers d’enfants ns ainsi dans des cadres
familiaux o pourtant on n’a pas dans la loi le droit la PMA. De l’ordre de
120000  bbs thalys . Cela concerne aussi bien les
htrosexuels.


Jrme : Dans certains pays
partenaires europens, l’insmination existe, il faut trouver une rponse
politique. Mais il y a aussi la question de la place de l’enfant dans le systme
ducatif, et par rapport aux modles familiaux. Est-ce que c’est trop tt en
France pour la PMA si on considre qu’on n’a pas rgl les questions de
transparence pour enfants ns sous X, ou ceux de la reconnaissance des familles
homoparentales ? Il faut articuler tous ces problmes !


Thomas : La PMA comme forme de
maternit est un dbat universel. La contribution d’HES au Congrs PS du Mans
insistait sur le fait qu’il concerne tout le monde. Aujourd’hui ce n’est
autoris que pour les couples maris… Or cela concerne tous les couples. Pour
tous les couples y compris non maris. Quant la question de la maternit pour
autrui, on en est encore au dbut du dbat y compris parmi les associations
LGBT.


Louis-Georges, collectif IDAHO :
Je suis favorable la PMA et la maternit pour autrui, titre personnel.


Chantal, membre du PS : Sur la
PMA, les htros font n’importe quoi, il faut les arrter (rire). Aux
Etats-Unis, on choisit son pre par catalogue. Un systme contre rtribution…
En France, on pratique le don de gamte, sans vente ni argent, c’est un modle
meilleur ! J’ai vu dans un entrefilet que Sgolne Royal est prte ouvrir
le dbat. C’est bien, la situation actuelle ressemble beaucoup l’avortement
dans les annes 70. On prend le train pour le faire ! Il y a aussi la
question du droit de l’enfant ses origines.


Pascal : Sgolne Royal s’est
exprime sur la PMA. L’ide n’est pas de lier cela au mariage, d’ailleurs ce
n’tait pas dans le projet socialiste avec le mariage. C’est li la rvision
des lois biothique, en 2009. Donc il faut prparer et dmarrer tout de suite,
car c’est un combat de long terme.


MARIAGE, PACS ET PARENTALITE


Jean-Marcel : Le mariage, c’est
assez compliqu. C’est une trs bonne chose, ncessaire. Cependant, si on ne
prsente que cette revendication, les adversaires peuvent s’en emparer, et en
tirer des raisons de s’opposer Sgolne Royal. Donc on ne peut pas prsenter
que a. C’est certes attendu, mais si on ne prsente pas un ensemble, avec
l’amlioration du Pacs, le libre choix de la forme du couple, l’attention porte
la diversit, on risque de se laisser enfermer. Le mariage prsent seul peut
faire perdre des voix.


Cdric : Perdre des voix, c’est
possible. Ici nous sommes entre convaincus. Il faut rpondre toutes les
attentes, pour montrer que Sgolne Royal satisfait tout le monde.


Jean-Franois : Il ne faut pas
tre honteux. Certaines personnes ne seront jamais convaincues. Il y a des
personnes qui certes ne voteront pas pour cette proposition, mais certainement
elles n’auraient sans doute pas vot pour la candidate.


Maria : Il faut argumenter en
donnant la preuve, la capacit de comprendre que la question du mariage n’est
pas que le mariage. Le Pacs est utilis 90% par des htrosexuels. Il faut des
formes diffrentes et ouvertes de conjugalit. Il faut montrer que nous nous
battons pour la libert de choix et des droits gaux.


Georges, membre du PS et de l’association
Warning ! : Il ne faut surtout pas oublier le Pacs
(succession…). On est tous OK pour le mariage, mais on veut ragir sur le
Pacs, car tout le monde ne veut pas se marier.


