Whoops, I’m an indian! finit sur la patine laser… Quelques lments d’enqute pour comprendre Hal Willner, ce producteur de l’ombre, cette star inconnue.Car ici, entendre doit se lire comprendre. Aux Etats Unis, il est l’ initiateur de projets dcals et surprenants. Sa discographie en forme de filmographie dvoile un casting impressionnant et clectique. De W. Burroughs Allen Ginsberg, de Iggy Pop Marianne Faithful, de Charles Mingus Ima Sumac, Hal Willner fabrique ses disques comme des objets conceptuels, des mini-fresques piques. Pour son premier album en solo, Hal Willner brise tous ses disques, dchire toutes ses bandes et, les recolle dans un exercice parfois trs proche de l’ criture automatique surraliste. Les rfrences sonores se dcomposent sous nos oreilles pour se rincarner sous l’apparence d’un bal de pleine lune, d’une crmonie du chaos. Des perces de Toscanini envotes par un choeur vaudou, un rock science-fictionnel, une chanteuse de rumba passe la moulinette d’un ralenti obsdant, un chœur de cosaques russes mitraill au jazz, un zombie ivre de bourbon, sont les invits d’escapades fantomatiques et inclassables. Certains morceaux cultivent l’humour (Levinsky of the spirits), d’autres surprennent par la densit de leur atmosphre, opaque et sans ge. Une bande son pour un film de Cecil B. De Mille de l’aprs apocalypse la porte incantatoire rare. Initiateur de ce projet hallucinatoire, Howie B. a produit ce disque sur son label Pussy Foot Records. Quant moi, je continue d’explorer l’interzone.
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Hal Willner, Whoops, I’m an indian (PussyFoot/Delabel)


