Tof : Bonjour Valérie et Jeremy, merci de m'accorder un peu de votre temps pour parler de la pièce "En attendant la gloire" actuellement au théâtre le Temple, et dans laquelle vous jouez ... Dites-moi , comment êtes-vous arrivés dans cette aventure ?
Jeremy Lorca : Moi je suis un comédien et auteur de 25 ans et "En attendant la gloire" est ma toute première pièce de théâtre ... Avant j'ai fait pas mal de publicités et puis j'ai été mannequin pour payer mes cours de théâtre, avec quelques petits rôles dans des séries et dans des films. D'ailleurs j'ai aussi écrit un court-métrage auparavant ...
Valérie Bègue : Cette pièce m'est arrivée un peu comme une belle surprise de la vie. Tu sais ces choses qui vous tombent dessus sans qu'on sache très bien comment exactement. En fait j'ai reçu début Décembre 2009 un coup de fil d'Ariane Séguillon, la metteur en scène, et je pensais que c'était un gros gag parce que ça faisait déjà 3 ou 4 mois qu'on me faisait des canulars au téléphone. Ce n'est qu'à la fin de la conversation que j'ai réalisé ce qui m'arrivait ! [Rires] Quelques temps après j'ai reçu un mail de Jeremy avec la pièce en pièce jointe. Je suis allé au rendez-vous avec Ariane en pensant que c'était un guet-happens, et puis voila ! [Rires]
Jeremy Lorca : Non c'est pas vrai tu croyais ça ? [Gros éclat de rire]
Valérie Bègue : [Rires] Enfin bref j'avais tellement envie de le faire. j'avais été cash dès le départ en disant bien que je n'étais pas comédienne mais que j'allais vraiment travailler et faire tout ce que je pouvais pour que ce soit le plus propre possible
Tof : Jeremy, est-ce que tu te souviens de ce qui t'a donné envie de te lancer dans la comédie ?
Jeremy Lorca : En fait c'est très compliqué à définir parce qu'il me semble que je veux faire ça depuis tout petit. C'est très bizarre à dire mais c'est vraiment quelque chose que j'ai su d'instinc dès 3, 4 ans. Je faisais toujours le clown, j'essayais toujours de faire des rôles, d'interpréter des trucs etc ... Je n'ai jamais démordu de mon idée et c'est très rigolo car je me souviens que ça avait pas mal déconcerté ma conseillère d'orientation qui me suivait du collège à la fin du lycée ... Elle m'avait dit que j'étais une des rares personnes à avoir toujours la même idée à dix ans d'intervalle. L'envie d'écrire est venue par la suite ...
Tof : Il me semble avoir lu que tu avais mis 3 ans pour écrire cette pièce ...
Jeremy Lorca : Pas du tout ! Concrètement entre le moment où j'ai terminé mon premier manuscrit et le moment où j'ai mis le pied sur scène il y a eu un an et demi donc ça s'est passé relativement vite ...
Tof : Valérie, il me semble que tu voulais plutôt te lancer dans le journalisme non, avant ton élection de miss France ?
Valérie Bègue : Ha à peine ! Quand j'étais jeune fille au pair aux Etats-Unis, j'ai en effet pris des cours de journalisme pendant un an, mais ce n'était pas vraiment une vocation. Un an c'est tout de même un peu maigre ...
Tof : Est-ce que tu te souviens de ce que tu avais répondu lorsqu'on t'avais demandé quelles étaient tes motivations pour devenir miss France ? Tu sais la fameuse question où elles répondent toutes que la guerre c'est pas bien ... Et est-ce que ce que tu vis actuellement est conforme à ce que tu espérais alors ?
Valérie Bègue : Holala mais tu sais que ça c'est vraiment un vieux cliché sur les miss ? Je ne me souviens pas trop de ce que j'ai dit à ce moment là. J'aspirais juste à travailler. A l'époque je voulais travailler dans l'import-export, le marketing. Je faisais des études dans le commerce international et c'est ce qui me branchait vraiment. Aujourd'hui si j'avais dû retomber dans l'anonymat, si j'avais dû m'éloigner de ce milieu là c'est ce que je ferais ...