Chantal, membre du PS : D’accord
pour l’ouverture du mariage sans oublier l’amlioration du Pacs. Cependant des
mariages comme ceux de Bgles ou celui organis Notre-Dame par ActUp font du
tort cette revendication. Et puis combien de dputs PS seront l pour voter
cette loi ? Quel risque y a-t-il de reproduire le rat du PACS en
1999 ? Pour les municipales, les diles PS font-ils campagne l-dessus, en
disant qu’ils marieront des couples homosexuels en mairie ? Mais
l’ouverture du mariage ce serait vraiment trs bien. Dans le mariage, le mari
est suppos tre le pre. Maintenant avec l’ouverture de possibilits pour les
lesbiennes (mariage et PMA, ndlr), a ferait sauter cela.


Maud, membre du PS : Le PACS, le
mariage, les enfants : il faut tout aborder sous l’angle de la
reconnaissance du couple homosexuel. Mme la PMA car les couples qui
biologiquement ne peuvent avoir d’enfants sont galit, globalement, les
couples htrosexuels comme les homosexuels. Il faut tout aborder de cette faon
large. La rforme Pacs, a doit tre fond, pour tous. Le mariage doit tre
rform aussi, car c’est galre sur certains points.


Jean-Claude : Je me rappelle
l’poque o il y avait des polmiques pro- contre anti-mariage parmi les
associations LGBT. En fait il faut la libert de chacun d’avoir la forme de vie
qui lui convient. Plutt que de craindre de perdre des voix, il faut mettre
l’accent sur deux mots clefs : la libert et l’galit. Sortir de la norme
obligatoire. Il y a des formes de couples et de familles. L’galit, elle ne se
partage pas en morceaux, elle doit tre relle et totale.


Guy : La revendication du
mariage, il y a un symbole, pour moi, a n’a pas en soi beaucoup de valeur.
L’amlioration du Pacs, a comporte des droits clairs, qui importent beaucoup.
Il y a donc un problme de priorit.


Christine : Je rebondis sur ce
que dit Guy. Il ne faut pas se poser trop de questions. Le mariage doit tre
ouvert, on a le droit d’avoir le choix. Les deux rformes doivent se faire en
parallle, pour que chacun ait le choix entre les 3 formes de conjugalit (avec
l’union libre). L’galit est l’gal accs aux trois formules, avec une vraie
amlioration du Pacs.


Georges : En mme temps que l’on
vote le mariage, il faudrait largir les droits du Pacs, cela doit aller
ensemble. L’un aidera l’autre alors. La symbolique d’une part pour l’galit,
mais en rflchissant vraiment sur la famille et le couple. Il ne faut pas avoir
l’air ponctuel et clientliste.


Arnaud : Les avocats de Sarkozy
disent qu’ils ne veulent pas se marier, donc que le mariage serait un symbole
inutile. Mais le symbole a un poids. Le Pacs n’est qu’un contrat. Sur le Pacs,
j’ai peur qu’en l’amliorant trop, en apportant trop de devoirs, et donc en
contrepartie de droits, on en fasse un mariage homo. Mais dans le systme actuel
o les homosexuels sont exclus du mariage, ce sera intressant si la droite
garde le pouvoir et que le mariage ne peut avancer. Mais pour le moment, nous
pouvons dfendre le mariage avant tout.


Georges : Aujourd’hui la
dynamique du Pacs est connue, on n’attaquera plus cela aussi facilement. La
droite avait dnonc un  monstre juridique . La ralit a limit la
probabilit d’une remise en cause.


Louis-Georges, Collectif IDAHO :
Pour la terminologie, il faut viter de parler seulement d’adoption. C’est vcu
comme une sous-filiation pour  ceux qui ne peuvent pas . Donc c’est
partir battus. Il faut utiliser le terme homoparentalit. Tactiquement a change
beaucoup. Les connotations de  adoption  sont pjoratives.


Christine Frey, Dsirs d’Avenir :
Il est encore possible d’obtenir une chose dans le cadre du Pacs : qu’il
soit prononc en mairie et pas au tribunal. Par ailleurs, je ne suis pas gne
que le Pacs soit mis niveau avec le mariage au niveau des droits. Il restera
une diffrence fondamentale : le divorce. Le Pacs restera contractuel, une
forme de conjugalit trs moderne. Il n’y aura pas de procdure judiciaire. Il
n’y aura pas non plus une obligation, le devoir de fidlit, qui correspond la
prsomption de paternit qui existe dans le mariage, a ne doit pas passer dans
le Pacs.


