En une de son édition du week-end, L’Osservatore Romano, l’organe de presse officiel du Vatican, a dénoncé le fait que «l’éradication de la famille est la priorité de la politique italienne».
Cette charge de l’Eglise catholique à l’encontre de l’Etat italien, et de son gouvernement de gauche, est due à la décision du Président du Conseil, Romano Prodi, d’accéder à la requête des sénateurs de sa coalition l’invitant à présenter avant le 31 janvier prochain un projet de loi visant à instaurer un Pacs à l’italienne.
Le projet de loi relatif à la reconnaissance juridique des «unions de fait», hétérosexuelles et homosexuelles, évoqué déjà lors de la campagne de l’Union de la gauche qui a conduit Romano Prodi au pouvoir, «représente un pas en avant fondamental dans l’application du programme de la majorité et permettra d’aborder de façon sérieuse et approfondie un sujet crucial pour les droits des personnes» a déclaré le chef du gouvernement italien.
«A quinze jours de Noël. Il y en a qui effectuent d’autres calculs, qui pensent à d’autres échéances» déclare l’éditorial évoquant le «premier mois de l’année prochaine comme l’échéance d’une bataille insensée» souhaitée par le gouvernement italien avec «la question des unions de fait». «Avec l’annonce de l’engagement du Gouvernement à conduire un projet de loi sur les unions civiles, on a réaffirmé à nouveau le caractère hypocrite de ces initiatives qui visent exclusivement à donner du crédit à une forme alternative de famille. On continue à dire qu’en janvier on parlera de « droits individuels » et que la famille restera unique, celle traditionnelle, que personne ne veut la mettre en danger. Il s’agit d’un mensonge» déplore encore le quotidien officiel du Vatican qui dénonce le «manque de respect pour la famille, même un certain mépris pour l’intelligence» de l’opinion publique.
L’opposition conservatrice de droite promet également à l’Union de gauche de batailler contre le projet de loi en cours de préparation. «Nous combattrons au Parlement et dans tout le pays, avec l’implication des groupes modérés, catholiques ou non», a averti Pier Ferdinando Casini, dirigeant de l’opposition et membre du parti Chrétien démocrate. Enrico La Loggia, représentant du parti Forza Italia, estime que ce texte est «une offense à l’identité de la famille et aux principes catholiques de la majorité des Italiens».
Rappelons que le Vatican est coutumier du fait de s’immiscer dans les questions de politique intérieure de pays tiers, principalement, et ce n’est jamais pas un hasard, quand il s’agit de la reconnaissance des unions homosexuelles. Le soutien à peine voilé de l’Eglise catholique à Sylvio Berlusconi lors de la dernière campagne électorale avait été dénoncé. L’Eglise s’était également fortement mobilisée, et sans succès, concernant l’adoption en Espagne de la loi ouvrant le mariage civil aux couples homosexuels.
Concernant justement l’Espagne où l’Eglise est fortement ancrée, comme en Italie où 90% des citoyens se déclarent catholiques, l’opposition avait été vaine, l’opinion publique ayant été majoritairement favorable à la reconnaissance des unions homosexuelles.
Nous saurons dans quelques semaines si l’Italie rejoint à une moindre mesure la liste des pays égalitaires et respectueuses des couples homosexuels.
En attendant, le danger pourrait venir là où on ne l’attends pas, notamment par l’annulation des dernières élections. L’ancien Président du Conseil italien Silvio Berlusconi s’est dit dimanche convaincu que sa coalition conservatrice avait remporté les élections parlementaires d’avril, et a appelé à un nouveau comptage de l’ensemble des bulletins de vote.
EN SAVOIR PLUS
L’éditorial complet de L’Osservatore Romano (Italien) : Ici.
Italie : Le Sénat appelle à la création de Partenariats civils homosexuels


