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Communiqu Journe Mondiale Contre l’Homophobie





La Vie est gaie en Ouganda…



Mercredi 26 octobre, 19h. Kampala, capitale de
l’Ouganda. Un pasteur en prire avec ses fidles. La police arrive et l’arrte.
L’Eglise est ferme, il est conduit au poste. On lui enlve chaussures et
ceinture. Quel est son crime? Il est homosexuel ; pire encore, c’est un
militant homosexuel. Selon le code pnal en vigueur, articles 140, 141 et 143,
il risque la perptuit.



L’histoire est
toute rcente. Le nom de cet homme ne peut tre rvl pour des raisons de
scurit, mais il est en Ouganda le correspondant national de la Journe
mondiale de lutte contre l’homophobie. Depuis des annes, militant inlassable,
il se bat pour la dpnalisation de l’homosexualit dans son pays. Il supplie
les ambassades occidentales qui subventionnent son gouvernement de faire
pression sur celui-ci, pour qu’on arrte de perscuter les gais et les
lesbiennes. Mais jusqu’ici, les efforts de cet homme sont rests sans effet. Sa
voix se perd dans le dsert, et personne ne semble se soucier des brutalits
homophobes qui le terrorisent lui et ses amis. Quand je l’avais contact l’an
dernier, il tait au bord du dsespoir. Le voici dsormais en
prison.



Par bonheur, il a
sur lui un peu d’argent. Il soudoie le gelier et parvient s’enfuir. Le voici
jet sur les routes, sans chaussures, sans espoir. Il ne peut prendre le risque
de rentrer chez lui, car il est recherch par la police. Il n’a pour tout bien
qu’une chemise, un pantalon. Peut-tre quelques amis, l’tranger, qui
pourraient ventuellement l’aider…



Malheureusement,
l’histoire de ce jeune pasteur n’est pas isole. Le
27 septembre
1999
, le prsident ougandais,
Yoweri Museveni dclarait que l’homosexualit est trangre la culture
ougandaise, et menaait les gais et les lesbiennes d’arrestations immdiates. De
fait, dans les mois qui suivirent, cinq militants de l’association gaie et
lesbienne Right Companion furent incarcrs, battus et racketts. Une jeune
lesbienne fut viole deux reprises. La dclaration du prsident Museveni
suscita une raction internationale; le dpartement d’Etat amricain le
mit en garde, mais on en resta l, et les perscutions homophobes continurent
comme avant. En 2000, un militant homosexuel d’un autre groupe, Lesgabix, fut
assassin Kampala. En 2001, lorsque Christopher Ssenyonjo, ancien vque de
l’Eglise anglicane d’Ouganda, fit son coming out, le cardinal catholique Wamala
ne manqua pas de rappeler que l’Eglise condamne l’homosexualit et toutes
les formes de comportements contraires aux lois de Dieu.



Aujourd’hui, ce
pasteur en fuite nous demande de l’aider. Je l’ai au tlphone chaque jour, il
est extnu. Tous ses amis, gais, lesbiennes, bi ou trans esprent que les pays
comme le ntre rpondront son appel. Ils esprent que notre gouvernement fera
pression sur le gouvernement ougandais. Que l’on prenne officiellement position
contre ces arrestations arbitraires, que la question des droits de l’homme soit
inscrite sur l’agenda diplomatique, et soit inscrite pour tous, sans distinction
aucune. Ces hommes et ces femmes nous considrent comme leur dernier espoir.
Serons-nous la hauteur de leurs attentes? Serons-nous la hauteur de
nos propres valeurs?



Louis-Georges
Tin


Fondateur de la
Journe mondiale de lutte contre
l’homophobie


tin[]idahomophobia.org

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