Par ailleurs, en rponse Louis-Georges, entre homoparentalit et
adoption il y a une diffrence. L’adoption est une procdure juridique et
l’homoparentalit une situation vcue. L’adoption est une solution aux questions
poses par les situations vcues. Et ce n’est pas seulement pour adopter
l’tranger, c’est aussi la possibilit pour le second parent d’tre reconnu
comme tel. C’est donc fondamental et on peut utiliser ce mot.


Pascal : Un autre aspect, c’est
qu’il y a l’quivalence des droits, mais aussi le symbole. Il y a aussi le souci
de conformit, qui compte beaucoup dans le choix du mariage pour les
htrosexuels. Les homosexuels qui souhaitent cette conformit y ont galement
le droit. Pour aider leur acceptation par l’entourage, a peut aider ? Ce
n’est pas seulement l’ide d’un symbole lev, mais plutt un moyen
d’assimilation au quotidien.


Gilles, membre d’HES et du PS :
Je suis pacs avec un espagnol, ce qui manque au pacs ce sont les effets du
mariage qui n’existent pas dans le pacs : la pension de rversion, la
succession, la possibilit d’obtenir nationalit franaise.


Guy : Je comprends cela. Il faut
laisser aussi une place au dsir de non conformit.


Olivier : Je ne suis pas LGBT. Je
ne suis pas oppos pouvoir largir les droits du Pacs pour que chacun puisse
en bnficier, pour l’adoption. En revanche, sur les discriminations, j’ai mon
cas personnel de vie avec une Zaroise, une vie maritale la mme adresse
depuis un an. On a eu un refus de renouvellement titre de sjour notifi par
crit. Aujourd’hui nous sommes la veille des lections, avec Sarkozy ministre,
c’est logique que a stagne. Le plus logique serait d’affirmer le droit au
sjour pour les personnes pacses, ventuellement … Ce n’est pas normal de
devoir apporter des justifications trs lourdes pour un titre de sjour.
L’adoption doit tre un droit de la mme faon.


LUTTE CONTRE LE SIDA


Georges : Il y a une inquitude
sur la faible importance de la lutte contre le SIDA. Il y a eu une baisse norme
des financements sous ce gouvernement. Des associations ont mis la clef sous le
paillasson. Il y a de trs graves problmes de sant, influencs par la
msestime de soi, l’homophobie… Et on cerne bien ces causes aujourd’hui. Il
faut le mettre en avant.


Maud, membre du PS : Il y a trop
de discours aberrants. Par exemple en Lorraine il y a des suppressions de fonds
pour la prvention car l’pidmie n’est  pas assez prsente . Mais
c’est justement d la qualit de la prvention !


Jean-Marie : Il y a aussi la
question de la sant en prison. Il faut faire en gnral une prvention cible,
notamment pour les jeunes. Il y a un programme mener pour les jeunes LGBT,
mais aussi htros.


Jean-Pascal, membre du PS et ancien
d’AIDES : On parle beaucoup du sida, mais on ne fait pas assez.
J’ai ici un projet de note de synthse sur le sida et la population LGBT mais je
ne veux pas tout lire (rires). Il faut agir pour l’volution des mentalits, en
favorisant le dvoilement de la sropositivit. Il faut une galit dans l’accs
aux soins, et la situation sociale des personnes LGBT sropositives. Il faut
dvelopper la prvention des risques pour les jeunes gays et bisexuel-le-s, et
rompre les tabous lis la sexualit LGBT sropositive. Il faut dvelopper les
moyens de lutte contre le sida dans le monde. Il faut certes prioriser les
sujets dans la campagne, mais sans oublier tout a.


Philippe : Sur les prisons, on a
voulu au sein de Dsirs d’Avenir avoir un dbat sur la cration d’une cellule au
sein du ministre de la justice, pour les prisons. C’tait un peu coup des 4
thmes choisis ce moment l pour l’organisation des dbats, mais c’est une
question trs pertinente aujourd’hui : la sexualit en prison. Ca
appartient une rflexion socitale et de sant.


