A l’occasion de son concert au Zénith de Paris, le quotidien Libération a publié le 8 décembre dernier un article sur le chanteur de dancehall Admiral T, qui vient d’être récompensé par un Césaire de la musique dans la catégorie Révélation.
Le quotidien écrit notamment : «Si, par le passé, Admiral T a eu quelques mots disgracieux pour les makoumé (homos, en créole), il est aujourd’hui surtout connu pour ses hymnes aux Antilles et son énergie qui concurrence Sean Paul et Beenie Man.».
Dans plusieurs chansons dont le titre Makomé (2003), Admiral T annonce clairement sa haine à l’encontre des homosexuels, invitant ses auditeurs à «les brûler comme des mégots», pour ne citer que quelques paroles :
«On est venu pour brûler les pédés qui restent près de l’hôtel de ville…
Ils vont souffrir, souffrir, ils vont prendre du gaz, du gaz…
Au lieu de tirer au fusil sur ton frère, tire sur eux…
Ils vont cuire comme de l’eau dans un chauffe-eau…
Les pédés, c’est des cigarettes, brûlez-les comme des mégots…»
Les associations s’étaient émues de l’attribution d’un prix à Admiral T, la Mairie de Paris, interpellée en tant que partenaire et qui a subventionné la manifestation rejetant par la suite toute responsabilité quant au prix attribué. Déjà en Octobre dernier, un autre jeune chanteur, Krys, qui fait également parti de l’écurie Universal, avait été contraint a un mea culpa après avoir été interpellé au sujet d’une de ses chansons, «Mac Doom Dead» (NDR : Mac Doom mort), qui bien qu’interprétée en créole est homophobe et incitait à la haine et au meurtre.
Admiral T, comme Krys, ont publié sur leurs sites respectifs des lettres rejetant toute homophobie. Paul Parant pour Têtu, dans son édition électronique de lundi, a rapporté que lors de son concert de vendredi dernier, Admiral T a fait de nouveau une déclaration au public : «Le reggae-dancehall, c’est une musique à message» ajoutant «Je ne voudrais jamais qu’on dise, « Admiral T, tu prônes la violence ». Mon message, c’est paix et amour. Peu importe ta couleur, ton style, que tu sois homosexuel ou peu importe [l’énoncé du mot a entraîné autant d’acclamations que de huées]. Qu’on ne me fasse pas passer pour ce que je ne suis pas.».
SOS Homophobie déplore le traitement que le quotidien de gauche a fait du concert de Admiral T, même si de longue date Libération se positionne positivement sur les questions LGBT : «les appels au meurtre des homosexuel-le-s ne se résument pas à « quelques mots disgracieux »». Pour l’association de soutient aux victimes, en minimisant les propos qui sont tenus par le chanteur dans ses textes, cela revient à faire une hiérarchie entre les discriminations, celles liées à l’orientation sexuelle étant de moindre gravité que celles liées à la race, la couleur de peau ou la religion.
«L’indulgence de l’article de Libération nous choque. SOS homophobie refuse la complaisance à l’égard de ces artistes homophobes et attend d’eux qu’ils renient clairement ces chansons et s’expriment fermement contre l’homophobie.» conclut l’association dans son communiqué.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué complet de SOS Homophobie : Ici.
Nos articles liés au sujet :
– La mairie de Paris rejette toute responsabilité quant au prix attribué au chanteur Admiral T
– Voeu des Verts au Conseil de Paris relatif aux prix attribué au chanteur Admiral T
– Krys, chanteur de Dancehall, rattrapé pour une chanson homophobe


