Pour tenter d’occuper ces longues journées de femme mariée, Sonoko décide de suivre des cours de peinture traditionnelle. À l’école, elle rencontre la belle Mitsuko, avec qui elle lie bientôt des liens de tendre complicité puis d’amour. Mais dans la société japonaise de cette époque ce type de lien contre-nature doit être caché. Aussi Sonoko va-t-elle user de toutes les ruses possibles pour masquer ses sentiments à l’égard de Mitsuku à son époux. Quant à Mitsuku, elle entretient, de son côté, des liens secrets avec un jeune homme nommé Watanuki. Mitsuku est l’actrice et l’objet de la convoitise de ces personnages, qui vont tour à tour se rencontrer, se jalouser et s’envier. Entre eux vont se nouer des intrigues, des trahisons et des complots dont le dénouement ne se fera que dans la mort.
Cette histoire, présentée sous la forme d’un monologue, est quasiment un polar, dont la clef de voûte est l’amour unissant ces deux femmes. L’intrigue est complexe, très bien menée, riche en rebondissements, en retournements de situation et d’affection. Le tout est fait dans la pure tradition de l’écriture japonaise, c’est-à-dire avec lenteur et beaucoup de pudeur (il n’y a aucune description, même des plus allusives, aux relations physiques entre les personnages) et avec en toile de fond les traditions culturelles japonaises.
Ça reste néanmoins un livre qui traite, à sa façon et dans un contexte culturel donné, de l’amour lesbien et de la passion.
Écrit en 1928 sous le titre original Manji, traduit du Japonais par R de Ceccaty et R Nakamura, réédité chez Gallimard, collection Folio en décembre 97 36 F- ISBN 2070380795