Marco, membre d’HES : Sur les
questions d’amlioration de la sant : tous les travaux montrent que cela
est aujourd’hui dgrad pour le sida. Sgolne Royal doit employer le thme
 sropositivit  qui doit tre dans le dbat.


LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS LGBT


Maud, membre du PS : Il y a
aujourd’hui une faon d’aborder la question de la lutte contre les
discriminations, et les questions LGBT. On ne fera pas passer le discours comme
a, car ce sont aussi des questions socitales pour tous aujourd’hui en
France.


Louis-Georges, Collectif IDAHO :
On parle beaucoup de discrimination, pas assez de stigmatisation. Je rejoins
Jean-Marie sur le suicide : il y a beaucoup de stigmatisation, de manque
d’estime de soi. Il faut des actions fortes : par l’ducation. Zapatero a
beaucoup fait pour l’ducation la diversit en gnrale.


Ca doit tre un enjeu de scolarit. Il faut pour les gens de la
lgitimit, et non seulement de la lgalit.


Laura : Une question de tactique
politique : entre nous on est tous en terrain connu, mais autour de nous la
grande majorit ne connat pas nos questions. Ils ne savent pas ce que c’est. En
5 minutes avec moi et mes enfants, le potentiel d’ignorance et donc de haine
fond compltement. Passer par les jeunes et l’ducation, c’est ce qui est trs
important dans le projet de Sgolne Royal. Il y a eu une exprience au
Canada : avant le vote aux Communes (Parlement), il y a eu un film avec la
parole donne des enfants de personnes LGBT…


Ca a suffi faire tomber les tabous parmi les parlementaires.
Montrer les enfants, a montre ce qu’il y a derrire, en montrant des enfants
duqus comme tout le monde. Il n’y a pas de peur avoir. Il faut faire la mme
chose en France, faire tmoigner, ce serait prcieux. Dans mon cas : je
vois mes enfants, qui ont compris mon parcours. La bataille maintenant ce sont
les ides qu’ils ramnent de l’cole, l’homophobie et la mconnaissance des
enfants et des parents. J’duque mes enfants et a compte dans l’ducation des
autres.


EDUCATION NATIONALE


Giovanni : Une question pour les
ados, les jeunes, les adultes. Il faut donner des images identificatoires. J’ai
un copain Amsterdam, l-bas l’ducation nationale s’ouvre aux associations qui
peuvent intervenir dans le cursus ducatif. Dont les associations LGBT. Ils
peuvent dire que a existe et comment a fonctionne. On vise cette ouverture de
la part de Sgolne Royal. Une ouverture aux associations qui peuvent prsenter
toutes les questions de diffrences. Il y a aussi dedans les questions
d’anorexie, des choses trs diverses. C’est s’attaquer aux racines.


Georges : Les associations LGBT
au niveau scolaire, ce serait bien. Mais, part le rseau national des
associations laques, le rseau le plus puissant est le rseau national des
associations catholiques. Elles sont agres, mais ce qu’on y dit… Ce serait
trs dangereux de donner un cadre gnral aux associations, qui leur permettrait
d’tendre leur influence. Mais il faut voir ce qu’ont peut faire, par exemple
dans les IUFM… Obtenir des agrments. Ce qu’on peut attendre du gouvernement
de gauche est que des associations puissent tre reconnues dans cette
dmarche.


Jean-Franois : Sur la question
de l’ducation, il faudrait rflchir aux modalits selon lesquelles on peut
intervenir dans les tablissements scolaires pour promouvoir la
non-discrimination. Effectivement les associations dans les tablissements,
c’est double tranchant. Un exemple de solution, c’est d’en parler dans les
cours d’ducation civique… Ca pourrait tre alors trs profitable. Il faut se
saisir de ces questions de socit.


Guy : Je poursuis sur l’appel
la prudence. Je travaille dans l’ducation et la sant. Une prudence identique
devrait tre de mise pour l’ducation.


Philippe : Il y a des expriences
en Europe du Nord. En Hollande, Danemark, Sude. Il faut aller voir ailleurs ce
qui s’y passe.


