Le gouvernement veut expulser les étrangers malades
Nous, médecins, continuerons à les soigner (Santé, Sida, Etrangers malades)
AIDES / COMEDE
/ Médecins Sans Frontières / Médecins du Monde / COMEGAS / Société Française de
Santé Publique / Syndicat des Médecins Généralistes / MG France / Planning
Familial / Collectif des 1400 médecins pour l' « accessibilité
effective »
Le gouvernement veut expulser les étrangers
malades
Nous, médecins, continuerons à les
soigner
Communiqué de presse - mardi 3
mai 2011
Aujourd'hui, le droit français
prévoit qu'une personne de nationalité étrangère, résidant en France, et
atteinte d'une maladie grave, a droit à une carte de séjour pour soins et
ne peut être expulsée si elle n'a pas la garantie d'un accès effectif à une
prise en charge médicale dans son pays d'origine.
Depuis quelques mois, le projet de
loi relatif à l'immigration remet substantiellement en cause ce droit au séjour
pour soins et cette protection contre l'éloignement des étrangers malades. Le
processus législatif a aggravé les restrictions au gré des navettes
parlementaires ; il touche très bientôt à sa fin avec la commission mixte
paritaire du 4 mai prochain.
Aussi, face aux enjeux en cause,
nous, médecins de terrain, engagés dans des associations, des sociétés savantes
ou des syndicats, avons interpellé, ensemble, le Premier ministre fin mars pour
connaitre sa position et tenter d'infléchir le cours des choses.
Après un premier refus de dialogue de
sa part et devant notre insistance, nous avons été finalement reçus par son
cabinet le vendredi 29 avril.
Nous lui avons fait valoir combien le
dispositif actuel, clair et encadré, répondait à des objectifs fondamentaux de
santé individuelle et de santé publique. Nous lui avons indiqué en quoi cette
réforme était injustifiée compte tenu de la stabilité et de la faiblesse du
nombre de cartes de séjour délivrées dans ce cadre (28 000) et de l'absence
avérée de migration thérapeutique. Nous lui avons montré en quoi la réforme
envisagée était dangereuse : péril de la santé et de la vie des personnes
concernées, menace pour la santé publique, atteinte au secret médical, entrave
au contrôle effectif du juge, et augmentation des dépenses
publiques.
Notre échange a démontré combien il
était nécessaire d'expliciter les enjeux en cause tant ils apparaissaient avoir
été sous-évalués.
Aujourd'hui, si le gouvernement
persiste à restreindre le droit au séjour pour soins, c'est en connaissance de
cause et en toute responsabilité qu'il va mettre en grave danger la santé de
28 000 personnes. En cas d'expulsion, et faute d'un accès effectif
aux soins, ces personnes seraient exposées à un risque
vital.
En tout état de cause, nous,
médecins, continuerons à soigner toutes les personnes nécessitant des soins,
quels que soient leur nationalité et leur statut administratif, conformément à
nos principes déontologiques.
Dr Bruno SPIRE, Président de AIDES
Dr Pierre
LOMBRAIL, Président de la SFSP
Dr Didier FASSIN, Président du COMEDE
Dr Patrick DUBREIL, Président du SMG
Dr Marie-Pierre ALLIE, Présidente de
MSF
Dr François WILTHIEN, Vice-président de MGFrance
Dr Olivier BERNARD, Président de MDM
Dr Carine FAVIER, Présidente nationale du Planning
familial
Dr Jean-Pierre GEERAERT, Représentant
du COMEGAS
Dr Nathalie DE CASTRO et Dr Matthieu
LAFAURIE, initiateurs de l'Appel « accessibilité effective » signé par
1 400 médecins