Tof : Entre nous tu n'es pas un tout petit peu fière d'être la miss qui a un peu décoincé cette fameuse institution Miss France ?
Valérie Bègue : Fière ? Mais de quoi ? D'avoir foutu la merde ? Alors là non vraiment ! Non ! Franchement moi je me serais bien passée de tout ça. Souvent les journalistes me disent : "Mais oui mais quand même ça vous a bien servi cette histoire ..." Mais pas du tout ! Je ne souhaite pas ce genre de galère même à ma pire ennemie, parce que c'est difficile quand on est jeune, quand on n'est pas armée à affronter ça, quand on est plongée dans cet univers hostile, et que du jour au lendemain, on devient la cible de tant de personnes, qui essaient de vous mettre la tête sous l'eau ! C'est terrible ! Ce n'est pas vrai en plus que je suis à l'origine d'un changement chez les miss. Ca fait bien longtemps que c'est déringardisé et je pense que ça fait quelques années qu'on a des miss modernes, à qui ont donne beaucoup plus la parole. Elles peuvent s'exprimer montrer leur caractère, incarner une femme moderne quoi !
Tof : Ok ... Jeremy, dis-moi, est-ce que tu avais envie d'exprimer quelque chose de particulier dans cette pièce ?
Jeremy Lorca : Oui ! Je voulais absolument parler des rapports parents-enfants et du manque de communication qui existe entre les générations. Je sais pas si tu vas être d'accord avec moi mais j'ai l'impression qu'on trouve toujours ses propres parents un peu ringards, ou coincés, mais en fait on adore toujours les parents des autres ... A travers cette pièce j'ai voulu montrer qu'il suffisait de parler un peu avec ses parents pour s'apercevoir que c'était ni des monstres, ni des ringards, ou des gens complètement éloignés de notre vie. Je voulais un peu casser ces préjugés ... Là c'est juste un support comique en plus mais le thème principal ne s'adresse pas qu'aux comédiens. C'est un peu sur les femmes, sur les rapports amoureux et sur le manque de communication entre les générations ... Tous les personnages de la pièce sont vraiment en attente de quelque chose.
Tof : Est-ce qu'on peut dire qu'il y a quelque chose d'autobiographique dans tout ça ?
Jeremy Lorca : Hmmm, et bien il se trouve que j'ai une grand-mère assez originale, et je trouvais intéressant d'avoir quelques références à elle. Bien sûr il y a forcément une part autobiographique puisque moi-même je suis comédien et que j'ai vécu aussi des situations un peu loufoques au travers des castings que j'ai pu passer, comme les personnages de la pièce.
Tof : En découvrant l'histoire on se dit que tu as sûrement été beaucoup entouré de femmes ...
Jeremy Lorca : Déjà j'aime beaucoup écrire des rôles de femmes parce que je trouve qu'elles sont vraiment fascinantes et merveilleuses. Sur scène j'adore en voir une un peu éméchée, qui fait tomber ses inibitions, mais aussi les scènes de "crêpage de chignons", et puis voir comment elles réagissent entre elles lorsqu'elles ont un peu bu ! [Rires] Et puis c'est vrai que j'ai été élevé sans référence masculine, du coup cette pièce est un vrai hommage !
Tof : Je trouve que d'une certaine façon tu montres une famille recomposée aussi ...
Jeremy Lorca : Et bien moi en tout cas je viens d'une famille recomposée. Et c'est vrai que ça correspond assez à la vie d'aujourd'hui. Il y a finalement peu de familles qui résistent à ça ... Effectivement aucun rapport familial n'est vraiment très simple dans l'histoire d' "En attendant la gloire". La mère a été larguée par son mari, la fille va vivre le divorce de ses parents, Julie a perdu sa mère, et moi en fait mon père n'est jamais là et il trompe ma mère. Je voulais aussi que chacun aie sa propre histoire. Je trouvais ça plus riche et ça reflète vraiment la vie d'aujourd'hui.
