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Arrestation en Ouganda du correspondant de la Journée Mondiale contre l’Homophobie

Louis-Georges Tin, fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, dénonce dans un communiqué la situation extrême que subit son correspondant ougandais suite à l’arrestation dont il a été victime mercredi dernier à Kampala, la capitale. Le nom du correspondant est tenu secret pour des raisons de sécurité mais il s’agit d’un pasteur, arrêté par la police locale alors qu’il était en prière avec ses fidèles.

«Quel est son crime ? Il est homosexuel ; pire encore, c’est un militant homosexuel. Selon le code pénal en vigueur, articles 140, 141 et 143, il risque la perpétuité» rappelle Louis-Georges Tin qui souligne également que «Depuis des années, militant inlassable, il se bat pour la dépénalisation de l’homosexualité dans son pays».

La corruption, sésame de liberté comme souvent en Afrique, a permis au pasteur de soudoyer le geôlier et de s’enfuir. Toutefois, recherché par la police, il ne peut rentrer chez lui et vit caché depuis. «Il supplie les ambassades occidentales qui subventionnent son gouvernement de faire pression sur celui-ci, pour qu’on arrête de persécuter les gais et les lesbiennes. Mais jusqu’ici, les efforts de cet homme sont restés sans effet. Sa voix se perd dans le désert, et personne ne semble se soucier des brutalités homophobes qui le terrorisent lui et ses amis. Quand je l’avais contacté l’an dernier, il était au bord du désespoir. Le voici désormais en prison»

La répression homophobe en Ouganda, comme par ailleurs dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, est institutionnelle : «Le 27 septembre 1999, le président ougandais, Yoweri Museveni déclarait que l’homosexualité est étrangère à la culture ougandaise, et menaçait les gais et les lesbiennes d’arrestations immédiates. De fait, dans les mois qui suivirent, cinq militants de l’association gaie et lesbienne Right Companion furent incarcérés, battus et rackettés. Une jeune lesbienne fut violée à deux reprises. La déclaration du président Museveni suscita une réaction internationale ; le département d’Etat américain le mit en garde, mais on en resta là, et les persécutions homophobes continuèrent comme avant. En 2000, un militant homosexuel d’un autre groupe, Lesgabix, fut assassiné à Kampala. En 2001, lorsque Christopher Ssenyonjo, ancien évêque de l’Eglise anglicane d’Ouganda, fit son coming out, le cardinal catholique Wamala ne manqua pas de rappeler que l’Eglise condamne l’homosexualité  »et toutes les formes de comportements contraires aux lois de Dieu »».

Louis-Georges Tin est en contact téléphonique constant avec son correspondant en fuite et appelle à la condamnation officielle de ces arrestations et que la diplomatie inscrive à son agenda bilatéral avec l’Ouganda et autres pays homophobes la question des droits de l’homme.

Il y a deux semaines, le comité IDAHO en charge de la Journée Mondiale contre l’Homophobie, avec deux autres associations (RAVAD et le Collectif pour le Droit d’asile), avaient lancé un appel à signature pour les migrants LGBT rappelant que «Menacées, attaquées, persécutées dans le pays d’origine, arrêtées, tourmentées, précarisées dans le pays « d’accueil », entravées par des lois qui leur interdisent l’accès à un contrat de travail, elles (NDLR : les personnes migrantes LGBT) se retrouvent souvent sans argent, sans logement, sans aide sociale ou médicale, vivant dans des conditions de vie indignes qui les poussent au désespoir.».

En conclusion et ce sera celle du fondateur de la Journée Mondiale contre l’Homophobie : «Ces hommes et ces femmes nous considèrent comme leur dernier espoir. Serons-nous à la hauteur de leurs attentes ? Serons-nous à la hauteur de nos propres valeurs ?».

EN SAVOIR PLUS

Le Communiqué de Louis-Georges Tin : Ici

Appel à signature pour le droit d’asile des migrantEs LGBT

Le site du Comité IDAHO (International Day Against Homophobia) : www.idahomophobia.org

Le site de l’ILGA (International Lesbian an Gay Association. En Anglais) : www.ilga.org




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