Giovanni : On peut s’inspirer de
ces modles nordiques. La question de l’agrment des associations, ce n’est pas
trs dur, il faut le demander aux autorits scolaires, c’est une procdure qui
existe. C’est vrai qu’il y a des associations catholiques, cependant le risque
n’est pas vident faire intervenir des associations gaies. Des associations
multiples sont concernes (handicap…). C’est bon dans notre milieu ducatif
assez ferm.


Giovanni : Encore sur
l’ducation, il y a l’honntet dans les programmes scolaires. Je n’ai jamais
entendu parler pendant ma scolarit d’homosexualit, mme sur Lonard de Vinci,
ou Rimbaud et Verlaine… Il y a une exigence d’honntet. Par exemple un prof
de seconde, qui nous lisait avec les textes intgraux, et pas seulement les
coupures du Lagarde et Michard. A part a, l’homosexualit, je l’ai vcue comme
si j’tais un OVNI, et changer cela l’cole, cela peut beaucoup aider.


Pascale : Il faudrait presque
demander un cours spcial, une discipline de vie civique, d’humanisme. Encore
faut-il savoir avec quels profs, quelles qualits… Mais a vaut la peine de
distinguer a.


Georges : Ce n’est pas un
problme de texte. On a les textes (lgislatifs). Le nombre de textes au BO sur
le respect des diffrences est norme. Tout est possible avec ces textes. Dans
les programmes officiels mme, on peut introduire beaucoup de thmatiques. Par
exemple en 3me et Terminale, sur la seconde guerre mondiale, la question de la
dportation homosexuelle est aborde par beaucoup d’enseignants.


La formation est fondamentale. Avant d’accuser de malhonntet, il
y a le problme de la formation. Les efforts n’ont pas suffi sous Jospin, c’est
carrment en recul dsormais. Donc, il n’y a peut-tre pas besoin de faire
quelque chose de spcifique LGBT, mais il faut l’intgrer dans les programmes
comme cela existe dans la vie et la ralit. L’homosexualit est une ralit de
la sexualit et de l’humain. Il n’y a pas se justifier. C’est normal. Pour
cela il faudra une volont, au niveau du ministre, de crer une quipe pour
travailler l dessus. Le chantier d’application est norme. Il faudra un
engagement formel de Sgolne Royal, que le ministre s’engage crer une quipe
qui travaille rellement ce que a passe au niveau de la formation, que les
recteurs nomms soient prts appliquer. Il y a beaucoup de blocage ce
niveau. Et du soutien aux profs, aux jeunes surtout.


Catherine, membre d’HES :
L’homosexualit serait davantage considre comme normale si dans les
programmes, comme avec les romans tudis en franais… elle se voyait.


Jean-Franois : Il y a du progrs
effectivement depuis les coupures du Lagarde et Michard. Par exemple les
extraits de Corydon de Gide, en franais. Je suis prof de franais. Mais bien
sr on ne va pas obliger les profs tudier tel ou tel texte. Sans doute
consacrer une part de l’enseignement la non-discrimination. Dans tous les
cours : l’histoire… L’importance d’introduire ce genre de thmatique,
elles doivent tre admises pleinement. Mais cela doit vraiment tre mis en place
de manire ce que la pratique se rpande effectivement.


Maud, membre du PS : Il y a les
 thmatiques transversales  qui existent. Ca ne sert qu’ des choses
tristes comme le suicide. C’est beau de faire des cours de questions de socit,
de droit international… Mais les  thmatiques transversales  a
permet de ne pas trop charger l’emploi du temps avec de nouvelles matires. La
difficult pour les profs, ce n’est pas qu’une question de bonne volont, il y a
une difficult relle, il faut tre fort sur la formation. Par exemple un prof
qui n’est pas compris quand il utilise le mot  pnis . C’est
possible de faire du travail avec cet outil des  thmatiques , qu’on
utilise trop sur des sujets trs ngatifs. Ca changerait.