Tof : C'est tout simplement l'histoire de la rencontre entre des personnes en manque d'affection ...
Jeremy Lorca : Complètement ! Moi je vais te dire une chose : Je suis un grand enfant ! Je suis toujours un peu en train de chercher de l'affection et ce n'est sûrement pas un hasard si mes personnages sont tous célibataires ...
Tof : Valérie, mais au fait comment as-tu vu venir ce nouveau projet ? J'imagine que ça représente une grosse pression lorsque c'est la première fois ...
Valérie Bègue : Forcément ! J'avais le sentiment que les gens m'attendaient au tournant et que je n'avais pas droit à l'erreur. C'est faux parce que finalement si tu regardes bien tout le monde doit toujours être impeccable, et n'a pas droit à l'erreur, qui qu'on soit ! Moi j'ai cette chance inouïe de pouvoir redorer mon blason, de montrer de quoi je suis capable. Il faut que je continue de travailler car sans cela rien n'arrive ça c'est clair !
Tof : Tu te souviens de ta toute première fois ? Ce qui me frappe c'est que tu n'évoques jamais le trac ...
Valérie Bègue : Holala j'étais excitée comme une puce ... Bien sûr il y a le trac au début mais ça ne dure que deux secondes. Il faut savoir qu'avant nous il y a une autre pièce, qu'on doit très vite s'installer et qu'on a pas le temps vraiment d'avoir peur. Enfin j'avoue que j'ai quand même besoin d'être sur place au moins une heure avant alors que Jeremy, au contraire, il aime bien arriver au dernier moment ...
Tof : Tu t'es tout de suite sentie familière avec le personnage ?
Valérie Bègue : Non, parce qu'on n'est pas si proches que ça, enfin j'espère pas ! [Rires] Bon c'est vrai qu'on a des points de ressemblance, comme le fait qu'on soit toutes les deux assez débrouillardes, assez positives dans la vie. C'est un côté d'elle que j'aime beaucoup et qui m'en rapproche. Après ça reste un rôle de composition ...
Tof : Est-ce que tout cela laisse de la place à l'improvisation ?
Jeremy Lorca : [Rires] On s'amuse !
Valérie Bègue : Depuis une dizaine de jours il y en a parce que maintenant on s'est débarassés du texte, et on travaille davantage sur les intentions de jeu. Du coup on se lâche un peu plus... Ca amène quelques scènes cocaces et pas mal de fous-rires !
Tof : Est-ce que le scénario a été modifié suivant la personnalité de certains des comédiens ?
Valérie Bègue : Non pas à ma connaissance. Tu sais mon coach Bruno Dupuis me disait souvent une phrase qui est restée gravée dans ma tête : "les comédiens sont commes les musiciens d'un orchestre". C'est un vrai travail d'équipe et la pièce est comme une partition qu'il faut respecter ...
Bien sûr on apporte chacun sa touche personnelle, mais c'est impotant de garder la précision du travail qui a été fait en amont par l'auteur et la metteur en scène.
Tof : Jérémy, j'ai cru déceler une très grande sensibilité chez toi ... Du coup le théâtre est pour toi une thérapie ou est-ce qu'au contraire cette activité peut te poser problème ?
Jeremy Lorca : C'est vrai que l'hypersensibilité est souvent liée à une hyper expressivité, et la scène m'aide à la canaliser ... En même temps je la revendique totalement car pour moi c'est ça la vraie vie. C'est se fier à son instinct avant tout ! Et j'ai remarqué que depuis que je fais du théâtre je suis beaucoup plus calme dans la vie.
Tof : Est-ce que tu avais une idée précise de la façon dont tu voulais représenter le personnage homosexuel ?
