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La Turquie dans la ligne de mire du Comité IDAHO

Le Comité IDAHO a alerté les instances turques et européennes sur les entraves aux droits des lesbiennes gays bis et trans’ turcs suite à la saisie par les autorités locales le 24 juillet dernier du seul magazine homosexuel, édité par l’association Kaos GL située à Ankara.

Sous prétexte de contenu pornographique et d’outrage à la moralité publique le pouvoir militaire turc a confisqué le magazine qui, édité depuis septembre 1994, n’avait jamais fait l’objet d’entrave depuis sa création.

«Cette décision est une atteinte à la liberté d’expression des gays et lesbiennes turcs» estime dans un communiqué le Comité IDAHO, en charge de la coordination de la Journée Mondiale contre l’Homophobie. Le dernier numéro mis en cause contenait en réalité un dossier questionnant les représentations sexuelles véhiculées par la pornographie et notamment l’image des femmes : «Si la critique pour une pornographie non-sexiste est désormais interdite, la pornographie hétérosexuelle ne pose elle bien sûr aucun problème de parution» ironise le comité.

La Kaos GL avait déjà été menacé d’interdiction en septembre 2005. «La seconde association LGBT du pays Lambda Istanbul a elle dû fermer son local à cause de pressions similaires» et n’a toujours pas réussi à officialiser son existence tout comme l’homophobie n’est toujours pas reconnue comme une discrimination punie par la loi, rappelle le comité qui déplore également qu’une manifestation de protestation n’a pu se tenir ce week-end à Bursa à cause des pressions exercées par de groupes homophobes et à cause du refus de la police de protéger les manifestants.

C’est pourquoi, le Comité IDAHO rappelle à l’ambassadeur de Turquie en France ainsi qu’aux instances européennes que «l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne se fera notamment à l’aune de sa capacité à respecter un certain nombre de critères relatifs aux droits de l’Homme et que la dépénalisation de l’homosexualité figure expressément parmi lesdits critères. C’est d’ailleurs pourquoi la Roumanie, par exemple, a dû supprimer l’homosexualité de son code pénal pour que sa candidature puisse être prise au sérieux.». Le comité prévient finalement que «Pour ce qui est de la Turquie, (il) entend demeurer vigilant, et sera en mesure de proposer aux opinions publiques en Europe, mais aussi bien aux instances européennes avec lesquelles il travaille régulièrement une expertise objective et honnête concernant le respect ou le non-respect des personnes lesbiennes, gaies, bi ou trans’ en Turquie. Ce sont autant d’éléments qui seront pris en considération lorsque le débat sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne sera à nouveau lancé.».

Si depuis la chute de l’empire ottoman les militaires tiennent encore les clés du pouvoir turc, le gouvernement est dirigé depuis 2003 par les islamistes modérés du parti AKP avec Recep Tayyip Erdoðan comme Premier ministre. Bien que la Turquie, à l’instar de la France, soit l’un des seul pays à la laïcité affirmée, des observateurs s’inquiètent des gages donnés aux islamistes et de la montée en puissance des signes religieux radicaux.

EN SAVOIR PLUS

Le site du comité IDAHO : www.idahomophobia.org

Le site du Kaos GL (Anglais) : http://news.kaosgl.com/





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