Jean-Marie : Au niveau de
l’ducation nationale, il y a une rflexion relle. C’est intressant aussi de
faire du programmatique avec le respect des diffrences. Les situations sont
difficiles avec les enfants dans le secondaire notamment. Il faut savoir les
aider pour passer de l’vnementiel l’ducatif. C’est vraiment important donc
d’avoir quand mme un capital d’heures consacres. Le problme c’est aussi la
formation dans les IUFM, qui est sur le mode du volontariat.


Giovanni : Bien sr qu’on ne va
pas imposer de parler de Corydon ou de sexualit. Mais faire l’impasse sur la
dportation en histoire, par exemple, c’est vraiment intolrable. Donc il y a
quand mme des programmes blinder sur certaines questions.


INTERNATIONAL


Louis-Georges, Collectif IDAHO :
Notre collectif IDAHO avance 4 propositions : reconnatre l’IDAHO (journe
internationale contre l’homophobie) par la France, simplifier le droit d’asile,
prendre en compte la lutte contre l’homophobie dans les relations diplomatiques,
sur l’exemple des piliers de la politique internationale du gouvernement
Zapatero, et soutenir notre rsolution au Conseil des Droits de l’Homme de
l’ONU, pour la dpnalisation universelle de l’homosexualit.


Maud, membre du PS : En Europe,
il faut faire attention. En France on n’a pas certains droits, en Espagne si. Il
y a des couples mixtes, avec des problmes normes. Agir dans le monde ce serait
mieux, mais en Europe dj pour commencer, car on y a une force d’action.


Alexandre Carelle, prsident
d’HES : Certains pays, l’est notamment, ont des gouvernements
trs conservateurs. Il y a des dbats au Parlement Europen, avec des groupes
parfois pas seulement lis aux familles politiques. Beaucoup dpend des
situations nationales. On doit jouer en terme de modle de socit europenne
ouverte, de liberts publiques. Il y a aussi la valeur de la lacit. La France
est un des rares pays avec ce modle de pense politique. L’ide selon laquelle
toute valeur vient de la religion fait peur. Rappelez-vous la remarque de
Sarkozy pendant les meutes de novembre 2005 :  parce que la religion
n’est plus assez prsente dans les banlieues . C’est vraiment une
opposition aujourd’hui entre droite et gauche en France et en Europe. Il faut
avancer guids par l’galit et l’universalit, et la lacit !


Hugues Drappier, ARDHIS : Se
marier quand on vient d’un pays homophobe, c’est dur. Dj le Pacs. Il y a des
pays avec lesquels il y a des accords : le mariage binational est possible
seulement s’il est reconnu par les deux pays. La rengociation de tels traits
serait dure. Par exemple avec le Maroc.


DROIT D’ASILE


Hugues Drappier, ARDHIS :
L’ARDHIS est l’association pour la reconnaissance des droits des personnes
homosexuelles et transsexuelles l’immigration et au sjour. Le cas des
demandeurs d’asile politique est particulier quand ils demandent l’asile pour
discriminations pour cause d’orientation sexuelle. Les gens viennent de pays o
il y a des tabous, et ils se sentent coupables de leur propre situation. Il
existe une difficult formuler oralement son homosexualit. Il faudrait en
prendre conscience.


Marco, membre d’HES : Pour les
personnes trangres en France, cela devient de plus en plus difficile. C’est
trs important de revendiquer plus de facilit pour l’accs au droit d’asile
pour des personnes victimes de l’homophobie dans les pays d’origine. Il y a des
pays encore trs homophobes. Ou trs religieux dont catholiques, et cela est un
problme pour les LGBT. D’o la demande que l’asile soit ouvert aux personnes
LGBT, et qu’il y ait reconnaissance de l’IDAHO (journe mondiale contre
l’homophobie). La France doit affirmer des valeurs universelles.


ANTILLES ET DOM


Louis-Georges, prsident de An Nou All, et
David de la mme association : Marlne Lanoix et Jules Otto,
premiers secrtaires fdraux du PS en Martinique et en Guadeloupe, Raymond
Occolier, maire PS du Vauclin et conseiller rgional de Martinique, ont
plusieurs reprises, ces derniers mois, fait des dclarations homophobes.


