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Patrick Juvet : Bientôt un nouvel album


Patrick Juvet vous donne un rendez-vous immanquable au Vynil pour la soirée Oh La La ! du 30 Mars 2006. Rencontre et confidences de l'artiste ...



Les soirées « Oh La La », dont CitéGay est partenaire, font leur grand retour au Vinyl, et c'est toujours un plaisir de s'y déchaîner sur le dance-floor, en applaudissant les grands de la variété française. Jeudi 30 Mars, c'est Patrick Juvet qui nous donne rendez-vous sous une pluie de paillettes, de gaïté et d'insouciance. Un grand moment de folie en perspective, dont il nous parle avec enthousiasme.

Tof : Bonjour Patrick, merci de m'accorder cette interview. On te retrouve le 30 Mars au Vinyl pour une soirée Ho la la . Quel regard portes-tu aujourd'hui sur ta carrière ?
Patrick Juvet :
Tu sais je crois que je n'ai pas vraiment à me plaindre. Quand j'ai rencontré Eddie Barclay au début des années 70, j'étais à mille lieues de m'imaginer tout ce qui allait suivre. J'ai pratiquement commencé avec le succès de « La Musica » et j'ai ensuite enchaîné avec plein de tubes que les jeunes et les moins jeunes redécouvrent aujourd'hui sur des Best-Of et des compilations innombrables ! « Rappelle-toi minette », « Sonia », c'était drôle et fun à la fois !
On peut dire que c'était ma période « chanteur à minettes » en fait [SOURIRE]. J'ai eu la chance de travailler avec de grands artistes puisque juste avant mes débuts j'ai écrit « Le Lundi au Soleil » pour Claude François. C'est une chanson que j'ai encore beaucoup de plaisir à chanter avec le public. Ensuite il y a eu ma collaboration avec Daniel Balavoine que je connaissais bien puisqu'il était mon choriste, sur tout un album.
Jean-Michel Jarre a été un parolier fabuleux pour deux albums « Love » et « chrysalide », que je considère comme les plus beaux de ma carrière, également parce que la production était de lui. Avec ces albums j'ai pu passer de l'étape « chanteur à minettes » à une image de musicien accompli.
Puis il y a eu « Faut pas rêver », « Les Bleus au coeur », et le fameux « Où sont les femmes » qui est resté très populaire en France ? D'ailleurs même les gamins le chantent aujourd'hui [SOURIRE].
Ca a correspondu au début du disco en France, mais moi je suis parti aux Etats-Unis juste après ce titre, vers 77-78.
Je suis tombé sur Henri Belolo Morali, le producteur des Village People et ça a été formidable ! C'est là que j'ai écrit « I love America » qui a fait le tour du monde. La carrière américaine a été un travail très intense pour une courte durée de 2 ans finalement, mais au final ça a marché dans 15 pays ! J'ai repris ensuite une écriture plus classique, en vrai auteur-compositeur de morceaux romantiques !
Tu peux connaître le détails de tout ça dans ma biographie parue l'an dernier aux édtions Flammarion « Les Bleus au coeur ».
Aujourd'hui dans mon nouvel album j'oscille entre de l'électro-dance et de l'acoustique. C'est assez épuré, et pas tellement en fait. Si tu prends le dernier Madonna il n'y a que de la dance. Mon album prévoit cela bien sûr, mais aussi des mélodies plus romantiques, qui me touchent plus d'une certaine façon. J'ai toujours marié les deux en fait, car j'aime beaucoup sortir en boîtes la nuit, et en même temps j'aime l'amour et les sentiments .

Tof : Que penses-tu de l'évolution du monde de la musique depuis toutes ces années ?
Patrick Juvet :
C'est tellement différent aujourd'hui. Par exemple il y a plus de moyens de se faire connaître ... Quand j'ai commencé, quand on était vraiment choisi comme ça a été mon cas par Eddie Barclay, il fallait être à la hauteur. On devait passer beaucoup d'auditions, et puis si on avait la chance d'être repéré par une maison de disques c'était un petit peu comme « A la recherche de la nouvelle star » tu vois [RIRES].
On avait plus confiance en nous mais derrière il fallait quand même rentabiliser, c'est le même système qu'aujourd'hui en somme!
Bon ok il y a peut-être plus de concurrence, mais il y a aussi moins de gens qui restent finalement.
On se prend aussi beaucoup la tête avec des questions de droits, de piratage etc.
C'est sûr qu'il faut se protéger, parce qu'on vit quand même beaucoup grâce à la Sacem, et que le piratage entraîne du manque à gagner. On vend beaucoup moins de disques et même les plus grands en vendent moins ! Un disque vendu, c'est une quinzaine ou une centaine qui sont téléchargés. Ca n'est pas totalement mauvais dans le sens où on est amenés à faire plus de concerts. Le note aussi que le public actuel est plus au courant de se qui se passe dans le mouvement musical quel qu'il soit, grâce au net je présume.

