Gabriel Noone a su rentrer dans les foyers américains en devenant la voix de son show radio Noone At Night, un feuilleton résolument moderne et pourtant basé sur des règles immuables. Alors qu’il fait face à la séparation de son couple et que les rediffusions de son show sont le signe d’un écrivain souffrant du syndrome de la page blanche, il tombe sur le manuscrit d’un jeune garçon au destin tragique. Pete, abusé par ses parents et maintenant atteint du sida, devient le confident téléphonique de Gabriel. De longues heures de conversation, comme une thérapie dissimulée, vont elles réussir à ramener Gabriel vers l’écriture et vers l’être cher, même si Pete n’est pas en fait celui qu’on pense ?
Voilà donc le dernier roman de Maupin qui a su nous faire patienter huit ans pour publier son nouveau chef d’oeuvre. Ce livre marque la maturité d’un auteur en quête de distinction. Ce n’est plus le jeune homme des Chroniques de San Francisco, les années ont marqué leur passage et le style est moins simple, le rythme plus pondéré, les personnages moins insouciants. Nous ne sommes plus dans la même époque, et pourtant Maupin reste fidèle à lui même. Des pages que l’on dévore juste parce que rien ne nous touche plus que ses personnages: il sait leur donner vie à travers des dialogues vraisemblables et imprégnés de personnalité. Maupin sait retranscrire notre société dans ce qu’elle a de plus ridicule et de plus perfide. Et plus loin qu’un simple drame, ce livre est un élan de foi : foi en nous même et en nos rêves. Et même si rien n’est vrai, s’y accrocher pour aller de l’avant et s’épanouir.
Ce livre n’est pour l’instant disponible qu’en anglais et en import (FNAC, WH Smith, Brentano’s) et pour ceux qui ne sauraient le lire dans le texte, je vous conseille d’écrire aux Editions du Marais pour leur demander une traduction pour janvier.
The night Listener d’Amistead Maupin aux éditions Chronicles en Anglais. Environ 160 francs