Ils font rfrence des valeurs chrtiennes et religieuses
intgristes peu compatibles avec la lacit rpublicaine et les engagements de
Sgolne Royal. Comment la candidate compte-t-elle se saisir de cette situation
difficilement comprhensible pour les personnes LBT dans ces rgions, la
veille de son dplacement la Martinique ?


(distribution de documents rappelant les faits)


Christine Frey : (lecture de la
rponse envoye par Sgolne Royal An Nou All, date du 19 dcembre)


Xavier, membre d’An Nou All et du
PS : J’ai vot pour Sgolne Royal lors des primaires. Il faut
arrter d’accuser de  faire le jeu de Sarkozy  chaque intervention
critique.


Il y a un rel sentiment, et une ralit, d’un dcrochement dans
la politique territoriale pour les rgions d’outre-mer.


Le dbat est dcentr vers des thmatiques pourries avec ce
gouvernement. Un enjeu de la campagne est de remettre un sens et des valeurs
dans la solidarit et l’galit. La mthode employe pendant ce dbat pour
alerter sur ce problme a t choisie parce qu’il y a une rflexion mener et
faire remonter dans la campagne, sur la faon de grer des enclaves de
 droit relatif . Les DOM, comme les cits. Il ne faut pas voir la
France comme une segmentation territoriale…


Pourquoi des comportements qu’on ne tolre pas dans le reste du
pays seraient admis dans certaines zones du territoire ?


Sur la solidarit, ce qui est vrai pour Fort-de-France est vrai
galement dans des cas plus compliqus comme la Nouvelle-Caldonie. La question
de l’ouverture du Pacs dans ces territoires statut particulier… Il faut
interroger le moule institutionnel, qui justifie des diffrences de droits, et
ne plus y oublier l’exigence d’galit. Il ne faut pas lgitimer les diffrences
de traitement.


CAMPAGNE DE LA CANDIDATE


Philippe, Dsirs d’avenir dans le XXme
arrondissement : Je suis intress par l’action de campagne sur le
terrain. Ce matin, nous avions une runion, une conseillre de la candidate a
prcis que Sgolne Royal finaliserait la phase participative fin janvier. Je
suis prsent en curieux pour savoir ce qui est prvu sur le terrain par HES.


Gilles : HES est et sera prsente
Paris, en province, par des meetings, des tractages, et sur internet. HES
s’investit dans la campagne de Sgolne Royal, en contact avec son quipe. Le
compte rendu de ce dbat sera dans la somme des dbats nourrissant le
projet.


Gary : Je suis amricain, et
j’essaie de comprendre le systme politique et la culture franaise. J’enseigne
le droit constitutionnel. La campagne participative est une chose trs idaliste
cause de la courte dure qui reste pour la campagne. Mais c’est sans doute une
bonne ide.


Christine Frey : L’important dans
les engagements de Sgolne Royal, c’est aussi qu’il y a deux niveaux
d’engagements : des droits (mariage, adoption, terme une rvaluation de
la loi biothique sur la PMA), et une faon d’y arriver, sans conduire des
dbats stigmatisant. Il y a des droits, et des engagements pour les faire.


Lors du vote du PACS et de ses rats, il y a aussi eu de la
violence, dgradante, l’poque. Il y a eu des consquences sur
l’intriorisation et l’estime de soi des personnes. Bien sr, en 2007 aussi a
va tre dur, les adversaires n’ont pas chang, mme si maintenant il y a des
lois pour lutter contre l’homophobie. Mais il ne faut pas, jamais oublier la
lutte contre homophobie, ds l’cole. C’est trs important et primordial.


Eric, membre d’HES : Les
interventions sont trs riches dans l’ensemble. Il y a des points sur lesquels
il y a discussion, mais l’essentiel c’est que nous sommes d’accord pour le mme
accs de tous la libert et l’galit. Comment HES va consolider tout cela
pour ne pas transmettre seulement une compilation de questions la
candidate ? Comment faire accepter des messages de faon progressive ?
La priorit maintenant c’est d’avoir le maximum de voix pour Sgolne. Ensuite
il faudra de la conviction pour faire passer les mesures d’galit et de
libert. Comment faire remonter, au niveau de la mthode ?