Tof : A quoi ressemble le quotidien de Patrick Juvet aujourd'hui ?
Patrick Juvet :
Je n'arrête pas ! Sans arrêt en galas et concerts en province, avec plus de quatre-vingt dates prévues cette année. De quoi me préparer à attaquer Paris l'année prochaine avec un nouvel album, un nouveau concept, qui devrait sortir en fin d'année. Enfin j'ai mis une quinzaine d'années avant d'en refaire un donc je ne suis pas très pressé [RIRES]. Enfin il était temps tout de même ! J'avais très envie de faire un spectacle en 2007 mais je ne voyais pas l'intérêt sans nouvel album . Je m'attends par contre à ce qu'on me demande de chanter des anciens succès, c'est obligé.

Tof : Sur ce nouvel album il y aura une chanson écrite par Valérie Lemercier .
Patrick Juvet :
Oui tout à fait, on l'a faite il y a déjà un bon moment et donc je ne sais pas si les paroles seront encore d'actualité. C'est elle qui en a fait le texte.
Je pensais qu'on allait se marrer parce qu'elle est géniale et qu'on s'est rencontrés en sortie, et en fait on travaille vraiment figure-toi ! C'est une vraie pro et quand elle bosse, et bien elle bosse !
Ca s'est passé au moment où elle écrivait son film, elle avait besoin de se libérer de temps en temps pour travailler sur un projet musical.
C'est une femme que j'aime beaucoup et qui a énormément de talent, très studieuse.

Tof : Que penses-tu du retour du disco sur lequel surfe Madonna en ce moment ?
Patrick Juvet :
Ce n'est pas nouveau ça fait même 15 ans que ça dure ! Ca a commencé dans les années 90 avec les soirées du Queen, et puis surtout quand j'ai ressorti mon Best-Of en 95, c'était la première compile du genre, qui a plu tout de suite. En tout cas à ce moment j'ai faitt une bonne cinquantaine de télés, avec « Où sont les femmes ? » et « I love America », et là vraiment c'était le vrai retour du disco. C'est génial. Moi ça ne me déplaît pas parce que ce n'est pas ringard, les jeunes adorent ça. Ca a un côté festif, même si j'écoute plus d'électro et de choses comme ça en ce moment, ce n'est pas du tout déplorable je trouve, c'est agréable des mélodies qui se retiennent.

Tof : Se replonger dans les années paillettes, c'est un peu une façon de continuer à rêver non ?
Patrick Juvet :
Sans doute, quand j'ai démarré il y avait moins de problèmes de chômage. Moi j'ai atteint mon rêve et j'en suis heureux car ça a nécessité beaucoup de travail, ça peut être dangereux parfois, mais au final tu es tellement récompensé!
Aujourd'hui je suis frappé par la galère des jeunes et le chômage toujours plus présent : C'est bien simple je connais des tas de gens bardés de diplômes, mais qui ne réussissent pas à forcément trouver du boulot, alors que dans les années 70 tout était plus facile, baigné d'insouciance. Il y avait de l'argent et on en claquait plus. Je comprends donc facilement qu'aujourd'hui on aime se retrouver dans le côté festif de ces années là. A l'époque on ne savait pas non plus que le Sida était tapi dans l'ombre. Beaucoup de proches ont disparu. Je suppose que c'était la facture à payer .

Tof : Quelle collaboration t'a marquée dernièrement ?
Patrick Juvet :
L'an dernier j'ai beaucoup aimé écrire travailler avec Hélène Ségara.
J'adore sa voix, alors qu'en général je n'aime pas trop les nanas ou les mecs à voix, ça m'ennuie un peu il faut dire.
Mais je trouve que chez elle c'est d'une grande douceur mais ça n'empêche pas qu'elle peut aller très haut, très loin. C'est quelqu'un d'extrêmement simple et charmant, qui vend des tonnes de disques.
La rencontre a été très mignonne. Elle m'a abordé il y a environ trois ans à l'aéroport de Genève, pour me demander de lui fredonner les « Rêves immoraux » et j'ai trouvé ça touchant. Je lui ai écrit deux ou trois chansons et elle en a choisi une, « Je rêve », avec Orlando. C'est assez rare que j'écrive pour les autres. Il y a eu Claude François et puis Dalida, à qui j'ai fait une face B »L'amour qui venait du froid », que j'ai plus tard chanté moi-même.

Tof : Balavoine, Dalida, ce sont des artistes charismatiques, Y a-t-il des équivalent aujourd'hui ?
Patrick Juvet :
Daniel avait une véritable aura, c'était un rebelle !
Et c'est vrai qu'il n'y en a plus vraiment de cette trempe là . Bien sûr il y a des choses que j'aime bien chez les nouvelles générations mais ça n'a rien de rebelle. On peut penser aux rappeurs, mais bon leur discours est connu maintenant, toujours plus ou moins le même. Je ne pense pas que le rap soit un mode d'expression qui fasse vraiment avancer les choses. Pourquoi y a-t-il autant de jeunes aujourd'hui qui aiment Balavoine d'ailleurs ? Il se retrouve vraiment dans ce qu'il disait il y a déjà longtemps pourtant.

