in

Pleine réussite de la Conférence Internationale sur l’homoparentalité

Alors que la conférence organisée par l’APGL s’est achevée hier, la couverture par la presse de l’évènement a fait rentrer dans le débat public et politique une question qui demeurait jusque là tabou.

Une cinquantaine de spécialistes de la question de l’homoparentalité, venus de différents pays (France, Grande Bretagne, Norvège, Espagne, Etats Unis, Canada.) entendaient faire le point sur l’état de nos connaissances quant à cette manière de « faire famille » et de débattre des questions qu’elle pose à la société. Ambition affichée de cette IIIe Conférence Internationale sur l’homoparentalité organisée par l’Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), l’objectif a été rempli.

«Le législateur doit se dépêcher de prendre en compte la réalité des familles homoparentales», a martelé Franck Tanguy pour l’APGL, qui évoque un «gaybyboom» en avançant les 100 000 foyers homoparentaux estimés en France, sans compter les 200 000 parents hétéros devenus homos.

Sur ce sujet, seuls jusqu’alors le microcosme LGBT et la presse gay se sentait concernée par le sort de ces familles homosexuelles qui élèvent en grand nombre des enfants dans un flou juridique et un déni social de ces nouvelles familles. Fait à souligner on peut dire que l’ensemble de la presse nationale, presse écrite et télévisuelle, a couvert cette conférence, au moyen le plus souvent d’entretiens directs avec des homoparents qui ont reflétés une image non caricaturale de leurs préoccupations tout en sortant le sujet du seul discours des spécialistes pour l’encrer dans les réalités et difficultés quotidienne de ces familles. De manière générale le traitement médiatique de la conférence a été plutôt gayfriendly, les journalistes et présentateurs relevant le tabou entourant la question et les problèmes juridiques de ces familles si ce n’est déjà leur existence même.

Aux centaines d’études scientifiques avancées par l’APGL pour démonter le fantasme de la dangerosité pour les enfants des familles homoparentales, la pédopsychiatre parisienne et élue UMP Edwige Antier a répondu dans les colonnes du Figaro. « Ces études portaient sur une génération d’enfants, certes élevés par un parent homosexuel, mais conçus d’une précédente union hétérosexuelle. Ils avaient donc bénéficié du schéma classique papa-maman dans les années qui comptent pour leur construction psychique, de 0 à 5 ans.» déclare-t-elle alors que des enfants issus de familles homoparentales «créées de toutes pièces», «sans repères oedipiens», vont avoir des «difficultés». De la pédopsychiatrie à la voyance ou médecine fiction le pas est franchi. A contrario, Edwige Antier serait-elle favorable à la parentalité de deux femmes, le repère oedipien n’étant pas absent ?

Sur le terrain politique, Noël Mamère est revenu sur le mariage de Bègles et a invité les participants à «ne surtout pas relâcher la pression» d’ici l’élection présidentielle de 2007, afin d’obtenir l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples du même sexe. «Je vous recommanderais de ne surtout pas laisser tomber la pression d’ici l’élection présidentielle et les législatives. C’est comme cela que nous parviendrons à ce que le législateur modifie le code civil et que l’assemblée nationale se saisisse de la question de l’homoparentalité», a-t-il déclaré.

Les questions de l’ouverture du mariage civil et de l’homoparentalité seront des questions obligées pour tous les candidats, par opportunisme politique pour certains, par réelle conviction pour d’autres. Une seule certitude dans tous les cas, la communauté LGBT attend des réponses, et, à défaut, réclamera des comptes.

EN SAVOIR PLUS

Nos articles liés au sujet :
IIIe Conférence Internationale sur l’homoparentalité
IIIe Conférence Internationale sur l’homoparentalité dans un mois

Toutes les infos sur la IIIe Conférence Internationale sur l’homoparentalité : www.conference-apgl.org




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Montpellier : La prison ferme pour deux agresseurs homophobes

Election d’un prsident homophobe en Pologne