Gilles Bon-Maury : HES, partir
du verbatim, fera rapidement circuler un document. Il ne sera pas aussi dtaill
et synthtique que les rponses prcises que la candidate a apport plusieurs
reprises des questions prcises formules par des associations, comme en
novembre pour HES, ou rcemment pour l’Autre Cercle et l’Inter-LGBT.


Notre verbatim, lui, mettra en exergue des sujets sur lesquels il
existe un besoin de s’exprimer, des priorits. On couche sur le papier la faon
dont les sujets sont abords. Cela ne remet pas en cause le projet socialiste,
mais a donne des informations sur la chair mettre autour du squelette du
projet. Avec des choses qui concernent moins des changements lgislatifs. Pas
besoin de provoquer une loi par exemple pour l’cole.


SUJETS GENERAUX


Chantal : Libert, galit. Il y
a aussi fraternit. Entre homos et htros. On peut avoir une nice, un cousin,
un frre homosexuel… Les homos c’est une minorit. Mais avec les bi et les
trans, avec ceux qui refusent les catgories, avec ceux qui en changent… Ca
fait presque une majorit. Donc, volution du mariage, de la famille. Accs la
PMA… C’est trs important de dire que ce sont des questions universelles avant
d’tre LGBT. La valeur fraternit est donc mettre en avant tout durant cette
lection !! (applaudissements)


Jean-Pascal : Nous sommes en
priode de campagne. Je suis n 6 mai, le jour du second tour. N’oublions pas,
le Pacs est l’ouvre du PS. En 1999, la France tait en avance avec le PACS. En
2007, on a largement perdu cette avance. Sgolne Royal n’a pas encore gagn la
majorit des suffrages LGBT aujourd’hui, et c’est l-dessus qu’il faut se
mobiliser aujourd’hui. Ce sera un moyen de la victoire que j’aurai pour mon
anniversaire, le 6 mai !


Roxane : Je suis fministe de
longue date. Les femmes ont une responsabilit dans l’histoire, mais nous sommes
invisibles. Les mentalits changent lentement. Aujourd’hui ; tre femme,
fministe, lesbienne, franaise issue de l’migration… Une triple
invisibilit ! Voici des sujets pour attirer l’attention sur l’importance
de l’ducation ! Mais aussi sur la visibilit des femmes qui sont la moiti
de l’humanit. S’il avait fallu commencer par une question de principe, ‘aurait
t le respect des droits fondamentaux, et tout particulirement parmi les
militants PS, car il n’est pas possible d’accepter des carts ce principe. Le
combat commence aussi dans nos sections !


CONCLUSION


Alexandre Carelle : La mthode
Sgolne Royal sur les questions LGBT, c’est le respect, une faon de faire qui
ne choque pas, ni dans un sens ni dans l’autre.


Je me rappelle notre discussion avec elle en fvrier
dernier : elle voyait le concret, et la manire d’aborder les Franais avec
leurs a priori et mconnaissances.


Il lui fallait des mots, des vocables immdiatement
comprhensibles et intgrables dans un discours universel. Il y a aussi les
actes qui ont t les siens au cours de son activit politique (dialogue avec
l’APGL, facilitation de la dlgation d’autorit parentale notamment).


Elle attache aussi de l’importance la manire dont les choses se
sont dveloppes ailleurs. Elle nous a demand des lments de discours,
notamment une phrase Zapatero aux Cortes, dans laquelle il dit qu’on ne fait pas
la loi pour telle ou telle communaut, mais pour augmenter les chances de
bonheur de nos voisins, de nos collgues, de nos amis. Cela s’intgre au jeu des
valeurs.


Avec elle il est possible de changer la politique par des voies
concrtes pour l’adoption par les homosexuels, le mariage…


Cela passe par l’accentuation de l’ducation civique dans les
collges, les lyces, mais aussi par un enseignement plus concret et sincre
dans les livres d’histoire, par le soutien de l’Etat aux associations, beaucoup
plus qu’aujourd’hui, et par des heures d’enseignement consacres aux
discriminations. Contre toutes les discriminations.


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