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Communiqué
de presse - vendredi 13 mai 2011
Essai
HPTN 052 : un résultat intéressant, mais gare aux conclusions
hâtives
Le résultat de l'essai HPTN
052 qui vient d'être publié par le NIAID aux Etats-Unis montrant que, dans
des couples sérodifférents, l'initiation d'un traitement antirétroviral
immédiat réduit la transmission du virus de 96 % au partenaire séronégatif
par rapport à l'initiation du traitement suivant les recommandations en
vigueur au moment de la constitution de cet essai, est un résultat très
encourageant dans la lutte contre le sida. Pour autant, on ne peut pas
faire dire à ces résultats ce qu'ils ne disent pas et il est nécessaire
d'attendre une analyse plus fine, voire d'autres recherches sur le même
thème pour progresser.
Il s'agit avant tout d'un résultat
intéressant d'un point de vue populationnel. En effet, il permet dores
et déjà de relancer la réflexion sur les recommandations de mise sous
traitement des séropositifs en tenant compte non plus seulement du
bénéfice individuel pour les séropositifs, mais aussi du bénéfice
préventif global d'une telle stratégie.
Cependant, la situation
des personnes séropositives actuellement sous traitement, dont le
traitement a été initié selon les recommandations, n'est actuellement
comparable qu'à celle du groupe correspondant de l'essai, celle du groupe
dans lequel ont été observées 96% des contaminations. De plus amples
informations sur les résultats de l'essai HPTN 052, notamment les
circonstances à l'égard du traitement dans laquelle se trouvaient les
personnes au moment de la transmission, sont nécessaires pour mieux
appréhender la portée de cet essai.
Sur le plan de la santé
publique, ce résultat ne peut que renforcer la recommandation des experts,
reprise par le plan national de lutte contre le sida du Ministère de la
Santé, de proposer massivement le dépistage de l'infection par le VIH afin
de diagnostiquer au plus vite les 50000 personnes séropositives en France
ignorantes de leur statut et de les protéger au mieux du risque de
transmettre le virus par la prise immédiate d'un traitement
antirétroviral.
Pour autant, le bénéfice clinique d'un tel
traitement n'est pas attesté et les difficultés rencontrées par les
séropositifs avec leur traitement antirétroviral doivent inciter au
respect des personnes plutôt qu'à l'injonction thérapeutique.
En
tout état de cause, si des médecins et les intervenants en prévention ne
veulent pas annoncer à des personnes contaminées dans leur couple qu'ils
faisaient malheureusement partie des 4% restant, il est préférable qu'ils
considèrent la différence entre les résultats à portée populationnelle et
ceux applicables aux individus.
Si cette nouvelle apporte un
véritable soulagement psychologique aux personnes vivant en couple
sérodifférent, elle ne leur démontre en rien qu'un relâchement sur l'usage
du préservatif puisse être envisagé. D'autant plus qu'une proportion
non négligeable des infections constatées dans l'essai est due aux
relations sexuelles en dehors du couple.
C'est pourquoi Act
Up-Paris recommande de faire preuve de retenue dans l'annonce d'un
résultat de recherche et d'en expliquer les enjeux et la portée plutôt que
de céder au sensationnel et au
triomphalisme.
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