Thème de campagne et proposition adoptée par tous les partis de gauche pour les prochaines échéances électorales, la question de l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels recueille l’adhésion de 62% des français (26% tout à fait favorables et 36% plutôt favorables) selon un sondage Ipsos (1) paru aujourd’hui dans le magazine Têtu, soit 4 point de plus qu’un autre sondage également réalisé par Ipsos (2) pour le magazine Famille Chrétienne en septembre dernier.
Une position majoritairement favorable à l’ouverture du mariage civil aux couples homosexuels se dessine donc, bien que 37% des personnes interrogées se déclarent toujours hostiles à une telle avancée et qu’une majorité de français, 48%, estime qu’il faudra plusieurs années avant que notre système légal n’intègre cette disposition. Selon l’enquête réalisée, 28% des interrogés seulement pensent que le mariage gay sera adopté lors de la prochaine mandature présidentielle contre 20% qui soutiennent l’avis que le mariage entre personnes de même sexe ne sera jamais permis.
Sur le droit à l’adoption la tendance générale demeure à une opposition de l’opinion publique à une telle ouverture : 55% des personnes interrogées y sont hostiles (32% tout à fait opposés, 23% plutôt opposés) contre 44% d’avis contraire (14% tout à fait favorables, 30% plutôt favorables). Ce score est identique à une enquête déjà réalisée par Ipsos (4) pour Têtu au printemps dernier. A l’inverse, ce résultat négatif est sensiblement inférieur au sondage paru dans Le Nouvel Observateur (3) où 60 % des personnes interrogées restaient opposées à l’adoption d’enfants par des couples gays (36% y étaient favorables).
Si la majorité des personnes interrogées estiment que les positions adoptées par les présidentiables concernant le droit au mariage, comme le droit à l’adoption, n’influenceront pas leur vote, l’électorat LGBT a contrario en fait un des préalables majeurs.
Sur les personnalités politiques propre à favoriser l’égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels, celles issues de parti de gauche bénéficient d’un a priori majoritairement positif, Ségolène Royal, bien qu’ambiguë dans son discours, recueillant 62% d’opinions favorables sur le sujet, suivie de Dominique Voynet (61%) et Laurent Fabius (53%). Ces scores ne se retrouvent pas sur le corpus LGBT interrogé sur le site de Têtu. Dominique Voynet, bénéficiant d’une jurisprudence favorable tant par la position pérenne du parti des Verts sur ces sujets que du mariage gay célébré par Noël Mamère, arrive en tête avec 78% d’opinions positives, suivie par Dominique Strauss-Kahn (76%) qui est le présidentiable socialiste le mieux disant sur ces sujets et qui a pris le plus tôt position, avant même son parti.
A droite de l’échiquier politique, si les extrêmes (FN et MPF) sont définitivement catalogués comme réactionnaires à ces propositions, aucune personnalité politique ne recueille d’opinion majoritairement positive sur le sujet de l’égalité. Seul à bénéficier d’une opinion relativement positive, le centriste François Bayrou à 36%, score porté à 41% sur l’électorat LGBT, ce dernier ayant plutôt bien accueilli l’ouverture récente de l’UDF sur ces questions. Quant au leader de la majorité parlementaire et candidat supposé de l’UMP, Nicolas Sarkozy, il ne recueille que 27% d’opinions favorables (contre 53%) sur le corpus général, ce chiffre étant porté à 81% d’opinions négatives sur le quorum LGBT, seuls Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen font pire avec 92% d’opinions négatives. Le Président de l’UMP subît conjointement les positions passées de sa majorité, le cas non réglé du député homophobe UMP/CNI Christian Vanneste comme les atermoiements concernant son positionnement sur le mariage gay et le droit à l’adoption s’étant, après de longs mois de tergiversation, déclaré opposé sur les deux sujets. Sa proposition de partenariat civil n’a donc pas convaincu l’électorat gay quant à sa volonté de lutter en matière d’égalité des droits.
Dans l’ensemble, les clivages générationnels, catégoriels et géographiques se retrouvent, les jeunes urbains aisés et éduqués étant les plus favorables à l’égalité des droits, à l’opposé des ruraux âgés et des catégories sociales les moins privilégiées. En juin dernier, deux sondages contradictoires sur les mêmes questions avaient été publiés mais les débats sur le sujet comme l’affirmation d’exemples étrangers semblent porter leurs fruits.
Mariage gay et droit à l’adoption font partis des thèmes majeurs de campagne des prochaines élections présidentielles et législatives.
(1) Sondage Ipsos pour Têtu réalisé les 3 et 4 novembre 2006 auprès de 1008 personnes constituant un échantillon représentatif des 15 ans et plus.
(2) Sondage Ipsos pour Famille Chrétienne réalisé les 15 et 16 septembre 2006 auprès de 1007 personnes constituant un échantillon représentatif des 15 ans et plus.
(3) Sondage TNS Sofres pour Le Nouvel Observateur réalisé les 7, 8 et 9 juin 2006 auprès d’un échantillon de 1.000 personnes interrogées en face-à-face, représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 et plus.
(4) Sondage Ipsos pour Têtu réalisé auprès de 1.016 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, interrogées par téléphone les 19 et 20 mai 2006, selon la méthode des quotas.
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