Jeremy Lorca : C'était impossible qu'il ne soit pas homosexuel. Dans mon idée il vit avec trois très belles femmes donc c'était beaucoup plus simple qu'il soit homo, pour qu'il n'y ait aucune ambigüité possible au niveau de la drague. En fait c'était ce qui ferait que chacune des filles pourrait se livrer à lui sans aucune pudeur ! En fait tout est partie d'un sketsche, ensuite c'est devenu une pièce de théâtre. Je me suis dit est-ce que je joue le rôle ou pas ? Finalement j'ai décidé de le jouer et la seule chose importante c'était de ne pas en faire une caricature. Je pense que j'en fais pas une folle tordue mais juste un personnage un peu métrosexuel dans son comportement. Je ne voulais pas qu'il véhicule les mauvais stéréotypes qu'on peut voir parfois des homos ... Je ne voulais froisser personne !
Tof : Valérie, est-ce que le monde du théâtre ressemble à l'idée que tu t'en faisais ?
Valérie Bègue : Tu sais je ne me suis pas trop posé de questions finalement. J'étais juste excitée à l'idée de monter sur les planches et de me confronter au public. C'est dingue parce que j'ai passé une année formidable à être toujours en contact avec des gens, et c'est vraiment la meilleure chose qui me soit arrivée. Monter sur scène aujourd'hui, jouer face au public et pouvoir partager cette nouvelle expérience avec lui, de pouvoir interagir, c'est juste extraordinaire. Avoir un nouveau un contact aussi privilégié avec un public, c'était une vraie attente.
Tof : Par rapport à ta petite expérience de comédienne dans un téléfilm ?
Valérie Bègue : Ca n'a rien à voir, c'est pas comparable ! En terme de jeu, il y a une prise de risques incontestable au théâtre. Tous les soirs c'est une mise en danger perpétuelle, avec une réponse immédiate du public. Tous les soirs il y a ce défi d'attraper l'assistance et de l'amener avec nous dans notre délire ... C'est pas rien ! Le tournage d'un téléfilm demande aussi beaucoup de précision et de rigueur mais disons qu'au théâtre il n'y a pas de deuxième chance ...
Tof : Dis-moi Jeremy, comment on imagine une pièce ? Je veux dire ... lorsque tu crées un personnage, as-tu besoin de lui imaginer toute une vie, tout un cv ?
Jeremy Lorca : Je vais te dire un secret d'écriture ... En fait j'aime beaucoup le sens de la formule, les phrases pertinentes, rigolotes ... Et donc je me ballade souvent avec une petite bible dans laquelle je prends des notes. Je relève les expressions sympas, quelquefois même des trucs qui n'existent pas comme "hop, hop, hop escalope", que j'utilise dans la pièce et que j'ai retenu une fois où ma langue a fourché. Ensuite je trie toutes ces expressions et je réfléchis à quel genre de personnage va pouvoir les dire. Ensuite j'imagine les liens entre chacun et seulement après je m'intéresse à leur passé et à ce qu'ils vont devenir ! Et bien sûr il faut absolument que chaque protagoniste connaisse une évolution !
Tof : En général qu'est-ce qui te fait rire ?
Jeremy Lorca : C'est l'humour très cynique ! Et plus généralement ce sont les gens qui assument ce qu'ils sont, ceux qui ont du panache. Le personnage de Julie par exemple (Valérie Bègue) est un personnage qui assume tout à fait son côté "mode". C'est une fille qui est très intelligente mais elle a un côté futile qu'elle assume totalement. Elle se demande par exemple avec quel corps de métier elle peut coucher ou pas [Rire]. Moi j'adore ce genre de personnage dans la vie. J'aime beaucoup l'humour décalé et par contre pas du tout l'humour vulgaire et potache.
Tof : On peut trouver une petite affiliation entre "Absolutely Fabulous" et "En attendant la gloire" non ?
Jeremy Lorca : J'adoore merci ! Si tu veux je ne m'en étais pas rendu tant compte que ça, mais c'est en voyant le travail du styliste, notamment sur la mère que c'est devenu plus évident ! Il faut dire qu'elle se prend pour Marylin et qu'elle s'habille en léopard quand même ! Elle a vraiment ce côté blonde un peu Patsy de Ab Fab ... Bien sûr ! Je voulais un petit côté Sex In the City, avec Valérie qui est très pétillante, très fashionista ...
