Alors que les séances de voeux s’enchaînent au sein de l’exécutif, l’Inter-LGBT a rappelé dans ses voux que cette année 2006, prélude au grand rendez-vous électoral présidentiel de 2007, doit être « utile » pour la communauté LGBT en matière de reconnaissance des couples de même sexe et sur le sujet de l’homoparentalité.
Dans un communiqué, l’inter-associative fait écho à un sondage TNS-SOFRES pour Time et CNN paru hier révélant que 46 % des Français réfutent la thèse selon laquelle les unions civiles de même sexe seraient une menace contre les valeurs du mariage, et ils seraient 43 % (contre 30 %) à être favorable à une égalité des droits entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels mariés.
Face à un constat d’immobilisme sur le sujet en 2005 de la classe politique et du gouvernement, l’Inter rappelle que « L’année écoulée n’a en effet pas permis la présentation d’un projet de loi améliorant le pacs, sans cesse reporté depuis juin. Et surtout, l’année 2005 a confirmé une hostilité définitive de la majorité et du chef du gouvernement contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. ».
Alors que la France était l’un des pays pionniers en matière d’égalité des droits en Europe il y a dix ans lors de l’adoption du Pacs, notre pays se retrouve à la traîne désormais quand l’on regarde la situation de nos voisins et alliés européens : En Espagne, la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe a été adoptée le 30 juin ; en Belgique, le parlement a approuvé une loi ouvrant l’adoption aux couples de même sexe le 2 décembre ;en Grande-Bretagne, une loi créant le partenariat civil pour les couples de même sexe ouvre à ces derniers les mêmes droits que pour les couples mariés
L’annonce de la présentation du rapport le 26 janvier prochain de la mission parlementaire « Familles et droits des enfants » ne calme pas les attentes des associations. Tout en actant des avancées possibles sur le Pacs et un aménagement du partage de l’autorité parentale afin de reconnaître une existence juridique au beau parent, les associations ne se satisfont pas de seules mesures de bon sens, techniques pour la plupart, et qui viennent répondre partiellement à des lacunes connues du régime initial du Pacs.
Pour l’heure nombreuses sont les inconnues pour cette année quant à l’accueil par le gouvernement des éventuelles propositions de la mission parlementaires tout comme les conséquences législatives sur le sujet. A fortiori, aucun calendrier législatif ne peut être prévisible à l’heure actuelle, les échéances de l’année prochaine plaidant d’avantage pour des réformes a minima dans un premiers temps, un immobilisme relatif sur ces questions, en attendant le cortège des déclarations d’intention, promesses électorales et autres projets de candidature qui n’engagent que ceux qui les reçoivent.
Une autre inconnue, de taille, est le calendrier politique même. Si tout le monde fixe à 2007 les prochaines élections présidentielles et législatives, le barnum électoral pourrait parfaitement être monté au cours de cette année, après une dissolution en 1995, rien n’empêche le Président Chirac de provoquer une élection en 2005.
Radio « Moquette » fait état d’un tel scénario étudié au Château, scénario qui aurait plusieurs mérites. Une démission anticipée de Jacques Chirac permettrait au Premier ministre, dauphin de l’Elysée, de bénéficier de sa relative popularité conquise depuis sa nomination. Egalement, cela mettrait à mal le calendrier de l’opposition, François Hollande ne démordant pas d’une investiture tardive, cela neutraliserait le Parti socialiste embué dans la cacophonie des candidatures à la candidature ou, mieux encore pour la Droite, seul Lionel jospin dans la précipitation pourrait réunir l’adhésion des caciques de la rue de Solferino, ou à défaut, le secrétaire Hollande, à la traîne dans les sondages d’opinion. Pour finir, une élection anticipée empêcherait Nicolas Sarkozy, faute de temps, d’organiser les primaires de l’UMP qui le sacreraient comme unique candidat de la majorité parlementaire, une double candidature Villepin/Sarkosy n’étant pas illégitime politiquement dans ce cas, Villepin en tant que Chef du Gouvernement et Sarkozy, comme président du parti de la majorité.
Au final, et un peu comme Saint Thomas, en politique il ne faut croire qu’aux choses faites. Concernant les questions LGBT, habituées aux promesses non tenues et tergiversations diverses, l’adage est encore plus vrai.
EN SAVOIR PLUS
Le communiqué de l’Inter-LGBT : Ici


