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Christophe Girard – Interview

Christophe Girard
M6 Zone Interdite dimanche 22 20h50 (rediff mardi 0h25) L’ homosexualit visage dcouvert. Quatre sujets pour rpondre la question : que veulent les homos ? : « Modes et business gay »; « San Francisco, existe-t-il un PACS l’amricaine »; « Mykonos, paradis des gays » et « La saga Saint Laurent » Christophe Girard, Directeur gnral adjoint de « Yves Saint Laurent Couture », directeur de la publication de Ttu et secrtaire gnral d’Ensemble Contre le Sida, rpond e.m@le magazine.

Quels sont les souvenirs que vous avez de vos premires expriences tlvisuelles ?
La premire fois, c’tait dans « Bas les Masques » de Mireille Dumas, suite des interviews dans Gai-Pied ou Globe. Aprs j’ai refus beaucoup de propositions car le risque est de devenir un « gay de service ». D ‘autant qu’il est extrmement difficile de devenir tout coup, pendant un quart d’heure ou une heure, le spcialiste d’une partie de sa personnalit, son homosexualit, de devenir uniquement homosexuel. Avec « Zone Interdite » le tournage a dur une dizaine de jours, raison d’une heure ou deux chaque jour. a vous donne l’impression qu’il n’y a plus que a qui existe. D’ autant que pour montrer que nous sommes des gens comme les autres, on est oblig de tout expliquer, d’aller dans le plus intime de soi.

Vous travaillez auprs de Pierre Berg, PDG de la maison Yves Saint Laurent, votre engagement peut-il poser des problmes.
Il ne faut surtout pas rflchir en terme d’image ou de marketing, d’autant que lorsque l’on a une nature de militant, comme moi ou Pierre Berg, on ne rflchit pas pour savoir si c’est le bon moment ou la bonne poque pour dire telle ou telle chose. J’ai fait mon coming out au lyce quand j’avais quinze ans, et depuis j’ai toujours revendiqu de ne pas me mentir, de ne pas mentir aux autres, de les respecter et de me faire repecter. J’ai pu me tenir cette ligne de conduite notamment parce que je suis entr chez Saint Laurent, dirig par deux personnes publiques qui sont exemplaires sur le sujet.

Une mission sur les gays, c’est souvent une mission sur le Marais.
Dans un reportage sur le Marais on sait d’avance ce qu’on va y voir, mais on ne peut pas accepter d’tre enferm dans des clichs, c’est pourquoi j’avais ragi assez violemment une mission de Charles Villeneuve, diffuse sur TF1. Le Marais ne peut en aucun cas illustrer la vie des gays d’aujourd’hui, a n’a aucun sens. Arrtons de donner de l’ importance au Marais, qui n’est qu’un quartier de Paris o l’on va pour boire un verre, dner, se balader et s’amuser. Rien de plus. Que dirait-on d ‘une mission qui montrerait un Club Mditerrane ou Disneyland pour expliquer l’htrosexualit. Je prfrerais une missision o l’on parle du rle des gays dans la culture, la politique. On estime par exemple qu’il y aurait 15 % de gays dans l’htellerie. Mais si c’est pour montrer quelques jolis serveurs, a n’a aucun intrt, la question est de savoir pourquoi il y a plus de gays dans certains mtiers. Il faut aussi des missions o la place des filles serait beaucoup plus importante, mais pour faire de l’ audience, la tlvision a besoin d’images choc, et donc d’images qui choquent.

Avec votre exprience, pouvez-vous donner quelques conseils ceux qui sont sollicits pour tmoigner ?
Je pense d’abord qu’il faut savoir refuser de tmoigner. Ensuite un tmoignage se prpare, il faut en parler autour de soi, se faire conseiller, rflchir aux arguments et aux rponses que l’on va donner : on est sur des sujets trop graves, qui impliquent trop de gens. Des mauvaises rponses peuvent avoir des consquences nuisibles pour la communaut. Il faut se sentir responsable, car tmoigner, c’est un engagement vis–vis de soi et des autres.

Propos recueillis par Alain Royer.

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