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Interview de Jean-Luc ROMERO


Jean-Luc ROMERO revient sur son parcours, l'outing qu'il a subit et le procès qui en a découlé, les débats sur le Pacs, les erreurs de la droite ...



Jean-Luc ROMERO nous reçoit entre deux réunions au CRIPS (Centre Régional Information et de Prévention Sida) dont il est le vice président. Homme politique de droite, Président d'Elus Locaux contre le Sida, Conseiller Régional d'Ile de France, Secrétaire National de l'UMP ... Il cumule les fonctions mais reste une force de proposition dans son camp sur des sujets comme la lutte contre le sida, l'immigration, la toxicomanie ...

Cette interview est à son image, sans concessions...

CITÉGAY : Bonjour Jean-Luc ROMERO, on connaît l'homme public, outé, blessé, l'homme privé, ayant participé à un reportage avec votre compagnon, mais l'homme politique il est où ?

JEAN-LUC ROMERO : Il est dans mon dernier livre ;o) Si aller rencontrer des élus, des ministres, pour leur faire des propositions, ce n'est pas faire de la politique je ne sais pas ce que c'est ! Je mène des combats depuis des années, je ne fais que de la politique ! C'est vrai que la presse nous met dans une case. Quand je parle des questions liées à l'immigration, on ne me reprend pas.




CITÉGAY : Avez-vous souffert des réactions d'une partie de la presse Gay qui vous accuse de faire de votre homosexualité votre fond de commerce ?

JEAN-LUC ROMERO : J'en ai souffert, je pense notamment à un média dont le responsable disait dans tout Paris que c'était une honte que je taise ma séropositivité et qui le jour où je l'annonce dit que je vends ma maladie ! Chacun sait que l'on ne gagne pas des voix en annonçant sa séropositivité, je n'ai pas de fortune personnelle, j'ai encore 20 ans d'activité professionnelle devant moi et j'ai pris un vrai risque !

CITÉGAY : Si vous étiez un homme politique de Gauche subiriez vous les mêmes réactions ?

JEAN-LUC ROMERO : Je suis persuadé que les réactions auraient été moins violentes si j'avais été un homme politique de gauche, je serais même un héros, par ce que je dis ce qu'aucun homme politique de gauche n'a dit jusqu'à aujourd'hui ! Pas toute la gauche bien sûr, l'honnêteté existe partout mais il y a une partie de la Gauche, notamment dans les plus militants, qui supporte difficilement que ce soit moi qui porte des questions comme celles là publiquement. J'ai des positions sur la toxicomanie, l'homosexualité, l'immigration (.), qu'ils rêveraient d'entendre chez leurs amis et qu'ils entendent chez moi.

C'est vrai que j'en fais les frais. Pour autant j'ai reçu 10 000 lettres depuis 2 ans, beaucoup de séropositifs me disent que cela leur fait du bien de voir que l'on peut le dire alors qu'ils ne le peuvent pas eux-mêmes. Je crois que c'est cela ma compensation.

CITÉGAY : N'est ce pas contradictoire de demander la condamnation du journaliste d'[email protected] au motif d'avoir atteint à votre vie privé et, depuis 2 ans, avoir fait de cette même vie privée l'essentiel de vos déclarations publiques ?

JEAN-LUC ROMERO : J'ai communiqué sur ma vie privée une seule fois en présentant mon compagnon de l'époque. Personne n'est choqué de voir Bernadette CHIRAC en vacances avec son mari, ni François HOLLANDE avec Ségolène ROYAL, et je trouvais que cela participait à la normalisation de l'homosexualité.

N'est ce pas dérangeant pour un homme politique, public, d'attaquer la presse ?

JEAN-LUC ROMERO : Je devais l'annoncer un mois après dans un article du Monde et ils m'ont coupé l'herbe sous le pied et ils m'ont fait vivre quelque chose que je ne souhaite à personne. Je devais l'annoncer dans le mois à ma mère et quand je vois comment je l'ai vécu, ai été insulté, notamment par une partie de la communauté Gay par ce qu'il y a eu un amalgame fait avec un député anti pacs. On m'accusait, à tort, d'avoir participé à des manifestations anti-pacs.

