La législation portugaise prévoit, sur initiative populaire recueillant au moins 4000 signatures, que le Parlement puisse être saisi d’une question portée à son attention. Libre ensuite au législateur réuni en comité de tirer le conclusions de l’initiative qui lui est soumise et mettre en assemblée plénière le sujet en discussion.
Ainsi, une pétition comptant 5000 signataires a été déposée hier au Parlement et vise à saisir le législateur sur une modification du code civil portugais à dessein d’ouvrir le droit au mariage civil pour les couples homosexuels. Certains de ces signataires sont des personnalités publiques, intellectuels, artistes, ou des membres des partis politiques de gauche.
La pétition motive son intervention par ces mots : « nous ne voulons pas avoir des citoyens de deuxième classe en raison de leur amour ». L’opinion publique portugaise est moins encline que celle espagnole à voir adopter une telle possibilité pour les couples homosexuels.
Certains avantages et droits peuvent être reconnus aux couples gays et lesbiens, dont des avantages fiscaux, mais la classe politique dans sa large majorité comme les pouvoirs exécutif et législatif s’y opposent. Pour sa part, José Socrates, premier ministre socialiste portugais, avait fait savoir que ce chantier ne faisait cependant pas partie des priorités de son gouvernement.
L’autorité judicaire et les administrations font quant à elles le constat de l’impossibilité de telles célébrations nuptiales. En début de mois, un couple de jeunes femmes qui avait déposé son dossier de demande de mariage civil s’est vu notifier le refus de célébration par le bureau d’état civil local au motif que le code civil portugais mentionne que le cas de mariages entre un homme et une femme. Teresa et Lena, les deux portugaises s’attendaient à cette décision et opposaient à ce motif la constitution lusitanienne de 1975 qui garantit les citoyenNEs contre les discriminations sexuelles.
Les partisans d’une ouverture du mariage civil aux couples homosexuels avancent également que la réforme constitutionnelle de 2004 qui introduit l’interdiction des discriminations liées à l’orientation sexuelle doit primer sur les dispositions du code civil promulgué antérieurement. Le défenseur des deux jeunes femmes avait indiqué vouloir former un appel de cette décision et annoncé vouloir, si nécessaire, porter ce contentieux devant la cour européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg.
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