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PAC Series Par Alain Royer

CQFD – De la nature des choses
Les quelques horreurs, bien relles et bien lourdes, que l’on a entendus au cours des dbats sur le PACS, sont-elles « un dchanement homophobe et ractionnaire » comme tend vouloir le montrer le MAG, association de jeunes gays et lesbiennes, ou bien sont-elles inhrentes au folklore parlementaire ? Se focaliser sur les drapages langagiers de certains risque en tout cas d’esquiver le fond du dbat : celui de la nature de l’homosexualit, et donc des couples de mme sexe. C’est bien au nom d’une diffrence de nature que la droite refuse leur intgration dans un cadre unique intgr au code civil. Patrick Devedjan s’est mme fait l’avocat de l’homosexualit cratrice, parce que hors norme et hors statut (ce qui n’interdit pas une galit des droits pour les couples de fait). La gauche ne rpond pas ces analyses car elle pose l’quivalence entre le couple homo et le couple htro comme un pralable ; condition toutefois qu’il n’ait pas d’enfants, car dans ce cas, avec les mmes arguments que la droite, ministres et dputs affirmeront de nouveau la nature diffrente de ces unions. Mais propos, si couples homos et htros sont de mme nature, pourquoi les pds s’obstinent-ils vouloir coucher avec des mecs ?
PACS les nouveaux pisodes du sitcom parlementaire
Durant tout le week-end du 7 et 8 novembre, l’Assemble a « dbattu » du PACS. L’obstruction de la droite fonctionne bien puisqu’ deux heures du matin le premier article, sur douze, n’tait pas encore adopt. Rsultat, il faudra remettre a les 1er et 2 dcembre prochains.
Samedi matin : la nullit transforme en vnement Lorsque le samedi 7 au matin, le dput Jean-Claude Lenoir (Dmocratie Librale) est mont la tribune pour dfendre sa « question pralable », il a cru que son jour de gloire tait arriv. Ayant annonc un discours de « plus ou moins cinq heures », il a failli faire le bide de sa vie. L’essentiel de son propos consistait dans la lecture laborieuse d’interminables articles de presse et extraits de rapport. Mme la droite semblait applaudir mollement. Heureusement, 12h30, Laurent Fabius a considr que l’Assemble tait « suffisamment informe », transformant miraculeusement ce dbitant d’eau tide en martyr du rglement de l’Assemble.
La schizophrnie des dputs de droite Pour Pierre Lechouche, (RPR) un homo ayant la garde d’un enfant forme bien une famille. C’est ce qu’il dit dans les couloirs de l’Assemble, en revanche, dans l’hmicycle, la norme familiale reste pour lui, comme pour Guigou, un homme, une femme et des enfants. Dans les couloirs, Christine Boutin estime que, quitte ce qu’il soit vot, autant que le PACS concerne aussi les homos, et Pierre Cazenave (RPR) ne serait pas oppos voter un PACS dont l’enregistrement se ferait par simple dclaration. On pourrait multiplier les exemples d’opposants qui sur le mme sujet ont deux approches : l’une pour l’affrontement droite/gauche et l’autre pour les conversations hors micro avec les journalistes. En fait, manifestement divis sur le sujet et sur le discours produire sur l’homosexualit, la droite tombe dans le panneau d’une opposition de faade aux arguments rptitifs et parfois peu construits.
PC : la rvolution des mours « Si certains, qui connaissent mal ou ne veulent pas connatre nos volutions, s’tonnent d’une telle position [en faveur du PACS], il faudra qu’ils s’habituent : le parti communiste franais a chang. » De fait, par la voix du maire de Bobigny, Bernard Birsinger, le PC a voulu concrtiser l’opration sduction mene en direction des associations gaies et lesbiennes (organisation de groupe de travail, audition l’Assemble et distribution d’invitations pour assister aux dbats), jusqu’ reprendre certaines de leurs formules. Exemple : « Parce qu’il avance vers l’galit des droits, le PACS ne dlite pas la socit », ce qui signifie que le PACS ne serait qu’une tape vers l’galit complte des droits, c’est–dire le mariage civil ouvert aux homos. Et pour marquer leur diffrence, les communistes se sont abstenus lorsqu’il s’est agi de voter l’amendement instituant l’enregistrement du PACS au greffe du tribunal d’instance, lui prfrant la mairie.
Patrick Devedjan : Le plaideur L’avocat RPR Patrick Devedjan a plaid. Et sa plaidoirie fut largement applaudie par les dputs de droite, mais certains d’entre eux le souponnent de pouvoir mettre autant de talent pour condamner le PACS que pour le dfendre. « Les homosexuels ont apport de tout temps suffisamment de richesses la culture et la civilisation pour n’avoir besoin ni de rhabilitation ni d’un statut social particulier, et encore moins d’une commisration hypocrite. » Ce genre de sortie de la part du porte-parole du RPR n’a pas accueilli autant d’applaudissements que son argumentaire sur le statut des partenaires du PACS. Seront-ils clibataires ou bien bnficieront-ils d’un statut, entre clibat et mariage, ou devront-ils, scandale, cocher la case « mari » sur la fiche d’tat civil. « On n’en est pas un parodoxe prs dans la dfinition de ce statut commun : tandis que les htrosexuels veulent s’loigner du mariage, les homosexuels veulent s’en rapprocher. On est toujours le ringard de quelqu’un. » Comme beaucoup de dputs de l’opposition, Devedjan est d’accord pour accorder des droits aux couples homos mais refuse l’ide d’une reconnaissance dans un statut qu’il dcrit comme « une usine gaz ». Mais ce qu’il ne dit pas dans son discours, c’est qu’il est favorable une reconnaissance la sudoise (une loi largement inspire du mariage mais rserve au couple de mme sexe) qui aujourd’hui s’apprte accorder les droits l’adoption et la Procration Mdicalement Assiste.
Le cas Roselyne Bachelot Lorsque Roselyne Bachelot, dpute RPR du Maine-et-Loir, est monte la tribune, le silence qui se fit dans l’hmicycle tmoignait lui seul de l’importance du moment. Celle qui se prsente comme une militante du PACS depuis plusieurs annes s’est vu accorder cinq minutes sur le temps de parole du RPR par Jean-Louis Debr et Philippe Sguin : « Je ne sais pas s’il y a beaucoup d’autres formations qui en auraient fait autant », prcise-elle, juste titre, mue et la voix blanche. Aux dtracteurs de droite qui ne voient dans le PACS qu’une revendication gaie elle rpond « Qui mieux que des homosexuels pouvaient partir de leur exprience de solitude, de rejet, de mpris, faire le diagnostic des difficults qui rongent notre socit ? Ils et elles ne veulent ni le dgot des saintes nitouches ni la commisration des dames patronnesses. » « Finalement, conclut-elle la voix brise et peine audible, nous ne reconnaissons ici qu’une communaut : la Rpublique. »
Alors c’est pour quand ? Le journal le Monde, la Une de son dition du samedi 14 novembre, annonce que le PACS ne sera pas vot avant l’autonme 1999. Aussitt Elisabeth Guigou dment et promet la fin des navettes entre l’Assemble et le Snat pour la fin du premier semestre 1999, soit le mois de juin, au moment de la gay pride. De toute manire se sera long et laborieux, tout le monde le sait. Mais qui les spculations du Monde servent-elles ? La droite, qui pourra jouer sur le syndrome du 9 octobre et le manque d’adhsion des socialistes au projet ? Ou bien la gauche, qui en criant au loup espre acclrer les choses ?

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