Tof : Dic donc si je ne m'abuse tu as joué dans "Sex and the City" d'ailleurs ...
Jeremy Lorca : Ouiii ! Mais c'était une toute petite participation, c'était mon premier tournage quand j'avais 20 ans. En fait je jouais un mùannequin et on me voit très très peu. Figure-toi qu'à l'époque je ne connaissais pas la série. Le truc c'est que maintenant je connais bien évidemment "Sex and the City" et je sais que c'était cool d'y participer, mais je réalise que je n'en ai pas assez profité. En fait comme le tournage se passait tout en anglais j'étais plutôt paniqué par rapport à ça ...
Tof : Tu as une anecdote par rapport à ce tournage ?
Jeremy Lorca : Oui mais est-ce vraiment intéressant pour ton interview ? [Rire] En fait quand le réalisateur a crié "Action" je suis parti, et je n'avais pas vu que derrière moi, Sarah Jessica Parker qui me faisait des "pssssss pssss pssss". En fait il ne fallait pas partir à "Action" mais à "Background Action" et du coup j'ai fait arrêter le tournage. Tout le monde m'a regardé en se disant "mais le pauvre il va se faire fusiller". Moi complètement géné je leur ai dit "I'm sorry, It's my first time", etc ... Et c'est là que Jessica est venue me voir, m'a fait un hug et m'a dit "No, no you're cute". C'est là que tout le monde m'a un peu maudit et je ne comprenais pas vraiment pourquoi, mais aujourd'hui quand même je me dis que Sarah Jessica Parker m'a fait un hug quand même ... [Sourire]
Tof : Et par rapport à la pièce, avez-vous chacun une anecdote à me raconter, sur une réaction inattendue du public ?
Jeremy Lorca : Par exemple Dimanche, il y avait dans la salle une spectatrice qui avait à mon avis déjà vu le spectacle et qui connaissait donc les répliques. Elle ne pouvait pas s'empêcher de les murmurer avant que je les dise et donc du coup c'est vrai que c'était un peu déconcertant ! [Rires]
Valérie Bègue : Pour moi c'est un peu dans l'autre sens ... On s'attend souvent à des réactions à certains moment et quand ça n'arrivev pas on se dit "Mince je n'ai peut-être pas parlé assez fort". Ou alors le public rit à un moment auquel on ne s'attend pas. Ou encore c'est quelquefois amusant d'entendre les commentaires, comme le w-e dernier autour d'une histoire de chapeau, où j'ai entendu des spectatrices dire de mon personnage "Mais enfin mais elle est trop con, elle le met en collier, elle ne voit pas que c'est un chapeau ?" [Rires] C'est vraiment du second degré et je m'amuse tellement à faire le clown sans arrêt !
Tof : Valérie, si on te le proposait à nouveau tu pourrais redevenir présentatrice ?
Valérie Bègue : Oui ! C'est dommage parce qu'en France on a tendance à étiqueter les gens et à les mettre dans des cases. Quand tu es dans la case "Théâtre" tu n'as pas le droit de faire autre chose. Pareil pour la case "Cinéma" et la télévision ... Moi aujourd'hui je n'ai pas envie de choisir ! On m'a ouvert des portes partout. Je suis tellement curieuse de la vie et consciente que ça ne durera pas éternellement que je veux en profiter tant que ça va. J'envisage à la rentrée de présenter une émission de télé et j'espère que ça ne me bloquera pas pour mes projets futurs !
Tof : Qu'est-ce que tu vas me répondre si je te dis que je pense que tu as tout pour devenir une icône gay ?
Valérie Bègue : Ha bon ? Mais c'est pas possible je suis homophobe !
[Silence]
Tof : Pardon ?
[Gros éclat de Rire collégial]
Valérie Bègue : Non non je déconne ! [Rires] Je vous ai bien eu ! Je sais pas ... Pourquoi une icône gay ?
