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Sida : le cri d'alarme des associations


Au niveau mondial, le financement de la lutte contre la pandémie régresse avec déjà des conséquences morbides se sont indignées ce matin les associations...
Sida, Re-mind the gap, Solidarité, Santé



En conférence de presse à Paris, Act Up, AIDES, Sidaction, Solidarité Sida, Coalition PLUS et d'autres associations de lutte contre les pandémies de Sida, tuberculose et paludisme ont lancé un cri d'alarme face au recul du financement par les pays riches de la lutte contre ces maladies, avec des conséquences déjà patentes dans les pays pauvres. Ce sont déjà 15.000 personnes par jour qui décèdent des suites du Sida, de la tuberculose ou du paludisme dans le monde.

Barbara Alfandari (Solidarité Sida) a présenté la campagne 'Re-mind the Gap' ('Combler le trou') qui résume le différentiel croissant entre les besoins de financement de la lutte contre les pandémies et les moyens effectivement consacrés par les pays riches qui régressent. Réunissant une centaine d'associations dans plus de 40 pays, le but affiché de cette campagne est d'avoir «une bannière commune pour s'exprimer sur le besoin de financement», aujourd'hui largement insuffisant.

Eric Fleutelot pour le Sidaction a rappelé les chiffres : 33 millions de personnes sont porteurs du VIH dans le monde et l'on estime que 11 millions d'entre eux devraient bénéficier de l'aide internationale pour obtenir leur mise sous traitements antirétroviraux. Toutefois, seuls 4 millions de ces personnes disposent aujourd'hui de tels traitements fournis par la solidarité internationale. Le 'Gap' à combler concerne ainsi 7 millions d'individus. «Les objectifs du millénaires, soit l'accès universel aux traitements en 2010, ne seront pas atteints» dénonce-t-il. Pire, «En 2009, la Tanzanie a diminué son budget affecté à la lutte contre le Sida de 25%», «Le Swaziland, pays le plus touché au monde a vu son taux de séropositifs mis sous traitements passer de 60% à 50%» et «des ruptures d'approvisionnement en traitements sont constatées dans plusieurs pays», l'Ouganda, le Togo, le Cameroun, le Malawi, le Burundi. Ces reculs dans la lutte contre la pandémie vont non seulement provoquer à court et moyen terme une hausse de la morbidité mais fragiliser plus encore les systèmes de santé avec, in fine, un coût financier supérieur sans parler du recul face à la lutte contre la maladie et l'obligation de choix cornéliens : «devoir choisir les personnes bénéficiant des traitements disponibles, faute de pouvoir les traiter tous», parfois au sein de mêmes familles ou fratries.

Pour Fogué Foguito, un militant associatif intervenant depuis le Cameroun, «Il est temps qu'on agisse. Nous (ndr : 49 associations du Sud) avons publié dans la presse un appel pour attirer l'attention du monde entier», «il est inadmissible et inacceptable que l'on n'ait pas accès aux traitements».

Cet appel intervient alors que le Fonds mondial de lutte contre les pandémies réunit son conseil d'administration à Addis-Abeba (Ethiopie) et que des coupes ont déjà été décidées par le Fonds, faute d'argent suffisant en caisses. «L'impact des coupes se fait déjà sentir sur le terrain» dénonce ainsi Emannuel Trenado (Coalition PLUS), les projets jugés nécessaires par les experts du Fonds nécessiteraient l'engagement de 2.7 milliards de dollars mais il n'y aurait que 700 millions en trésorerie.

C'est cette situation que Pauline Londeix pour Act Up a également déploré, le fait que seuls 40% des personnes dans le monde nécessitant un traitement en bénéficient. «Pour l'Elysée, il n'y a pas d'argent alors que les besoins pour l'accès universel aux traitements représentent 0.2% des montants consacrés aux plans de sauvetage des banques» estime la militante. Mais c'est aussi la question de la qualité des traitements donnés dans les pays pauvres qui pose problème, avec des médicaments distribués souvent anciens de conception, de première génération, par la faute des systèmes de brevets contre lesquels les Etats ne luttent pas assez alors qu'ils disposeraient des outils juridiques pour le faire. L'idée d'une taxe sur les transactions financières pour l'aide au développement a été encore avancée, taxe à hauteur de 0.05% des montants transigés permettant de collecter 60 milliards de dollars par an.

Aussi, les associations craignent que les appels à projets soient gelés en 2010, la question du financement dès 2011 demeurant une inconnue.

Concernant la France, une députée UMP, Henriette Martinez, a suggéré dans un rapport de réduire la contribution de la France au Fonds mondial. Sur ce même sujet, une dizaine de militants d'Act Up ont interpellé lundi 2 novembre Eric Woerth, ministre du Budget lors d'un débat où il était invité à l'Université Paris-Dauphine. «Le ministre du budget ne s'est pas expliqué sur son refus d'augmenter l'aide publique au développement alors même qu'il trouvait des milliards pour renflouer les banques» avait indiqué ensuite l'association dans un communiqué titrant «Des milliards pour les banques, des séropos en cendres».

Aujourd'hui, mercredi 4 novembre, comme tous les jours de l'année, 5.000 personnes succomberont des suites du Sida dans le monde.

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Témoignages de parlementaires lors d'une visite au Burkina Faso

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Plus d'infos sur la campagne Re-Mind the Gap : Ici

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04/11/2009 Themes Prevention G.L.

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