Tof : On pouvait peut-être plus facilement s'exprimer à l'époque ?
Patrick Juvet :
Justement Daniel a choqué tout le monde, à force de gueuler tout le temps. Moi il m'avait déjà choqué à l'Olympia lorsqu'il était mon choriste. Il avait toujours quelque chose à redire sur des détails artistiques, et il avait toujours raison !
Après il a élargi ses prises de position à d'autres plans.
Aujourd'hui il y a un manque de spontanéité, tout est aseptisé. Regarde la télé par exemple .
Les émissions en public sont rares. Un des derniers endroits où il y a encore une prise de risques, c'est chez Marc Olivier Fogiel, d'ailleurs il faut bien s'y préparer à l'avance.
Thierry Ardisson est un grand copain, mais lui peut couper au montage lorsque quelque chose va de travers sur son plateau !

Tof : Est-ce qu'il y aura des surprises à Oh La La ?
Patrick Juvet :
C'est la troisième fois que j'y participe et c'est toujours un grand plaisir. Le concept, c'est plutôt de chanter des anciens succès donc il n'y aura pas de chansons issues de l'album en préparation, qui d'ailleurs n'en est encore qu'à l'état de maquette.
Je vais refaire « Ca c'est Paris » par exemple. Ce titre très électro-dance avait bien décollé dans les charts en 95. Et puis Universal me l'a foutu sur une compile disco, ce qui l'a fait sortir immédiatement des charts. C'est vraiment dommage parce que la compile s'est bien vendue ! [RIRES] Enfin cette fois les compiles et les Best-Of, j'en ai soupé ! [Eclats de Rires] Je peux enfin m'attaquer au nouvel album, et c'est pas trop tôt !

Tof : Dernière question : depuis tes débuts tu as vu des tas de publics différents. Quel est le meilleur selon toi ?
Patrick Juvet :
Et bien tu sais moi j'ai la chance d'avoir un public très fidèle en France, le pays qui m'a fait démarrer, et j'aime surtout celui de province. Après Paris c'est Paris, tu connais la réputation. J'apprécie l'amour qui se dégage quand je vais dans des petites villes de province, alors qu'à Paris il faut aller le chercher, on doit beaucoup plus râmer.
Je n'écris pas mes textes et la France est un pays littéraire, ce que j'admire. J'avoue que je suis plus Brel que Brassens parce que chez Brel il y avait à la fois des mélodies formidables et en plus des textes magnifiques. Les anglo-saxons sont plus mélomanes. Ils s'en foutent un peu de ce qu'ils racontent.
Le public français a une sacrée réputation à l'étranger. Je peux te dire que les artistes étrangers ont la trouille lorsqu'ils savent qu'ils doivent venir ici. Ils s'attendent au mur de critiques assez dures, ce qui n'est pas si mal, car lorsqu' un américain réussit en France, c'est un vrai pari gagné !
Plus globalement je pense que les meilleurs publics sont plutôt les publics latins. Alors qu'en Italie on est toujours contents d'accueillir à nouveau des artistes qui se sont éloignés de la scène, en France on s'en souvient plutôt pour leur rappeler leur passage à vide. J'ai par exemple eu une demande de « Ca se discute » sur un sujet concernant les chanteurs qui ont connu le fameux creux de la vague. Bon dans ce cas il faut se défendre . Il faut aussi faire comprendre qu'on peut aussi s'arrêter un peu parce que tout simplement on n'a envie de prendre du recul ou qu'on a plus grand-chose à dire. Pourquoi bassiner le public avec un album qui va les faire chier, juste parce qu'il faut que ça marche ? C'est vrai que c'est assez mal vu ici.

Tof : Aujourd'hui, si tu devais réaliser une chanson pour une grande cause ce serait laquelle ?
Patrick Juvet :
En ce moment je suis assez d'accord avec les jeunes qui sont dans la rue en ce moment pour le CPE, mais ça n'a rien à voir. Je comprends tout à fait qu'on ait peur de ne pas avoir de fric et de boulot. C'est difficile de »sélectionner » une cause plutôt qu'une autre, alors qu'elles ont toutes leur légitimité. J'ai quelquefois participé aux restos du coeur par exemple.
Mais en général je n'aime pas quand c'est médiatisé et préfère apporter ma contribution discrètement, par des coups de téléphone, du soutien de l'argent . C'est déjà bien d'aider juste à côté de chez soi. Ca prend de l'énergie mais ça nous donne du bonheur. Et puis je ne suis peut-être un leader pour les grandes grandes causes. J'ai toujours peur d'être un peu bouffé par un système. J'ai l'impression que dès qu'on entre dans un organisme on a droit à une étiquette, mais il en faut et il faut des meneurs pour ça !

En tout cas nous sommes contents d'apprendre que tu es bientôt de retour avec un nouveau CD, et plein de spectacle. On te retrouvera avec plaisir Jeudi à Ho la la. Encore merci pour cette sympathique conversation et à bientôt !













Patrick Juvet à Oh La La !
Jeudi 30 Mars
Vinyl-Paris
25 Boulevard Poissonnière
75002 paris



24/03/2006 Themes Culture Interview TOF

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