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Retour aux sources pour une Marche des Fiertés revendicative

C’est un retour aux origines de la Gay Pride auxquels ont assistés entre 500 000 et 700 000 personnes samedi dernier de Montparnasse à Bastille. En effet, cette édition a été plus revendicative et militante que les éditions précédentes même si le caractère festif demeure. Le mot d’ordre « Couples et parentalités : l’égalité maintenant » interpellait tant la majorité que les partis de l’opposition.

Ce point est dû tant à un durcissement de la position et des demandes de l’Inter-LGBT, structure inter associative qui fédère les principales associations LGBT et qui organise la Marche, que d’une lassitude et une exaspération de la communauté LGBT face à des inégalités et discriminations, connues et subies, auxquelles l’exécutif ne répond pas. Abonné absent, le gouvernement et la majorité parlementaire se sont gardés cette année de faire des annonces antérieurement à la manifestation, effets de manche usités les années précédentes et qui ne s’étaient pas traduits dans les faits d’avancées suffisantes.

Dans un communiqué l’Inter-LGBT s’interroge ainsi sur le fait qu’« annoncée en 2003, promise en 2004, la réforme du pacs n’a toujours pas vu le jour. Contrairement à ce qui lui avait été annoncé, l’Inter- LGBT n’a toujours pas reçu communication du projet de loi sur lequel le précédent gouvernement travaillait. Serait-il si insuffisant que le gouvernement n’a pas osé le dévoiler avant la mobilisation massive de ce samedi ? Ce projet de loi est-il toujours à l’ordre du jour ? ».

Face à la négation de leurs unions, de leurs identités et l’autisme des autorités publiques et des politiques face à des situations factuelles qui appellent des réponses législatives, les marcheuses et marcheurs attendent également de savoir si « le gouvernement restera-t-il inerte devant l’aspiration de nombreux couples à se marier et à élever un enfant ? Acceptera-t-il d’enfin reconnaître la réalité sociale de nombreuses familles homoparentales, pour leur donner la sécurité juridique qu’elles méritent ? ».

Alors que l’Espagne devrait adopter cette semaine l’ouverture du mariage civil et du droit à l’adoption aux couples homosexuels, la classe politique française, dans une large majorité, fait de l’amélioration du Pacs la réponse inachevée et insuffisante aux revendications de la communauté LGBT, sans pour autant que cette réforme soit par ailleurs entamée.

C’est pourquoi, l’Inter-LGBT « demande à être reçue sans attendre par le Premier ministre. Ouverte au dialogue, l’Inter- LGBT attend autre chose que silence et mépris » et prévient que « S’il devait y avoir rupture, ce serait le seul fait du gouvernement. L’Inter-LGBT restera en outre attentive à ce que l’ensemble des partis de l’opposition, particulièrement le Parti socialiste et le Parti Communiste, clarifie dans les prochains mois leurs positions : au-delà des objectifs, il faut désormais passer aux actes. ». La perspective 2007 est clairement affichée et les associations LGBT ne se contenteront plus de bonnes intentions et réclament, si ce n’est des actes à la majorité, des engagements fermes et claires à l’opposition, de quoi renvoyer chacun à ses responsabilités.

Pour finir, à 16 heures le cortège s’est arrêté, les sonos ont été stoppées et les marcheurs ont fait silence en mémoire et en soutient aux victimes du Sida alors que de plus en plus de voix s’élèvent contre le manque de moyens accordés par les pouvoirs publics en cette année où la lutte contre le Sida a été déclarée Grande Cause Nationale. Ce recueillement était le premier du genre et, symbolique s’il en est, il a été une réussite et très émouvant pour une communauté qui se retrouve frappée par une hausse des prises de risques et des contaminations.

Aujourd’hui, après plus de 20 ans d’épidémie, un homosexuel sur dix est contaminé. Cela a trop duré !
ASSEZ ! Nous devons TOUS nous (re)mobiliser

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