Jeremy Lorca : Mais oui mais on est assez d'accord là-dessus en fait !
Tof : En général ce sont des femmes très belles, des femmes qui "en ont", qui n'ont pas leur langue dans leur poche, avec un côté "bonne copine" aussi peut-être ...
Valérie Bègue : Ah oui ? Ce serait la classe mais vraiment je n'ai pas la prétention de l'être ou de le devenir !
Tof : En tout cas on sent qu'il y a une vraie complicité entre vous deux et aussi avec les deux autres comédiennes, et c'est assez sympa à voir ! Moi-même je pensais que vous êtiez de vieux amis ...
Valérie Bègue : Merci beaucoup c'est gentil ! Ca doit se voir encore plus maintenant qu'on a bien rôdé le spectacle ! On a appris à se connaître et c'est vrai qu'il y a maintenant une vraie alchimie entre nous ...
Tof : As-tu une référence du côté des comédiennes ?
Valérie Bègue : Je sais que ça fait prétentieux mais bon quand on sait que je ne me prends pas au sérieux ... En fait je dis souvent que j'aimerais être la Cameron Diaz française [Rires] Ca aurait été plus fin de citer une actrice française, mais que veux-tu jadore le décallage et l'autodérision que reflètent cette actrice !
Tof : A un moment dans la pièce, les personnages doivent faire du doublage de film porno. D'où vient cette idée ?
Jeremy Lorca : Alors c'est un truc qui ne m'est jamais arrivé mais en revanche on m'avait déjà proposé de le faire. C'était très très bien payé et j'y avais réfléchis, et je ne l'ai pas fait. Pas pour des questions de conscience parce que je trouvais ça plutôt fun, mais simplement parce que j'ai eu autre chose qui est arrivé au même moment ...
Tof : Et tout cela donne naissance à une scène hilarante dans laquelle se télescope le doublage de films pornos avec une situation dramatique ... Un grand moment !
Jeremy Lorca : Et bien écoute merci beaucoup, car au moment où j'ai écrit la pièce j'avais imaginé que les gémissements s'arrêteraient très vite, et finalement c'est Ariane Seguillon la metteur en scène qui m'a demandé de les continuer. C'est vraiment une scène dont tout le monde me parle et tout le monde me parle de mes orgasmes aussi. Tout le monde vient me voir , un peu géné en me disant "bon on se connait pas beaucoup mais bon, est-ce que vous faite pareil dans la vie ?"
Tof : Qui a eu l'idée d'embaucher Valérie Bègue?
Jeremy Lorca : En fait c'est moi qui l'ai proposée. J'ai eu l'idée de Valérie Bègue et la metteur en scène ne voulait pas la rencontrer car elle trouvait que c'était trop "Miss France". Moi, ce que j'aime beaucoup chez cette fille c'est qu'elle est pétillante. J'aime beaucoup sa voix et la candeur qu'elle peut dégager. Elle disait vraiment sur les plateaux qu'elle voulait être actrice et je trouvais que ce serait intéressant de l'auditionner. Du coup j'ai fait du forcing pendant deux jours et quand elle a passé l'audition on s'est dit "C'est elle, on a trouvé".
Tof : Je la trouve en tout cas vraiment lumineuse sur scène, si bien que je me suis demandé si les autres comédiens n'avaient pas un peu l'impression de se faire voler la vedette ...
Jeremy Lorca : Non. moi de mon point de vue je ne le ressens pas et je pense vraiment que notre entente est très seine. En plus je trouve assez légitime que ce soit elle qui porte le projet et qu'on fasse appel plus à elle pour les interviews étant donné que c'est sa première pièce. Ca se passe vraiment très bien ... Valérie c'est une vraie bulle de champagne. Je suis très très fier qu'elle soit dans mon projet car elle correspond vraiment à l'idée que je m'étais faite du personnage.
Tof : En ce moment tu écris un roman ... Peux-tu m'en dire plus ?
