Performer multi-visages (et plumages) irradiant nos scnes nocturnes de ses reprsentations onirico-ftichistes, la diaphane Xitron attire le regard des clubbers, comme celui des plus grands photographes. Pierre & Gilles en ont fait son portrait, Bettina Rheims un shooting Sainte Anne, Mila Reynaud dernirement, d’tranges photos mutant(es) entre homme, femme et crature-alien. Corps-surface en perptuelle trans(e)formation, inscrit sous un curieux matricule : petit, il cueillait des citrons aux arbres de son sud natal – fruits d’une si belle couleur, dont l’acide puissant laisse en bouche une lectrique saveur de… Xitron. A 34 ans, et en pleine ascension, il se dfinit comme un exprimentaliste htroclite, repoussant sans cesse les limites du genre pour donner corps ses visions inspires. Avec depuis toujours l’amour des fes mtamorphes. D’une enfance d’ailleurs trs tt enchante (un frre magicien, une grand-mre violoniste, un pre et un grand-pre tremps dans le music hall et le carnaval) Xitron garde un sens de la mise en scne pleinement fantasmagorique. Fan d’Alice et ses traverses d’univers, du surralisme (Dali c’tait dj de la 3D), mais aussi du Magic Circus, de la comedia Dell’Arte, de Fellini et bien sr de Melies, il collectionnera vite les premiers prix de show. Puis organise ses propres festivits.Trs jeune rsolu sortir du crneau glamour des transformistes eighties, Xitron se bat aussi pour le retour des sons et voix directs. Un live infiniment plus thtral qu’il russit importer de Toulouse Barcelone, en pleine explosion techno. A Paris (depuis 1995) la belle fait ses premires apparitions l’cran : dans Pdale Douce (en Alice), Le Trait du Hasard, et surtout dans le baroque et cruel Doberman de Jan Kounen. Ses rencontres avec trafiquants d’images et maquilleurs avant-gardistes (Degennes et Topolino) aiguisent encore son regard. De crature, Xitron s’envisage de plus en plus crateur. Nulle surprise donc si l’on voit bientt sur une chane phare une srie de clips signs et co-ralises par la belle : 50 Aventures au pays du futur mixant onirisme des premiers muets aux dlires cyber-technologiques les plus hallucinants. En attendant d’incarner certains des personnages fantastiques qu’elle a imagins, l’enchanteresse joue de sa nouvelle baguette magique : un personal computer. Sa petite amie la souris l’aide y concocter d’autres images parfois en partant d’anciennes, telle cette photo de Franois Darminy retravaille par ses longues mains de fe…
[laurely@outhebdo.com]


