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Karim, sans-papiers, homo, risque toujours d’être expulsé

Le 12 décembre dernier, sur le Parvis des droits de l’Homme de Bordeaux, l’avocat de Karim (prénom modifié à la demande de l’intéressé), un jeune algérien homosexuel, et plusieurs organisations locales avaient organisé un parrainage républicain du lycéen, par Matthieu Rouveyre, conseiller municipal de Bordeaux et président de la Lesbian & Gay Pride de Bordeaux, et Josiane Balasko. En octobre dernier déjà, l’Inter-LGBT avait interpellé Nicolas Sarkozy suite à la volonté de l’administration d’expulser le jeune homme.

Le 12 septembre dernier, le tribunal administratif de Bordeaux annulait un arrêté de reconduite à la frontière frappant Karim, âgé 19 ans de nationalité algérienne. Depuis trois ans, il vit près de Bordeaux avec son oncle et sa tante, tous deux Français, et a un compagnon. Scolarisé, il s’est rapidement intégré. «Pour ces seules raisons, Karim aurait dû être admis au séjour, au titre de sa vie privée et familiale» estimait l’Inter alors que Karim avait été contraint de rompre toute attache avec son pays d’origine, en fuyant Tizi Ozou et sa famille et son entourage qui ayant découvert son homosexualité, lui faisait subir des menaces et mauvais traitements.

La Cour d’appel de Bordeaux qui a examiné hier l’appel de l’arrêté de reconduite à la frontière visant Karim a mis sa décision en délibéré. Toutefois, le commissaire du gouvernement a considéré que «l’homosexualité ne justifie pas une position assez particulière pour faire obstacle à une mesure d’expulsion» alors même que l’orientation sexuelle est une incrimination pénale dans de nombreux pays, voire la cause de mises à mort et d’une répression institutionnelle et sociale. Ce même commissaire du gouvernement conteste également la «nécessité absolue de vivre en France» au jeune intéressé bien qu’il soit intégré, scolarisé, a des attaches affectives et ne subit pas de violences, contraintes et n’encours aucun risque ici contrairement à son pays d’origine. Dans le même déni de la situation du jeune intéressé, l’avocat de la préfecture, Me Stéphane Moulin, a remis en cause la réalité de l’homosexualité de Karim, celui-ci n’ayant pas apporté selon lui de preuve de vie commune avec son ami.
A l’opposé, l’avocat du lycéen, Me Pierre Landète, a rappelé la situation légale des homosexuels en Algérie, pays où le fait d’être homosexuel constitue un délit passible de trois ans d’emprisonnement. Le principal intéressé a estimé à la barre, rapporte le quotidien Libération du jour, que son retour au Pays, «Ce serait un retour en enfer».

Plusieurs dizaines d’organisations, dont une vingtaine d’associations européennes, ont déjà signé un appel en faveur de la régularisation de Karim. «Au-delà de nos frontières, le sort fait par la France aux jeunes étrangers scolarisés fait en effet scandale» rappelait l’Inter qui invitait toutes et tous à signer individuellement et à relayer cet appel, disponible depuis le site : www.pourkarim.net.

La décision de la cour administrative d’appel est attendue d’ici un mois.

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L’appel est disponible sur le site www.pourkarim.net





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