La sérophobie circonstance aggravante !
Trente ans après le début de l'épidémie de sida, des discriminations, insultes et autres agressions dont sont victimes les personnes porteuses du VIH, la sérophobie n'est toujours pas complètement reconnue par la loi française (sérophobie, séropositif, VIH, Sida)
Trente ans après le début de l'épidémie de sida, des discriminations,
insultes et autres agressions dont sont victimes les personnes porteuses du VIH,
la sérophobie n'est toujours pas complètement reconnue par la loi française.
Après avoir soutenu Renaud, militant gay et séropositif chassé du domicile
familial par son beau-père, pendant son procès à Dax au printemps dernier, AIDES
s'investit pour que l'état de santé et la séropositivité soient enfin reconnus
comme "circonstances aggravantes", au même titre que l'orientation sexuelle et
l'origine ethnique.
Cinq mois de prison avec sursis et 2000 euros
de dommages et intérêts à verser à la victime : la condamnation est exemplaire
mais insuffisante. Pendant des mois, Renaud a subi des pressions, intimidations
et humiliations de la part de son beau-père parce qu'il est homosexuel et
séropositif au VIH. Il a été menacé de mort avec une arme à feu. "Je vais le
tuer ce sale pédé qui a le sida". En mai 2011, le tribunal de Dax a rendu son
verdict en retenant le caractère homophobe de l'agression comme "facteur
aggravant" et donc en le sanctionnant plus durement mais ne l'a pas fait pour
les propos sérophobes. Cela parce que le droit pénal ne le prévoit pas.
AIDES a accompagné et soutenu le jeune homme tout au long de son procès. L'association n'en restera pas là. "Nous sommes en train de rédiger un argumentaire en lien avec Jean-Bernard Geoffroy, l'avocat qui a défendu Renaud pendant son procès et qui est aussi président du Ravad*," explique Adeline Toullier, responsable Soutien à AIDES. "Je réalise qu'il y a de très nombreuses infractions pour lesquelles l'état de santé est totalement indifférent dans la motivation de l'agresseur. Nous sommes face à un sacré vide juridique !"
En résumé, les tribunaux français considèrent encore que la gravité d'un meurtre ou d'un harcèlement est discutable si cet acte vise une personne porteuse du VIH. "Dans le procès de Dax, la victime n'a pu obtenir réparation que pour l'agression et le caractère homphobe de l'agression. Une femme hétérosexuelle victime d'injures ou de menaces liées à sa séropositivité ne se serait vu reconnaître aucune circonstance aggravante !"
En attendant l'assemblée générale du Ravad du 2 septembre 2011, qui réunira à
nouveau Jean-Bernard Geoffroy et plusieurs représentants de AIDES, les deux
associations déclarent "qu'elles vont travailler ensemble" pour faire modifier
la loi et que "leur volonté politique est forte". Elles entendent se rapprocher
rapidement des représentants des partis politiques au sein du groupe
parlementaire Sida, présidé par Marie-George Buffet, des conseillers du
ministère de la Santé et du ministère de la Justice pour leur proposer les
premiers éléments d'un projet de loi.
http://www.aides.org









