A l’heure où on voit de plus en plus d’hommes au foyer, et où les femmes accèdent plus facilement à des métiers masculins, pourquoi les jouets continuent-ils de refléter une division si archaïque des rôles sociaux ?
A l’approche des fêtes de Noël, l’association des gouines, trans’ et pédés des Panthères Roses, Mix-Cité, le Collectif contre le Publisexisme et les Alternatifs, ont décidé de s’énerver contre le sexisme de plus en plus pesant, qui s’exprime au travers des jouets proposés en magasins, formatant les enfants dès leur plus jeune âge, et indirectement les parents.
Dès le début du mois de Décembre, une grande « Campagne contre les jouets sexistes » a ainsi été lancée, avec des actions et débats, notamment à Rennes, Toulouse, Orléans, et Paris, pendant lesquels des tracts et des « contre-catalogues » destinés à sensibiliser la population, ont été distribués.
On a en effet beau réfléchir, on ne voit pas le rapport entre les chromosomes X ou Y et les objets en rayon. Pourtant le constat est simple : D’un côté, on propose aux filles, des aspirateurs plus vrais que nature, et des bébés interactifs, qui leur inculquent la notion de soumission et les conditionnent au rôle de femme au foyer, avec pour seule alternative, le monde de la mode et du paraître, du « soit belle et tais-toi ! », à grand renfort de maquillage et autres têtes à coiffer.
De l’autre, on a les jouets des garçons, qui semblent s’étendre à des domaines plus valorisant, comme la science, l’imaginaire, le bricolage, la vitesse, ou l’aventure, et derrière lesquels se cache manifestement une volonté de les imprégner de la légitimation de la violence physique, du goût de la compétition et de la guerre.
Ces observations ne sont certes pas nouvelles, mais la campagne semble bel et bien alerter sur l’importance de la tournure que prennent les choses, soulignant le danger à mettre à disposition de nos chères têtes blondes, des objets toujours plus réalistes et pour la plupart sponsorisés par les grandes marques qu’ils retrouveront plus tard dans ces mêmes objets. Elle s’alarme aussi du degré de ressemblance entre les jouets lance-missiles, et les modèles réels, qui eux sont utilisés en Irak ou en Afghanistan.
Les associations s’élèvent sur les évidentes idéologies discriminantes, véhiculées par l’attribution de certains jouets aux filles et certains autres aux garçons, alors que par exemple rien n’explique pourquoi on exclue les premières des activités liées au sport ou aux sciences, et les deuxièmes des tâches ménagères, de la cuisine ou des enfants.
Pour elles : « s’attaquer aux jouets sexistes c’est s’attaquer à tout un système, patriarcal, qui organise l’infériorisation des femmes par les hommes et des homosexuel-le-s par les hétérosexuel-le-s ».
La dernière action en date a eu lieu ce Samedi 16 Décembre vers 13h30, alors qu’une trentaine de militant-e-s féministes, ont investi le magasin Toys R Us de la Défense, pour échanger les places des jouets stéréotypés du rayon fille avec ceux du rayon garçon, scandant des slogans « Ni rose ni bleu, les jouets n’ont pas de sexe » ou « Faites de votre fille une boniche, offrez-lui un mini aspirateur ».
L’action a aussi été l’occasion de relever le racisme du catalogue de l’enseigne, qui présenterait, par rapport au nombre d’enfants blancs, un nombre infime d’enfants noirs et uniquement dans des postures stéréotypées (déguisements, chariot de ménage imitant les chariots professionnels…).
Les militant-e-s ont aussi placé tous les jouets violents dans un caddie portant la pancarte « attention, jouets toxiques » et « Jouer à la guerre ? La guerre tue », exigeant de la direction du magasin, qu’elle s’engage à ne plus promouvoir les sexisme dans se catalogues et rayons. Celle-ci a promis de relayer les demandes au siège national de Toys R Us et de leur accorder un rendez-vous ultérieur.
Le moins qu’on puisse dire, est que les Panthères Roses, Mix-Cité, le CCP et les Alternatifs, s’attaquent à un sujet qui ne manquera pas de faire réagir à la fois l’opinion publique, les spécialistes des enfants, les sociologues et les psychologues. Un combat à la fois long et ambitieux, qu’ils déclarent dors et déjà vouloir mener à terme.
EN SAVOIR PLUS
– Le site des Panthères Roses
– Le site de Mix-Cité
– Le site de CCP
– Le site des Alternatifs