Il se serait excusé, me dire qu'il était désolé, il pouvait le faire, mais il ne l'a pas fait. Le lundi, il se répandait dans les médias, il était très content de cette situation. C'est une question de principe, c'est pour cela que je l'ai attaqué. On est allé me reprocher jusqu'à vouloir me faire de l'argent avec ce procès !




CITÉGAY : Vous venez d'écrire « Lettre à une droite maladroite », quelle a été la raison de cet ouvrage et comment a-t-il été accueilli au sein de votre formation politique ?

JEAN-LUC ROMERO : Cela fait des années que je fais des propositions et sur plein de thèmes pas seulement sur la question de l'égalité entre les homosexuels et hétérosexuels. J'ai travaillé sur le champ de la toxicomanie depuis très longtemps, sur le Sida, sur l'immigration, l'euthanasie, ce sont des thèmes sur lesquels je travaille depuis longtemps mais je n'étais pas audible.

On m'a mis dans une case. Aussi ce livre me permet de prendre position sur tous ces sujets. Il faut poser ses idées pour montrer que Jean-Luc ROMERO a une position globale sur la société et puis peut être pour aiguillonner la droite sur ces sujets là.

CITÉGAY : Le deuxième volet pourrait-il s'intituler « Lettre à une Gauche Habile ? ». Pour vous l'une des raisons de la perte de la municipalité parisienne était due aux positions de la droite lors des débats sur le Pacs.

JEAN-LUC ROMERO : C'est une des raisons. L'hystérie qu'a eu une partie des élus de droite, dont ceux de Paris, a fait que les Parisiens ont préféré voter pour un homme consensuel et plus ouvert qui vit dans son temps.

CITÉGAY : Vous avez été désigné récemment secrétaire national de l'UMP, craignez vous de servir de caution sociale ?

JEAN-LUC ROMERO : Cela enmerde la gauche de m'entendre porter au sein de la droite des questions qui sont traditionnellement les leurs. Avant on me reprochait de ne parler qu'en mon nom et le jour où je suis nommé à l'exécutif de l'UMP on dit que je ne peux rien faire, que je ne suis qu'une caution ! Il faut laisser du temps aux gens, le temps de faire. Si cela ne marche pas j'en tirerais les conclusions mais il me faut du temps.

CITÉGAY : Quelles seraient les raisons qui pourraient vous faire quitter l'UMP ?

JEAN-LUC ROMERO : Je n'ai pas non plus l'orgueil de penser que l'on va reprendre toutes mes idées mais je souhaite qu'il y ait un mouvement général qui fasse que la droite évolue. Si l'on en revient aux errements de la fin du RPR, je me poserais des questions, mais je me suis posé des questions, comme Bachelot ou d'autres lors du Pacs. Mais je pense, à tort ou à raison, qu'il y a un mouvement qui va dans le bon sens. J'ai un chapitre sur le retour de l'ordre moral où j'explique que c'est autant la droite que la gauche qui l'a ramené. Le débat sur la pornographie, c'est Ségolène Royal qui l'a posé !

CITÉGAY : La casquette de conseiller régional vous suffit elle ou ambitionnez vous à l'avenir d'autres mandats ou fonctions ?

JEAN-LUC ROMERO : Il y a un mandat qui est très intéressant, c'est le mandat européen. La toxicomanie, l'immigration, la télévision (.) sont des sujets et des thèmes abordés au niveau européen et dans lesquels j'aimerais intervenir. Mais ma casquette de conseiller régional me convient pour le moment, on a fait des choses importantes : augmentation du budget du CRIPS, de la formation dans les lycées, que dans nos accords de décentralisation il y ait un volet SIDA... J'ai le sentiment d'avoir fait des choses utiles mêmes dans l'opposition régionale.

CITÉGAY : Merci Jean-Luc ROMERO

JEAN-LUC ROMERO : C'est moi qui vous remercie, tous mes voeux de santé et de bonheur à vos Internautes et longue vie à CitéGay !

Jean-Luc ROMERO vient de publier Lettre à une droite maladroite.



Pour commander ce livre clique ici au tarif de 18 Euros...






16/05/2003 Themes Culture Interview G.L.

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