Quel est le point commun entre la réaction de Ségolène Royal au suffrage interne l’ayant sacrée candidate socialiste à l’élection présidentielle, et celle des militants LGBT de l’UMP à l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy ? Ils sont tous «heureux».
L’annonce de la candidature du Ministre de l’Intérieur et numéro 2 du gouvernement rempli donc d’émotion GayLib, le Mouvement associé à l’UMP chargé d’évoquer les problématiques sociales et politiques liées à l’homosexualité : «Nicolas SARKOZY est désormais candidat à l’élection présidentielle et GayLib en est particulièrement heureux». Même si le vote des militants UMP n’interviendra que le 14 janvier prochain et devrait s’apparenter à un scrutin bonapartiste, il ne fait déjà pas de doute pour GayLib, dans un communiqué approuvé et signé par la totalité des membres du Bureau, que Nicolas Sarkozy représentera l’UMP aux élections présidentielles.
Les mêmes faisant l’économie des déclarations divergentes de leur champion, des engagements non tenus ou des sujets qui fâchent, comme l’investiture probable du député homophobe UMP-CNI Christian Vanneste aux prochaines élections législatives, déclarent ainsi que «Depuis son arrivée à la présidence de l’UMP en 2004, Nicolas SARKOZY a toujours été à notre écoute, a considéré nos préoccupations avec sérieux et a eu à coeur d’aménager toute sa place à GayLib au sein de l’UMP. C’est notamment ce qui l’a conduit à intégrer notre proposition de contrat d’Union dans le programme législatif pour 2007.». Pourtant à l’origine GayLib militait pour le mariage, son adhésion opportune à une solution à la britannique ayant été motivée par l’opposition du parti à toute ouverture du mariage civil aux couples homosexuels.
Comme les engagements de campagne n’engagent que ceux qui les reçoivent, les militants gays du parti de la majorité présidé par Nicolas Sarkozy reprennent la déclaration de ce dernier qui «a indiqué que les trois priorités de notre famille politique doivent être l’unité, la nouveauté et la modernité. GayLib se reconnaît évidemment dans ces priorités.». Dans sa déclaration de candidature, Nicolas Sarkozy rejette l’étiquette de «conservateur» assurant vouloir «remettre la société française en mouvement».
Le rejet de l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels comme le refus du droit à l’adoption ou à la reconnaissance des familles homoparentales ne sont pas de nature à assurer un mouvement novateur au parti au pouvoir depuis 1995 à l’exception des années de cohabitation avec Lionel Jospin.
Equation délicate donc pour celui qui prône la «rupture», la «nouveauté», la«modernité» et une «nouvelle façon de faire de la politique» alors même qu’il dirige le parti au pouvoir et se trouve être le numéro 2 du gouvernement en exercice.
Pour sa part, GayLib déclare déjà que leur mouvement se tiendra «durant toute cette campagne, aux côtés de Nicolas SARKOZY afin de lui apporter le concours et les propositions de GayLib ainsi que notre engagement déterminé de militants».
Particulièrement silencieux lors du rejet par Nicolas Sarkozy de l’ouverture du mariage civil aux coupes homosexuels, au droit à l’adoption, comme le rejet récent d’amendements égalitaires au Parlement, GayLib conclut que «C’est une nouvelle phase qui s’ouvre désormais et nous sommes impatients d’aller plus loin avec Nicolas SARKOZY, notamment sur les questions de société.».
En effet, GayLib et l’UMP ne peuvent aller que plus loin sur les questions de société. La question est de savoir si Nicolas Sarkozy le souhaite, le peut et le fera.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué complet de GayLib : Ici.
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