Acquitté ne veut pas dire libre. Alors qu’il purge une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour un double meurtre de SDF, un troisième meurtre lui ayant valu également 20 ans de réclusion, Jean-Marc Petroff a été acquitté à l’issue du procès où il comparaissait devant la cour d’assises du Var pour le meurtre de Jean-Claude Poulet-Dachary, directeur de cabinet du maire FN de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier.
Il comparaissait depuis mardi dernier aux assises pour le meurtre de Jean-Claude Poulet-Dachary, trouvé mort à 46 ans, au pied de son escalier, le 29 août 1995. Alors que le parquet a balayé lors du procès la thèse avancée par Jean-Marie Le Chevallier, aujourd’hui retraité au Maroc, qui défendait la thèse politique de cet assassinat, le manque de preuves matérielles, l’absence de certains actes d’instruction pour étayer l’accusation et même l’absence de mobile ont pesé dans la balance pour acquitter un homme qui entretenait des relations tarifées avec la victime.
Le contexte politique local avait pesé lors de l’instruction ainsi que la personnalité de la victime, ancien séminariste, cultivé, polyglotte, ancien légionnaire qui servait l’élu frontiste tout en ne se cachant pas de son homosexualité. Le meurtre de la député Yann Piat, comme la thèse avancée par Jean-Marie Le Chevallier comme quoi il avait été victime lui-même d’un contrat sur sa tête, avait un temps permis au Front d’avancer un complot politique pour expliquer cet assassinat. Le parquet a rejeté cette théorie en bloc estimant que rien dans les faits ne s’apparentait à un meurtre de professionnels.
Ce décès demeure donc un mystère, alors que la thèse accidentelle ne peut être également exclue faute de constatations et expertises suffisantes à l’époque des faits.
La famille de Jean-Claude Poulet-Dachary a pour sa part toujours défendu la thèse d’un drame lié à sa vie privée.