Jeremy Lorca : Ouii ! C'est mon tout premier livre et il raconte l'histoire d'un jeune homme qui sort énormément dans le Marais dans les boîtes de nuit, et épaulé par ses deux meilleurs amis il fait tout et n'importe quoi pour rencontrer l'âme soeur.
Tof : Pourquoi as-tu choisi de concrétiser ce nouveau projet par un roman et pas une nouvelle pièce ?
Jeremy Lorca : Parce que c'est quelque chose qui me tient vraiment à coeur. Tu sais à 25 ans, je suis super heureux avec cette pièce qui est vraiment mon premier projet, et pour lequel on a pas mal de presse! En revanche un roman c'est quelque chose que tu peux garder. Il y a une part de moi là-dedans et bien sûr une part d'imagination mais j'ai vraiment envie de l'avoir dans la main pour pouvoir le lire et relire. C'est ça la différence par rapport à la pièce qui a quand même quelque chose de plus furtif ! Ca pourrait être un film aussi ... Je contacte des réalisateurs en ce moment.
Tof : Peux-tu me parler de la metteur en scène de la pièce ?
Jeremy Lorca : Ariane Séguillon ? En fait à la base c'est une actrice qui a beaucoup tourné ! "En attendant la gloire" est sa première grosse mise en scène ... Je l'ai rencontré via myspace parce que j'ai complètement adoré un film dans lequel elle a tourné et qui s'appelle "Tu vas rire mais je te quitte".
Tof : Avec qui aimerais tu travailler à l'avenir ?
Jeremy Lorca : J'aimerais beaucoup faire quelque chose avec Chantal Ladesou et Virginie Pradal, parce que je trouve qu'elles ont vraiment une folie intéressante.
Tof : Un petit jeu pour conclure et pour mieux vous connaître ...Dites-moi chacun sans réfléchir quel est votre film culte ...
Jeremy Lorca : "Tu vas rire mais je te quitte !"
Valérie Bègue : Chez moi ça change tout le temps mais c'est vrai que j'aime beaucoup "N'oublie jamais".
Tof : Ok ... Un acteur culte ?
Valérie Bègue : Moi j'aime beaucoup Denzel Washington, Kevin Spacey ...
Jeremy Lorca : Moi ce sera Gael Garcia Bernal, et du côté français j'aime beaucoup ce que propose Julien Boisselier.
Tof : Aaaaaah oui ! On est deux ! [Rires] Votre réalisateur culte maintenant ?
Valérie Bègue : Tarantino sans hésiter ! Et puis Sam Mendes ... On va vraiment dire que je n'aime pas les français ! [Rire]
Jeremy Lorca : Christophe Honoré, Ilan Duran Cohen, et forcément Pedro Almodovar !
Tof : Votre pays préféré ?
Valérie Bègue : Je suis bouddhiste alors je dirais le Tibet ... A découvrir ...
Jeremy Lorca : L'Argentine !
Tof : La dernière ... Est-ce que vous avez été ou est-ce que vous êtes fans d'un artiste en particulier ?
Valérie Bègue : Je ne te dirai pas ce que j'avais comme posters dans ma chambre d'ado parce que je vais me taper la honte ! [Rire] mais sinon j'adore Prince. Sinon je suis fan de Jack Johnson et de Ben Harper !
Jeremy Lorca : Moi en ce moment j'écoute Charlotte Marin, et je n'ai pas le souvenir d'avoir véritablement été fan de quelqu'un ...
Merci à vous deux pour cette interview pleine d'humour et de simplicité ... La pièce se joue encore pour quelques semaines et il est toujours possible de la découvrir en profitant du tarif préférentiel CitéGAY ... On a hâte de voir comment vont évoluer vos carrières respectives et à vrai dire on ne s'inquiète pas vraiment à ce sujet ! Merci encore de nous faire rire avec cette pièce fraîche et pétillante !
EN SAVOIR PLUS :
http://www.begue-valerie.com/
http://www.jeremylorca.book.fr/
La chronique-CitéGAY d'"En attendant la gloire" (tarif CitéGAY de 15 euros au lieu de 30 !)







